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jeudi 26 septembre 2024

Country Club, Le passage secret (2020)

Philippe Lavergne était encore à Lexington en Virginie lorsqu'il a enregistré et sorti ce mini-album Le passage secret, produit et mixé par son camarade Thierry Volver qui l'épaule également à la basse et aux guitares sur certains morceaux, tout comme Patrice Delbano (batterie) que Philippe connait depuis Qu4tre. L'ouverture de ce passage nous plonge directement dans son passé avec Bristol, un morceau écrit en 1987 qui aurait dû figurer sur la première face du second 45t des Freluquets de Perpignan. L'enregistrement a bien eu lieu (à Montpellier au studio Lakanal), il fut même chroniqué par les Inrockuptibles mais le disque ne vit jamais le jour, comprenne qui pourra. Une réédition du premier album La débauche est prévue pour la fin d'année chez le chouette et bien nommé label brestois Too good to be true Records et les deux titres de ce 45t fantôme figureront en bonus sur ce repress. Trop beau pour être vrai. 
Le deuxième titre de cet EP, Envers et contre tout, est également une antiquité datant de Discorama (1992), mais ré-enregistrée en hommage au regretté Patrice Rul disparu l'an dernier (NDLA: 2019) et dont j'ai reproduit avec respect l'excellente ligne de basse, précise Philippe. Toujours intéressantes ces petites notes à propos des morceaux et la plupart ont les leurs.

En parlant d'antiquité, Philippe vient du grec Philippos : "qui aime les chevaux". 
J'ignore s'il les aime mais je peux affirmer que des chevaux, le gars en a sous le capot: Spasm, Vision Flash, Second Vision, Parade, London Frogs, Furythme, les Freluquets, les Chaplinn's, Dominique Dalcan, Qu4tre, Mars, Herzfeld, Aujourd'hui Madame, Country Club, Meyverlin, Freluquets 2024, autant de groupes dans l'ordre chronologique dans lesquels il fut impliqué (comme batteur pour les cinq premiers por favor) !  
Si vous avez lu les différents articles publiés sur ce blog et cliqué sur les liens idoines, vous avez pu constater que le parcours jusqu'à aujourd'hui ressemblait davantage à celui du Grand National de Liverpool (à Aintree pour être précis) qu'à la piste plate de Longchamp. Et si On achève bien les chevaux*, le Lavergne lui on ne l'abat pas. Il trébuche sur une haie ? Il se relève et repart à l'assaut de la suivante. Contre vents et marées il a bien gagné le droit de revenir sur scène, c'est demain au Popfest 2024 et c'est complet ! Et ce n'est peut-être que le début va savoir ! 
Merci d'avance pour cette soirée et grosses pensées à Stoyan, Patrice et Jean-Michel, tous trois disparus mais certainement présents dans les esprits de beaucoup au Hasard Ludique. Mais place à la fête et vive tous les Freluquets !

* film de Sydney Pollack, titre original They shoot horses, don't they? (1969)

 superbe visuel de Restez Vivants! (Christophe Lavergne)


FRELUQUETS 1987
Jean-Michel, Cécile, Philippe, Luc, Rodolphe (photo © Jean-Michel Pagès)

FRELUQUETS 1990
Rodolphe, Denis, Stoyan, Patrice, Philippe (photo © Philippe Garcia)

FRELUQUETS 2024
Denis, Philippe, Marc, Rodolphe, Olivier (photo © Vincent Briffaut)








mardi 11 avril 2023

Country Club, S/T (2013)

L'album éponyme de Country Club a 10 ans cette année ! L'occasion est trop belle de le publier avec la bénédiction de l'auteur qui n'est autre qu'un des artistes fétiches du blog : Philippe Lavergne !

Country Club, un album tiré à seulement 100 exemplaires qu'il faut ressortir de l'ombre impérativement. En voici la genèse (et merci à lui pour toutes ces infos, souvent paraphrasées) :

Philippe Lavergne a quitté Paris pour raisons familiales et s'est établi aux USA, à Lexington (Virginie) depuis 2006. Il fait toujours partie de l'écurie Susy Records le label péruvien, par le biais d'Aujourd'hui Madame qui est désormais en veille carabinée, et lorsqu'il envisage l'enregistrement d'un nouvel album, il cherche de nouveau à monter un groupe car il ne veut pas d'un projet qui s'appellerait uniquement Philippe Lavergne, nulle envie d'être un artiste solo et le Catalan préfère simplement que l'album soit le fruit d'une collaboration. Après quelques années de labeur, il trouve enfin les moyens de s'équiper en matériel. Son studio est aménagé et il s'attèle donc à la composition du futur album. Les morceaux viennent facilement et assez rapidement alors qu'en France le processus était plus laborieux. Sa situation personnelle l'inspire de toute évidence et il décide de continuer à écrire et chanter en anglais comme le lui avait suggéré Suzy Records: 
- C'est dans la petite pièce au fond de notre garage que j'aménage mon studio et j'y passe des heures en solitaire, jouant fort sans que personne ne vienne se plaindre. Cette solitude me libère en fait et me servira par la suite (Walter & Lavergne, Meyverlin). Comme le garage est quasiment sous notre appartement, je peux y descendre dès que j'en ai envie ou dès que j'ai une idée. M'inspirant des Jam dans la vitesse d'exécution (d'après les notes de pochettes, ils ne passaient que 2 ou 3 jours en studio pour enregistrer leurs singles), j'essaie d'enregistrer une chanson complète par session, en tout cas le plus rapidement possible car en restant dans "le jus", la chanson reste cohérente dans mon esprit. 
Finalement, j'ai une grosse douzaine de morceaux et je cherche juste quelqu'un pour les "mastériser" car je suis plutôt content du résultat."

Philippe contacte son vieux pote Rodolphe (Vassails, ex-Freluquets ex Bassmati) qui lui propose d'améliorer le résultat en faisant réenregistrer certaines parties par des musiciens plus capables que lui (la batterie sur tous les morceaux et la basse sur certains). Tout se fera à distance puisqu'ils sont à Paris:
- Pascal Delbano, le batteur qui l'épaule depuis le projet Mars joue sur tous les morceaux.
- Nicolas Karlinsky enregistre la batterie de Pascal au Studio des Dessous des Berges à Paris, et il joue aussi de la basse sur See you again and Whatever.
- Christophe Loiseau (basse sur Just another miserable...). 
- Nicolas Dubosc (basse sur Sell my soul.)
- Rodolphe Vassails produit, programme, édite, mixe et mastérise l'album au Studio de la Mare à Paris.
Au final, Philippe écrit tous les morceaux, chante, joue les parties de guitares, quelques parties de clavier et de basse au Studio Deluxe, à Lexington.

Pour les puristes, les instruments utilisés par l'auteur sont :
Guitares électriques Fender Stratocaster MIM (blanche), Ventura 335 (rouge), Ovation Preacher
Takamine EN10 (acoustique)
Basse Warmoth Precision
Clavier Yamaha Portasound 280  

Tous les morceaux sont produits par Rodolphe sauf Sell My Soul, co-produit par Rodolphe et Nicolas Dubosc, qui sous le pseudo P-Jack était sur le même label que Bassmati. Il travaillait en studio à l'époque pour Etienne Daho et Françoise Hardy.

(Philippe): J'ai vraiment essayé de créer un album personnel, dont les influences ne seraient pas évidentes de prime abord mais en cherchant bien on retrouve XTC ("Whatever"), Edwyn Collins et Richard Hawley ("Feels like the rain"), Generation X ("Punk! Punk! Punk!" ), les Dogs et Redskins ("Nobody"), The Passmore Sisters ("See you again"), Wah Heat! ("Something").  
"Quand je serai jeune" est la plus vieille chanson du lot car j'essayais d'en faire quelque chose depuis très longtemps, en tout cas depuis 1996 et l'aventure Mars avec Stoyan et Patrice des Freluquets et Pascal (sous le titre "Les Anges") mais je ne trouvais pas de mélodie de chant. Là l'influence, c'est "The Atheist" des Icicle Works.

Un de ses deux frères passait souvent les disques de The Associates chez eux à Perpignan et sans être fan de ce groupe, Philippe aime particulièrement un de leurs morceaux: Club country.
Voir un jour une magnifique Gretsch Country Club en vente en ligne (hors de prix) lui rappelle le morceau et le nom Country Club est adopté "car il n'était pas question de continuer à utiliser le nom "Aujourd'hui Madame" puisque ce n'étaient plus le même projet, plus les mêmes personnes (à part Pascal Delbano, le batteur fidèle), plus le même lieu, plus la même fraîcheur" (Ph.Lavergne).
Philippe trouve un bon deal de fabrication de CD aux USA sur Internet et il les fait fabriquer. 
Satisfait du résultat, Philippe Lavergne les met en vente sur Bandcamp. Et quasiment personne n'en a parlé...
Pour l'anecdote mais peut-être pas si anecdotique, Suzy Records devait au départ sortir le CD mais se contentera d'éditer un single, Whatever/Punk Punk Punk, avant de fermer boutique. Le gars du label lui fera la gueule de ne pas avoir attendu qu'il se remplume pour sortir son album...
Le disque a été édité à 100 exemplaires et seule une trentaine a été vendue !... Suzy Records aurait-il été plus à même de vendre l'album ? Nul ne le saura. 
Toujours est-il qu'il en reste en vente sur le bandcamp de Country Club, pour la modique et minimum somme de même pas 5 euros... L'album est bien sûr en numérique, 1,83 euros minimum !!... et après tout peut-être seul le numérique intéresse la plupart des gens aujourd'hui ?

Peut-être, mais c'est tellement une honte que le sieur Lavergne ait dû se trimballer son carton de cds de 2013 sous le bras lorsqu'il a finalement quitté la Virginie récemment pour rentrer vivre à Paris, que j'ai décidé que de rip il n'y aura point alors qu'au départ Philippe a toujours été complètement OK pour mp3 (320) et FLAC. Trop gentil pour savoir se vendre ?
Donc procurez-vous le CD ou achetez-le directement chez lui via le player ci-dessous! Offrez-le aussi. Franchement, un album d'une telle qualité à ce prix-là... 
(sans compter que sur cette page bandcamp, deux autres albums magnifiques en numérique et à prix libre s'offrent à vous...).

Artwork 100% Lavergne Family