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vendredi 22 mai 2026

Via romance, Comme à la maison (1993)

Retour sur Via romance et focus cette fois sur la maquette de l'album Comme à la maison qui date de 1993 mais dont on a eu connaissance que trente ans plus tard. 
Forts de leur contrat avec la major Island Records France et malgré les effets néfastes de la fusion entre Island et Barclay, (le nouveau président Pascal Nègre n'aime pas leur disque au titre décidément prémonitoire, Génocide ambiant), ajouté aux critiques injustement mitigées sur l'album, les Nîmois pensent remettre le couvert en enregistrant leurs nouveaux morceaux. Ils surfent encore sur leur nuage (cannabiscoté) et ont bien raison d'en profiter car ils sont à mille lieues de penser qu'on entendra à nouveau parler d'eux que seulement trente ans plus tard et encore, sur une toile virtuelle et un petit blog obscur sans autre prétention que celle d'avoir la science infuse et la croyance d'écouter la meilleure musique qui soit, tous genres confondus. Les titres de cet album lui donnent pourtant raison une nouvelle fois : ils sont merveilleusement foutus et méritent reconnaissance, l'espoir d'avoir une place près des lumières de la ville et même si c'est Birmingham, et même si c'est trente ans plus tard. Deux bateaux ivres, Ça n'aurait pas d'importance, Rocco lover, figurent dans mon panthéon musical déjà rempli ras la gueule mais comme c'est un puits sans fond il y a toujours de la place pour les pépites. 
Et si Via romance c'est fini, le magnifique Marc Poitvin lui n'en a pas terminé car il fourmille de projets comme en atteste sa page bandcamp et je rappelle aussi qu'il est le chanteur des Freluquets 2.0. Le groupe va entrer en studio début juin pour enregistrer leur troisième album et j'ai eu la chance d'écouter quelques démos du duo Poitvin/Lavergne... Un seul mot : Excitation.

kitsch romanesque


DIY et moins romanesque : je ne m'intéresse qu'au physique

lundi 23 septembre 2024

Via romance, Eden Club (1995)

Ce lundi mérite un peu de soleil et Eden le quatrième album des Nîmois Via romance en apporte par sa variété musicale ambitieuse : pop, rock, zouk, cha cha, électro s'en donnent à coeur joie malgré l'ambiance pesante qui devait étreindre le groupe, car Island Records, la major qui les avait signé dès le premier disque les laisse choir pour de bon. Ils jouent le tout pour le tout et les compositions sont très réussies et dynamiques, distillant une humeur joyeuse quasi estivale. Au début de l'automne un petit tour sur la plage, dans ses bars et ses night-clubs ne peut pas laisser insensible. 
Via romance se met à nu et Au devant d'un derrière est vraiment un sacré chouette morceau. 
Le trio Marc, Frank et Jean-Charles a recruté le batteur Jean-Michel Parenteau pour l'accompagner ainsi que deux comparses ayant déjà joués avec les trois gars sur le premier album : le bassiste Mathieu Valette et le saxophoniste André Mila. 
Rien n'y fera et l'album, enregistré et mixé au Studio de Font Verague par Via romance à Nîmes en 1994 ne verra le jour que numériquement et qu'au 21ème siècle... 

Marc sera de la partie ce vendredi 27 au Hasard Ludique, et tiendra le micro pour le retour des Freluquets, ça promet ! Et qui sait peut-être qu'on aura le droit à une cover de Via romance en fin de set, pourquoi pas ? Wait and see.
La porte de St Ouen n'est pas vraiment l'Eden club mais on s'y retrouvera tous à poil en cours de soirée c'est certain, d'une manière ou d'une autre. 

la bande de la raie d'urgence

Photos © Pénélope Guzman (1990) empruntées sur le site de Via romance


le fil rouge comme chez Guy Lux. à vendredi !




jeudi 15 août 2024

Via romance, D'aubaines en déveines (1998)

Dernière mise en ligne de Via romance mai dernier, leur pénultième* album au titre qui résume malheureusement bien la destinée du groupe des Nîmois Jean-Charles Brunel, Marc Poitvin et Frank Villalva. Promis à la renommée éternelle grâce au succès rencontré par le premier disque Génocide ambiant, les aventures de Via romance les mèneront sur des chemins de traverse et des voies de garage. C'est le lot de beaucoup mais lorsqu'à posteriori il nous est enfin permis d'écouter les bandes et qu'elles font kiffer, les regrets sont éternels. Zorro le numérique est arrivé, c'est tant mieux.

D'aubaines en déveines commence donc à refermer la boite à bijoux, en grande pompe et en changeant radicalement leur expression. Le trip hop très en vogue à cette époque (Massive Attack, Tricky...) les influencent musicalement, Marc décide de modifier sa manière de chanter et ses textes s'assombrissent. Mais les constats de l'échec, les règlements de compte tardifs, les amours qui s'effritent, donnent pourtant envie de danser. Illusions perdues certes, mais la lucidité est épanouie et contagieuse. 
Marc s'est fendu de petits textes explicatifs pour chaque morceau et ça c'est la classe, vraiment la cerise sur le gâteau. Une touche passionnante que j'adorerais voir sur tant de morceaux. Devant cette générosité et ces confessions un merci s'impose.
 
Ne pas défaillir aurait fait un excellent premier maxi avec edit et dub en face b. Un titre à placer immédiatement dans la playlist des soirées boules à facettes de malta au moment où ça commence à chauffer sur la piste. Et lorsqu'on me demandera de montrer le disque je serai vraiment furax de ne pouvoir le faire. 
Volontaire mais désarmé est également un monstre trip hop teinté de reggae. Celui-là je me le garderai égoïstement lorsque les gens seront partis et que malta me voyant me déhancher lentement avec un sourire béat le casque sur la tête, secouera la sienne en me glissant qu'il est temps d'aller se coucher... 
Restons-en là, autre perle de l'album. Des nouveaux sons, une nouvelle variation du chant, une mélodie funky joyeusement mélancolique, cadre de mots amers mais sans trop d'animosité finalement, envers Tellier qui les avait meurtris dans les Inrocks. Pas le genre de la Voie romance, l'assassinat. 

Les Gardois finissent en beauté leur périple maudit. Les autres n'en ont pas voulu, qu'ils aillent au Diable.

*merci Marc pour la correction ! Pas le dernier donc... hmm...

après

avant 



Avant que le Papa de William n'intervienne en commentaires, je n'omettrai pas de signaler que Marc Poitvin a été drafté pour être le frontman des Freluquets et tiendra le micro au concert du Paris Popfest le vendredi 27 septembre au Hasard Ludique. Pas peu fier d'écrire qu'Haar brut y est un (tout petit) peu pour quelque chose. Des skeuds vinyle de La débauche seront en vente, avec insert inédit en bonus !
D'ailleurs je n'y vais que pour ça : braquer l'insert pour mes deux copies. 


mardi 13 février 2024

Via romance, Romaine éclair EP (1988)

Romaine éclair regroupe les trois premiers enregistrements studio des Nîmois Via Romance dont j'avais publié le seul vrai album Génocide ambiant * (1992). 
Cela fait un an que le groupe a vu le jour, sous la forme d'un trio car malgré leurs recherches, il n'a pas trouvé de batteur sur Nîmes. Le bloc, très soudé, est constitué de Marc Poitvin (textes, chant, guitare), Jean-Charles Brunel (guitares) et Frank Villalva (programmation basse, batterie, claviers). 
Le groupe répète sans relâche dans la maison familiale des Villalva en pleine garrigue, et en 1988 ils ont l'opportunité d'entrer en studio pour la première fois, au studio Tour Magne à Nîmes, sous la houlette du propriétaire et ingénieur du son Laurent Aigon, avec qui ils enregistreront par la suite leur première K7 démo 8 titres appelée Arriver à terme et qui deviendra Génocide ambiant.
(Source Via Romance).

Dans Romaine éclair on sent les influences new wave et cold wave des trois membres. The Cure, Joy Division, Modern English, Taxi Girl, Cocteau Twins, Martin Dupont etc... la liste est longue.
Trois excellents premiers morceaux autoproduits qui étaient complètement inédits et qui se devaient d'être (re)mis en lumière.  

* ayant changé mon fusil d'épaule entre-temps, j'ai remplacé le player archives par celui de bandcamp, comme c'est le cas (sauf oubli) de tous les auteurs compositeurs présents sur mes pages qui sont sur bandcamp, qu'ils monétisent ou pas leurs oeuvres.
Et si vous êtes intéressés et curieux vous trouverez l'endroit qui vous permettra de recevoir les fichiers mp3 gracieusement, et même envoyés par Marc lui-même ! 



jeudi 3 novembre 2022

Via romance, Génocide ambiant (1992)

La musique c'est comme dans n'importe quel milieu : tu as beau être doué, motivé et travailleur, si les planètes ne s'alignent pas à l'instant T au-dessus de ton embarcation, tu n'as plus qu'à continuer de ramer. Triste et banale réalité.  
Comme beaucoup, j'ai découvert le trio nîmois Via romance avec l'achat de Contresens, la compilation des Inrocks de 1991. S'y trouvait ce morceau formidable "Le plus beau jour de ma vie". 
"Considérée par certains comme l’une des plus belle réussite musicale de l’année 1991, cette chanson annoncera pourtant pour l'année suivante le premier et dernier véritable album du groupe, le tristement bien nommé Génocide ambiant. Disque au nom prémonitoire collant à l'image de cette unique et controversée publication sortie sur la major Island record France." 
Je rapporte ici les propos du site officiel de Via romance, qui est vraiment passionnant à lire car il fourmille d'informations sur le groupe dont la biographie très détaillée écrite par Marc le chanteur.  

Tout avait bien commencé : la rencontre du duo Frank Villalva/Jean-Charles Brunel avec Marc Poitvin est le début d'une amitié qui débouche sur la création du groupe. Puis une première K7 "Arriver à terme" (un mini-album écrit avec enthousiasme, passion, et enregistré à la pro) est auto-produite par le groupe et finalement, devant son succès dans le sud de la France, est envoyée de façon soignée aux maisons de disques parisiennes. C'est (malheureusement) directement une major, Island France, qui répond et les signe pour un premier album ! 
Si le disque marche, il est écrit noir sur blanc sur le contrat qu'un deuxième verra le jour, voire un troisième. Pas du tout de pression.  
Et là, ça part en vrille: l'équipe de production engagée à oeuvrer sur l'album est virée et Via romance se retrouve seul à le produire. La promo du disque est désastreuse et suivront d'autres situations rocambolesques qui plomberont la sortie du disque, surtout un changement majeur et non favorable au groupe dans l'organigramme du label. Les planètes, remember ? 
Cerise sur le gâteau empoisonné: les Inrocks qui les avaient encensés*, les descend lâchement à la sortie de Génocide ambiant (article d'Emmanuel Tellier), les autres critiques rock sont aussi plutôt mi-figue-mi raisin. Vous lirez les chroniques vous-même, tout est répertorié dans le site. 
Génocide ambiant est un "échec": 6000 ventes "seulement" (l'objectif était ... 20 000 !)
Il se trouve que j'ai déniché ce cd par hasard à Paris dans les bacs à 10 francs (!) chez Boulinier à St Michel. Le désarroi pour eux, l'aubaine pour moi. Drôle de vie.
Les premières notes, vocalises et paroles confirment que nous sommes faits pour nous entendre, enfin surtout moi pour écouter.  Il ne pouvait en être autrement puisque j'ai découvert au fil de la lecture sur le site que Via romance trouvait son inspiration dans The Smiths, The Housemartins et The The, groupes dont je dois avoir tous les disques. L'album contient au moins six éternels petits chefs d'oeuvres pop, des classiques (Sans foi ni loi ?, Marie-Louise, Arrivons à terme, Dandy Warhol, Sybill London, Aussi belles soient-elles). De quoi aiguiser l'appétit. Mais d'autres galettes il n'y aura point...

... jusqu'à ce miracle de 2020 avec la création de leur page bandcamp par Marc ! Un Eden cette page, avec exactement ce qu'il a manqué depuis 30 ans (putain, 30 ans) : l'avant et l'après de ce premier album !
Rendez vous sur la page du groupe et une petite poignée d'euros suffira pour acquérir ces trésors enfouis et à jamais retrouvés. 
Ce n'est pas tout: Marc dispose aussi de sa propre fenêtre bandcamp et présente ses productions personnelles, pop électro expérimentales. A découvrir absolument !  
"Mieux vaut tard que jamais" dit l'adage. Après trente années de disette, nous sommes aujourd'hui servis sur un plateau comme des princes, régalons-nous!
 
* "on saura les défendre" écrivait Bates dans le n°28 (avec en couverture Mo..., non, personne)

pas forcément mon type... de pochette...


Marc et Jean-Charles

Frank, tristement atteint d'une saloperie de maladie a finalement rendu les armes en 2019 malgré sa longue lutte et celle de ses proches. Repose en paix, Frank. 

coup de soleil classique sur la tranche de droite...

le remastering 2020 ci-dessous:

jeudi 24 février 2022

Contresens, 21 Groupes Français (1991)

En 1991, cette compilation des Inrocks (au bénéfice de la Fédération Hospitalière de France) m'a ouvert les oreilles à la pop française qui compte.
Un disque indispensable, c'est tout.
Et en bonus extrait de C'est Lenoir du 13 mars 1991 en écoute. Bernard Lenoir, L'Inrockuptible par excellence. Il s'agit de l'émission qui suit la sortie de cette compil.

Pochette légèrement usée...


le cd à pic afin d'économiser le vinyle