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jeudi 27 août 2026

My Raining Stars, Toy Club. CD (2026)

Saluons le retour de My Raining Stars, l'écrin de l'Auxerrois Thierry Haliniak et de sa belle pop à guitares avec ce quatrième album, Toy club, un an seulement après Momentum. 
Le disque marque les retrouvailles entre deux amis de 35 ans : Thierry Haliniak et Didier Frahier, qui formèrent ensemble le groupe Nothing To Be Done au début des années 90 à Lyon. Thierry se dévoile un peu plus dans ce bel entretien avec Jason Barnard de The Strange Brew. Une lecture très intéressante (in English). 

Didier, alias E-grand, avait déjà aidé à l'enregistrement du tout premier album de My Raining Stars en 2008, From St Saviour to Quickwell. Pour Toy Club Thierry a écrit et composé les morceaux, (certains comme Fine datent des années 90), en a proposé des versions dénudées à Didier afin qu'il les arrange et les mixe à son goût avec ses propres guitares, en en respectant la structure. L'Auxerrois a ensuite loué une nouvelle fois les services de Casper Iskov pour ajouter basse et batterie, puis il s'est fait plaisir en engageant l'un de ses artistes préférés (à un tarif raisonnable dit-il), Mark Gardener de Ride, le fameux groupe d'Oxford, afin qu'il s'occupe de la masteristation de l'album !
Le résultat est brillant, l'album est une nouvelle réussite qui reflète avec sincérité l'amour que portent ces musiciens de talent à l'indie pop britannique. My Raining Stars a le don de la mélodie et un ton attachant si irrésistible. Le disque contribue grandement à ma bande-son de cet été pour le meilleur et pour le pire. 
Il est sorti le 10 juillet (250 copies) chez le label Too Good To Be True (d'Emmanuel Foricher que j'ai eu la surprise et le plaisir de revoir au Glas-Goes Pop festival à Glasgow il y a deux semaines !), encore en collaboration avec les Américains Shelflife, puisque la liaison Brest-Portland fonctionne plutôt pas mal entre les deux maisons de disques.  

Comme le temps file, commence même à nous rattraper (j'écris nous car je suis dans le même bateau semble t-il, - force à toi Thierry -), il n'a plus de temps à perdre. Vu qu'il compose régulièrement depuis trente ans, l'ami Haliniak a un stock conséquent de démos en gestation donc on espère une nouvelle livraison et pourquoi un album pop-électro de My Raining Stars comme il l'évoque dans l'entretien chez The Strange Brew ? On l'a vu brillamment à l'oeuvre dans l'album des garçons sur la piste de danse, Meyverlin, donc tout est possible et on a déjà l'eau à la bouche. 

Mais ne brûlons pas les étapes et apprécions d'abord cet album Toy Club, dont le titre rend rommage à cette boite lyonnaise qui a abrité la rencontre entre Thierry et Didier et qui fut l'antre de prédilection de l'Icaunais au cours de ses années dans la cité des Gones. Le clip video du premier single Fine réalisé par Maud Anyways témoigne de cette époque charnière de la vie de Thierry au cours de laquelle il est même monté sur scène figurez-vous, alors qu'il répète aujourd'hui à qui veut l'entendre que cela ne l'intéresse plus. 
Too bad, il fallait être au Toy Club. 

les deux gars


Article dans L'Yonne Républicaine (piqué chez Thierry Haliniak)

Fine


tant qu'à faire, un petit bonus sur ma chaine tutube pour les curieux :
Nothing To Be Done (extraits de la compil K7 "Des Gens Simples" (1994) d'Ora Pro Nobis)



mardi 12 août 2025

Pale Spectres, Better than love EP CD 3" (2025)

- Better than sex, Mark ! confiait Tommy à Rents sur ce qui allait être son lit de mort dans Trainspotting un de mes films fétiches. Better than sex...
Ici pas question de sexe mais d'amour. Better than love, c'est plus fin, plus racé et ce fix là permet de rester vif et enjoué : la pop de Pale Spectres, déjà écoutée sur Haar brut avec leur EP 45t éponyme de 2017. Pop radiante, surf pop pourrait-on dire par le son haut-perché sur la vague des ses guitares. Il n'y a plus qu'à se laisser porter par la houle. Et quitte à se procurer l'EP de Tales of Moon de dimanche autant faire un achat groupé chez Too Good Too Be True avec Pale Spectres. Faut se laisser aller les enfants, c'est le mois d'août. Pour ma part j'avais aussi pécho Maybe Margate (dont le chant colle parfaitement à la musique n'en déplaise à deux grincheux qui ont du se tromper d'adresse). Chapeau bas à Too Good To Be True pour l'ensemble de son oeuvre et en l'occurence pour cette triplette chatoyante. 

Le label présentait l'EP ainsi: C'est par une petite annonce et un amour commun pour la pop chatoyante des groupes The Smiths, Belle & Sebastian, The Pains Of Being Pure At Heart et Sarah Records que Thomas (guitare, chant), Stéphane (basse) et Jean-François (guitare) fondent le groupe parisien Pale Spectres en 2013.
Accompagné initialement par Rob à la batterie jusqu'à son départ pour le Japon, Pale Spectres est ensuite rejoint par Rafael et connaît ses années les plus prolifiques, enchaînant les concerts en France et à l'étranger, participant à des festivals (Indietracks, Birmingham Popfest, entre autres) et assurant les premières parties de groupes comme Craft Spells et Seapony. Si le groupe a donné de nombreux concerts jusqu'à sa pause en 2016, sa discographie est plus limitée. En effet, hormis quelques apparitions sur des compilations et quelques mini-CD disponibles lors de concerts à l'étranger, Pale Spectres n'a sorti que trois EP : "Helen of Troy" (2013) sur Little Treasure, "Your Boyfriend's Girlfriend" (2016), autoproduit, et "Pale Spectres"(2017) sur Cloudberry Records.
La liste s'élargit avec un quatrième EP, dans le cadre de la série mensuelle Too Good To Be True, qui se déroulera tout au long de l'année 2025. 
Composé de quatre titres que Thomas a terminés ces derniers mois à partir des enregistrements du groupe, l'EP, intitulé "Better Than Love" (...) est sorti en mars dernier. 




cd 3 pouces

dimanche 10 août 2025

Tales of Moon, The Meaning EP CD 3" (2025)

Trois satellites de l'indie pop française actuelle ont décidé de n'en faire qu'un : Tales of Moon. 
Olivier Boutry (Few Border, Shoreline Stories), Maud Platiau-Bourret (Maud Anyways), et Thierry Haliniak (My Raining Stars, Meyverlin) partagent l'écriture et le chant le temps de cet EP 6 titres The Meaning. Je découvre Olivier avec bonheur, Maud et Thierry ont déjà illuminé les pages de ce blog. 
On reste dans le cosmos donc ce weekend jusqu'au dernier moment, en écoutant cette synth dream pop parfaitement délivrée. Le disque est sorti en mai dernier chez le label Too Good to Be True, dans le cadre de sa série EP 2025 en cds 3 pouces. Un beau petit objet donc avec un dépliant de six faces. Edité en 200 exemplaires.

Lorsque le mini-cd se met à tourner c'est un voyage sans écueil qui est offert, en apesanteur avec des voix connues et appréciées et des mélodies élégantes qui font flotter. Mélange d'électro et de cordes trop agréable au service de réflexions intimes sur nos propres existences. J'avoue un gros faible pour la voix de Maud et ce n'est pas non plus un hasard si elle co-signe les morceaux les plus vifs de l'EP No more afraid et Bounded heart. 

Superbe trio qui n'a pas fini de faire parler de lui, au singulier comme au pluriel. Ces trois-là semblent être partisans d'un certain stakhanovisme pop si j'en suis leurs maintes collaborations et efforts personnels et je ne m'en plaindrai certainement pas. 
Dans mes pérégrinations cosmiques j'ai même rêvé ce weekend d'un Lavergne Anyways. Etait-ce un rêve ? 



les compères dans leur satellite

toujours trop mignon ce format CD 3"

mardi 8 juillet 2025

Maybe Margate, Hello rush. CD (2025)

Tutoyer les cimes et avoir la phobie des hauteurs (le morceau qui ouvre l'album est "scared of heights") : un sacré dilemne. S'appeler Maybe Margate et pratiquer la pop soyeuse en est un autre qui s'ajoute au paradoxe. Si l'on connait un tant soit peu sa culture british on n'ignore pas que la ville balnéaire de Margate a malgré elle joué un rôle important dans l'histoire des teddy boys, des mods, des rockers, des punks, des skinheads, des rockabillies ou des rude boys. Au début des années 1980, Margate était considérée comme une cible potentielle d'émeutes. Le taux de chômage y était comparable à celui du nord, et le malaise régnait dans les rues surtout lorsque les skins débarquaient en masse les jours fériés. 
"Maybe" Margate, tout est dans la nuance.  

Maybe Margate est un duo lillois : Ivan Breton, déjà mentionné sur le blog avec Walter & Lavergne et Olivia Asseman, qui chantent tour à tour en anglais et déroulent avec assurance leurs merveilles de chansons paisibles, intelligentes, en toute quiétude. Loin des affrontements de plages de bourrins d'outre-Manche remplis de bière bon marché et de griefs à deux balles. Ici, jamais un mot plus haut que l'autre même lorsque le rythme s'accélère un peu avec Wild and free par exemple.

Né au printemps, Hello rush que je viens seulement de récupérer physiquement avait le profil tout désigné pour être mon album de l'été. J'ai souvent une tendance naturelle à m'emballer mais voilà clairement mon album de l'été 2025, sans contestation et sans effort. Un modèle d'album indie pop, beau comme un dieu, et une nouvelle production exemplaire du toujours essentiel label brestois Too Good To Be True qui m'a fait découvrir ces Lillois dont Hello rush est le deuxième album. Un disque que j'ai également hâte d'écouter en automne comme en hiver. 
Le premier album du duo, First crack, composé en 2021, est en écoute sur la page bandcamp du groupe. 

quelle beauté cette jaquette extérieure...


vendredi 23 mai 2025

My Raining Stars, Momentum. Digipack (2025)

Une petite douceur à vous écouter ce weekend : le dernier album de My Raining Stars, qui est l'élégance incarnée. Sorti il y a deux mois, je l'ai tout de suite récupéré, et il était donc grand temps que je le signale sur le blog mais j'attendais le... momentum, justement.  
En premier lieu, le beau design du digipack caresse l'oeil dans le sens du sourcil et surtout le cd en rotation flatte l'ouïe illico. Le sentiment est partagé par de nombreux webzines reconnus, qu'ils soient francophones ou anglophones. Addict Culture, The Big Take Over, Indieforbunnies, J'aime Beaucoup Ce Que Vous Faites ont salué ce bel album avec enthousiasme et les éloges sont mérités.
L'album carillonne comme du Haliniak pur jus, c'est à dire un cocktail d'indie pop digne de nos nineties adorées. L'Icaunais ne cache d'ailleurs pas ses influences et pourquoi le ferait-il ? L'album ne débute t-il pas comme du meilleur Oasis 2.0 pour ensuite taquiner The Charlatans, Inspiral Carpets, Slowdive et compagnie ? Mais fi des comparaisons car Thierry a fait ses preuves depuis un moment maintenant : plusieurs disques de My Raining Stars, deux albums avec Meyverlin et maintenant Tales of Moon, un nouveau projet qui vient tout juste d'émerger avec Maud Anyways et Olivier Boutry (Ask The Light, Shoreline Stories). Il est bien dans le momentum et il a raison d'en profiter et d'en faire profiter.

MRS s'inscrit avec brillance dans le sillage de ses illustres prédécesseurs british, soit, mais il trace bien le sien plus qu'il ne suit celui des anciennes gloires. Les suiveurs c'est nous. Qualifier les sincères compos de My Raining Stars de plongée en apnée dans les années 90 serait réducteur : l'album est résolument moderne, voire intemporel. Quoi de plus intemporel que de saisir sa guitare et exposer avec talent ses émotions en pinçant délicatement les cordes (sensibles) de l'instrument ? L'album est dédié à des êtres chers et Thierry explique son cheminement dans cet excellent entretien (en anglais) du zine The Big Take Over. 
Le disque est publié par le toujours aussi dynamique et pertinent label brestois Too Good To Be True qui sort perle sur perle ces derniers temps. Shelflife Records distribue aussi le disque, de l'autre côté de l'Atlantique. 

Agréable écoute à tous et bon weekend. 
 
Into the wild with Rab the dog


samedi 8 février 2025

The Gentle Spring, Looking back at the world LP (2025) + 7" (2023)

J'ai découvert The Gentle Spring en 2023 avec la sortie de leur premier single chez le label brestois Too Good To Be True, encore lui. Je l'avais trouvé extrêmement charmant, notamment la très belle face B Paris window, un hit en puissance. Le groupe basé à Paris était alors constitué de l'expérimenté musicien anglais Michael Hiscock, membre fondateur des légendaires The Field Mice, chouchous du non moins légendaire label de Bristol Sarah Records, et la claviériste française Emilie Guillaumot, qui participe également et brillamment au chant dans la langue de Shakespeare.
Le duo s'est ensuite adjoint les services d'un troisième larron, le guitariste Jérémie Orsel, qui m'a fait forte impression hier soir au concert qu'ils donnaient au Leith Depot à Edimbourg. Ils achèvent demain à Glasgow leur petite tournée britannique. Avec malta nous avons pas mal conversé avec Emilie avant le show, c'est toujours top de discuter avec des artistes aussi humbles que sympathiques. Je les avais vus au Paris Pop Fest en septembre mais j'avoue que ce soir-là je n'avais eu d'yeux que pour les dieux Freluquets. 
 
Le désormais trio franco-anglais vient de sortir leur premier album Looking back at the world, chez conjointement Too Good To Be True pour la France et le label anglais d'Amelia Fletcher et Rob Pursey (Heavenly, Marine Research, Talula Gosh, etc... et aujourd'hui The Catenary Wires qui faisaient la 1ère partie au Leith Depot), Skep Wax, pour le UK. Et quel album. Madre mia. Je vais manquer de superlatifs pour décrire la beauté de ce disque. Déjà il présente bien avec sa magnifique pochette, ses 2 pochettes intérieures s'il vous plait afin de ne pas abîmer celle, glacée, avec la photo du groupe. Et surtout ses morceaux impeccables, une pop délicate non seulement maitrisée mais vraiment magnifiée. Je pense immédiatement à les classer avec des groupes comme The Apartments ou The Go-Betweens, c'est dire le niveau. Qu'il va être doux ce printemps avec The Gentle Spring, mais aussi l'été, l'automne, l'hiver, et ce pour le reste de la vie. Une douceur flamboyante à faire tourner et écouter pour la nuit des temps. Un classique immédiat. 

sublime pochette

un album qui devrait plaire à Michel de Z & Zoé...

le B.A.-ba de la pop récitée avec un grand C, comme Classe.

The Fall vs.The Gentle Spring, le choc des saisons at the Leith Depot, Edinburgh 07.02.2025


le 45t de 2023






lundi 3 février 2025

Freluquets, La débauche. CD (2025)

Une première sur le blog : un disque publié une seconde fois. Et pour cause, La débauche, le premier album des Freluquets (1990) a été remasterisé et pressé en cd par le chouette label brestois d'Emmanuel Foricher, Too Good To Be True. Le disque vient juste de sortir. Alors on ne va pas se priver d'une nouvelle plongée dans l'univers d'un groupe français qui avait une longueur d'avance sur ses pairs de l'indie pop nationale. Et le constat aujourd'hui est qu'il est toujours aussi moderne. L'album qui a 35 ans n'a pas pris une ride et la réédition offre une belle opportunité de redécouvrir un disque-témoin d'une époque où la pop à guitares cherchait à se frayer un chemin en France, dans la langue de Molière qui plus est, Love story mis à part. Un petit bijou d'album que je m'étais hâté de précommander. 
Too Good To Be True a ajouté six morceaux supplémentaires à l'album original afin de le rendre encore plus séduisant, une idée de Philippe Lavergne. Quatre démos dont ils disposaient à Paris, faisant partie de sessions de la même année (1989) et les deux morceaux de 1987 qui étaient destinés au second 45t du groupe lorsqu'il était encore perpignanais, Bristol et Bataille, avec la voix de Luc Miquel le chanteur d'origine. Les bandes avaient été détruites accidentellement par une radio avant que le single ne soit pressé... Coup de bol, Philippe les a retrouvées sur une cassette planquée chez son ami Jérôme à Charenton. 
Les Freluquets d'aujourd'hui jouent Bristol à chaque concert et je pense qu'il est même devenu un "crowd favourite". Le groupe performera à nouveau au Truskel (Paris 2ème) le 1er mars, allez vous en rendre compte par vous-même (une date qui sera aussi l'occasion de fêter l'anniversaire de Marc Poitvin le nouveau chanteur des Freluquets !) Concert gratuit, qu'on se le dise. 

En ce qui concerne les démos, j'ai toujours adoré en écouter. Elles me font autant rêver que les versions finalisées car elles offrent l'illusion d'entrer dans l'intimité du groupe et c'est exactement ce que propose le cd. Je connais si bien la tracklist de cet album que l'écoute de ces maquettes revient presque à découvrir de nouveaux titres. Le son dans son jus est tout à fait correct, le label brestois a fait du bon boulot. Du sable dans mes chaussures est un peu particulier parce qu'il ne plaisait pas à Stoyan et de fait ne figurera pas sur l'album. Qu'à cela ne tienne, Philippe gardera son morceau pour lui et le placera dans Discorama, l'album qui suivra (Stoyan restant à quai).
Bref, une édition limitée (250 copies seulement) à acquérir d'urgence avec livret comprenant photos et textes, ainsi qu'une préface élogieuse de JD Beauvallet. 
La pochette modernisée est signée Restez vivants! et je loue la présence de la carte postale qui reprend le style de la couverture de 1990. Bravissimo pour la vista de Too Good To Be True dont les productions sont toujours extrêmement soignées. 
Enfin, les Freluquets dédient cet album à leurs disparus : Stoyan Crisan le chanteur, Patrice Rul et Jean-Michel Monserrat les deux bassistes. 


le Grand Chelem de la débauche


prochain gig des Freluquets avec ici le futur "birthday boy"

samedi 23 novembre 2024

Les Freluquets, Le Hasard Ludique. Clips video. (2024)

Tiens pour varier, trois petites videos filmées au concert des Freluquets au Hasard Ludique le 27 septembre dernier. Une soirée magique au cours de laquelle j'ai pu discuter avec les vedettes du jour, Philippe Lavergne, Marc Poitvin, Denis Colson et Olivier Blot. J'ai seulement manqué Rodolphe Vassails, "le plus cool d'entre eux" dixit Philippe. La prochaine fois. 
Lorsque je me suis pointé au Hasard Ludique, l'auteur des textes de Meyverlin Gilles Ramey arrivait aussi à la porte en charmante compagnie et nous nous sommes trouvés comme de vieux potes alors que nous ne nous étions jamais rencontrés dans la vraie vie. Un tour rapide au bar et ensuite nous avons retrouvé les Freluquets assis autour d'une table. Un vrai bonheur de serrer la louche de Philippe qui m'a reconnu et s'est levé immédiatement pour me saluer et taper la discute. Juste après avoir claqué la bise à Alan Gac de Rosebud quand même. Du beau monde pop s'était déplacé pour Les Freluquets. Et de fil en aiguille j'ai échangé avec les uns et les autres, notamment Marc qui m'a même présenté sa famille. William le fiston de Philippe assurait la boutique et j'en profitais pour acheter un t-shirt et récupérer l'insert (cadeau!) que Philippe avait fait faire pour l'occasion puisqu'il lui restait des LP de La débauche, le premier album, la raison d'être de cette reformation et de ce concert pendant le Paris Popfest 2024, à l'organisation impeccable. L'album (en cd remasterisé avec bonus) devrait être disponible en décembre chez Too Good To Be True. Bientôt donc, miam miam.

Avant de venir, j'éprouvais une légère crainte de ne pouvoir passer du temps avec ces chics types mais elle fut dissipée en deux secondes. Avec Gilles on a même failli rater le début du concert. Nous sommes entrés dans la salle juste à temps pour entendre Philippe au micro me dédier et par la même occasion à l'Ecosse aussi Chanson du Nord, qui figure sur le second album des Freluquets ! Aux anges, j'étais. Je lui avais demandé dès le début de l'année s'ils comptaient jouer ce morceau qui est un de mes préférés et il me l'avait assuré. Le Perpignanais est de parole et je n'en doutais point. Le concert fut absolument parfait : un public de briscard(e)s acquis à la cause des Freluquets et un set joué avec sérieux et application. Ils étaient là pour se remettre sur la carte et bon sang qu'ils ont assuré. On avait peine à croire qu'il y avait en fait deux nouvelles recrues qui ont dû apprendre le répertoire du groupe ces dernières semaines, Marc au chant et Olivier à la basse. Leur talent et leur personnalité surtout ont fait l'unanimité au sein de cette bande de vieux jeunes sympathiques. 
Avant de venir, je craignais aussi que le destin qui a souvent joué des tours à Philippe et Marc au cours de leur carrière musicale ne s'emballe soudainement du fait de leur association nouvelle, et qu'au dernier moment le concert soit annulé pour une connerie, une grippe, un accident de cuisine ou que sais-je encore, mais heureusement rien de tout ça. Le concert de l'année a bien eu lieu et les originaux Lavergne-Colson-Vassails ont joué comme jamais. 
Et dans la foulée Les Freluquets ont rejoué ensuite au Truskel le 26 octobre en toute gratuité avec Volutes et avec le même succès. 
Ils remettent le couvert toujours au Truskel (Paris 2ème) vendredi prochain, le 29 novembre! Gratos une nouvelle fois et en première partie de Paul Félix (ex-Gamine) ! Soyez présents et arrivez tôt, la salle est petite.  

L'après concert fut de la même veine, j'ai finalement peu vu les autres groupes du soir mais comme un vrai fan je n'étais venu d'Edimbourg que pour Les Freluquets. J'ai discuté avec d'autres supporters, et rencontré Maud Anyways dont je recommande chaudement l'écoute de son album Impermanent Lane ou Michaël Korchia venu de Bordeaux, un habitué du blog, et Emmanuel Foricher du label brestois Too Good To Be True doté d'un goût vestimentaire certain puisque nous étions tous deux vêtus d'un même Baracuta bleu foncé, la formule 1 du Harrington, le mien un peu usé car ma deuxième peau en concert. 
Avec le sentiment présomptueux de désormais faire un peu partie de la famille je m'en fus dans les rues de Paris dans la nuit noire, titubant comme de juste mais assez expérimenté pour retrouver mon chemin dans ce Paris du Nord que je ne connaissais pas vraiment et ne pas me présenter comme une proie facile. A l'ancienne, et surtout heureux de cette soirée très spéciale, riche de rêves et de débauche.  
Un nouvel album des Freluquets me parait tout à fait envisageable à présent et serait même au contraire une suite logique ? Wait & see. Pour suivre l'actualité du groupe, c'est ici. 

EDIT: le gig complet sur la chaine YT de Philippe !

Le samedi matin je me tapais la traversée de Paris à pieds, de Château Rouge (18è) à Michel-Bizot dans le 12ème avec une étape chez HandandArms pour toper 2-3 trucs que j'avais vu la veille et discuter avec Yves le boss... qui était aussi au concert des Freluquets la veille (mais que je n'ai pas capté) ! 
Une bonne marche diagonale nord-sud de quelques heures sous un temps matinal splendide. A l'ancienne, encore et toujours. Paris ! Paris ! Il ne me restait plus qu'à pécho 2 litres de Ricard et 1 litre de rhum blanc agricole à l'aéroport à prix raisonnable, le seul bénéfice du Brexit, et j'étais bon pour rentrer au bercail dans le Lothian. 








Le Hasard Ludique, super endroit (Paris 18ème) 




l'insert 2.0 avec textes et une intervention de JD Beauvallet ! (et une photo à moi, yes : mes disques des Freluquets sur ma table. Pas peu fier le malto.)
le sésame sur cette table désormais illustre


prochain gig, vendredi 29 ! 














samedi 3 août 2024

Meyverlin, Therefore (2024)

Le single Casanova sorti par Meyverlin l'an passé annonçait les couleurs : rouge et électronique. Mais je pensais à un bluff gros comme Martoni et les premières notes du nouvel album Therefore (sorti le 10 mai) brouillent les pistes. Du Perfume qui ouvre l'album émanent les effluves bien-aimées de la pop à guitares qui caractérisait Daily events le premier essai aplati dans l'en-but avec brio par la triplette Ramey-Lavergne-Haliniak. On se dit alors qu'on est finalement reparti dans cette pop carillonnante bien-aimée et que le groupe va jouer confortablement à domicile mais soudain le virage s'amorce bel et bien avec le second titre Revelation (video réalisée par Maud Anyways), qui en est assurément une et qui lance les machines ! Cette pop sera bien matinée d'électronique, ou inversement. Et la transformation est réussie, voire magistrale. 
Philippe Lavergne s'est déjà essayé à l'électro avec Bassmati, on sait que le gars est doué. Et comme par hasard c'est son compère d'alors, Rodolphe Vassails qui fait son apparition au sein de Meyverlin aux programmations, claviers et surtout à la production vraiment remarquable de Therefore, qui a permis au groupe d'assumer cette direction sur l'album.
Gilles Ramey a sonné la charge de l'ordre nouveau et insisté sur cette courbe électronique à prendre avec une basse bien hookienne. A l'ouverture de l'objet déjà culte signé Emmanuel Foricher de Too good to be true, une évidence : l'ange de Peter Saville le designer patenté de Factory semble s'affirmer et on a bien capté le clin d'oeil à l'album Technique qui révolutionna New Order. Avec Smoke screen Meyverlin signe un chef d'oeuvre absolu du genre. Cette merveille est mon morceau préféré de l'album, juste devant le single Scars (video d'Amandine Shoe). 
Mais les comparaisons s'arrêtent ici car Therefore est bel et bien un album de notre ère. Ce disque va m'accompagner jusqu'au bout c'est certain et sera même une référence.
Thierry Haliniak pose sa voix comme un charme sur les textes pas si faciles de Gilles et ajoute ses guitares délicates. Une formation complète donc, qui n'a pas hésité une seconde à ajouter une corde synthétique à son arc et qui décoche à tire larigot trait sur trait dans la cible. Boys on the dancefloor est l'épitome de l'album des trois gars : l'humour, le sérieux, la classe. 
Quant à Philippe, au palmarès long comme le bras de Léon Marchand, il me tarde de le voir jouer sur scène le 27 septembre au PopFest à Paname avec ses amours originelles, Les Freluquets en version new look.

Bravo les hooligans sous ecstasy, bravo les nice guys. 

That's entertainment !

(EDIT: Excellent entretien du groupe à lire sur Section 26 !)