samedi 28 mars 2026

Pochettes #15, Sound System

En fait j'ai pris ce qui était le plus près de mon sound system justement, l'étagère du bas dans le couloir : la petite collection Studio One que je continue tranquillement sans pression et les coffrets Trojan que j'ai depuis Paris c'est à dire plus de vingt ans. Je ne trahirai aucun cliché, j'ai commencé à adorer le reggae en fumant des spliffs avec Manu, un petit blanc avec la coupe en brosse, sommelier du Pont de la Tour, un resto chicos de Londres vers Tower Bridge, mon second job en Angleterre. J'étais simple commis et ça a duré seulement deux-trois mois pas plus, mais j'ai trouvé le temps de servir le café à Elle McPherson, un moment fort. The Body, herself. "La plus belle femme du monde" dans les années 90. Un instant de grâce absolu sous le regard de tous les cuistots derrière le hublot des portes en fer qu'il fallait ouvrir à coup de lattes pour entrer en salle, en soutenant un plateau en argent méga lourd garni de quatre assiettes, pas de pression du tout. 
J'ai nettement préféré mon job suivant de l'autre côté du pont, au pub The Angel chez ma famille d'adoption les Lindsay père et fils de Glasgow et fans des... Rangers FC. Cela tombait méchamment mal moi le Celtic Bhoy mais on s'est entendus comme larrons en foire. Trois Ecossais et un Français, la meilleure équipe du monde. L'Ecosse était prédestinée depuis toujours on dirait.

J'ai donc adoré le reggae sur le tard, saison 1994-95, chez Manu dans son flat à Elephant & Castle. Il avait une putain de collection vinyle de roots qui vaut sûrement une fortune aujourd'hui. Beaucoup de maxis style DJ sans pochette. Je suis toujours après le Jah Warriors Can't take no more mon morceau spécial en reggae, la beauté fatale, mon graal. Je n'ai pas perdu espoir de le trouver moi-même plutôt que de l'acheter à prix fort en ligne, je le trouverai un jour. Manu m'avait ensuite emmené dans un squatt de rastas, j'étais sur une autre planète même si je n'en menais pas si large que ça. Tiens ça me rappelle aussi une grosse soirée embrumée au Baobab à un concert reggae dans le 13ème quelques années plus tard avec Salim. Bref...
Le Manu m'a fait cette mix tape que je garde précieusement depuis tout ce temps autant par la qualité intrinsèque de ce roots reggae d'école que par le souvenir ému de cette période assez noire, sans jeu de mot facile. Il me semble que je l'ai numérisée, je ne sais plus je chercherai. 
Aujourd'hui samedi sun is shining sur cette bonne vieille Auld Reekie. Un beau jour pour aller mater de l'autre côté de la rue mon équipe locale Spartans deuxièmes au classement défier les premiers, East Kilbride. Quatrième division écossaise.  


Le maxi Lennie Hibbert est un must absolu

clin d'oeil à Danzik, et hop ! ;-)

la K7 "Skank Sound System" de 1994, le coup de foudre









 

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