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jeudi 16 novembre 2023

Buggy, Diagrams (2010)

Un disque qui apaise. Je suggère de tamiser la lumière et de s'enfoncer dans un fauteuil. Un grand verre de single malt, sec et écossais bien entendu, et si l'on est chanceux un petit feu de tourbe dans l'âtre de la cheminée, larvé dans un petit cottage rustique des Highlands... Hmm, je m'y vois bien.  
Les journées ont raccourci, la pluie et le froid sont arrivés et le rythme serein de cet album nous engage à rester bien au chaud à l'intérieur. Même lorsqu'il y a une petite accélération avec Movement, la voix tranquille et chaude de l'ami Renaud Sachet ne nous suggère pas nécessairement de nous lever et de nous exciter, mais plutôt de savourer ces rasades de pop intime. Et de toute façon 1'22 plus tard le morceau est terminé. Les titres sont relativement courts à quelques exceptions près. Ambiance un peu western parfois, lo-fi souvent, chaleureuse toujours. Et surtout cohérente, l'album s'écoute d'un seul trait tout en délicatesse, sans soubresauts mais sans anicroche non plus comme cela peut être le cas dans beaucoup d'albums que l'on aime écouter. 

J'avais passé le premier album de Buggy, Blaesheim hill en octobre 2022, groupe alsacien de la région de Strasbourg, et si la formation a changé dans ce second disque on retrouve des noms similaires au premier comme le familier d'Haar brut Jacques Speyser (The Non Stop Kazoo Organization, Stephen's Library), Renaud, Thomas et Pierre Walter, Vincent Robert ou Arthur Helmbacher. Les invités sont légions sur les deux disques donc cette impression de collectif de potes à tous les étages de la fabrication de leurs albums n'est pas fortuite. Et la musique n'en est que plus relax et agréable. 

Malgré l'aval de Renaud, "fais-toi plaisir" m'avait-il encouragé lorsque je lui avais demandé l'autorisation de publier ses disques je ne propose que du mp3 réduit car j'estime que pour avoir mieux il faut simplement récupérer le cd directement auprès du label strasbourgeois Herzfeld et ainsi l'encourager à continuer de sortir ses disques de qualité artisanale supérieure. 
Je l'ai mentionné de nombreuses fois mais il faut le répéter, le sieur Sachet est également auteur du fanzine Langue Pendue, qui agrémente souvent ses sorties avec de la musique sous forme de K7 et a même sorti récemment un 33t. Clique sur le lien, c'est du bon.
   
Malgré les accumulations, il y a des disques dont on sait qu'ils tourneront au minimum une fois chaque année dans le cd player et ceux de Buggy en font partie. D'ailleurs cela fait trois jours que j'écoute Diagram tous les soirs, qui est l'ultime production du groupe à ce jour. Il n'y avait aucune raison que je sois le seul, donc here you go






dimanche 2 octobre 2022

Buggy, Blaesheim Hill (2005)

Les Alsaciens de Buggy pour finir la semaine paisiblement. Groupe de Renaud Sachet que l'on connait avec les Molies. Onze petites merveilles pop dans la lignée des Weather Prophets de Peter Astor dont je suis fan, signées par Renaud, excepté Québec écrite par Stephan Nieser. C'est dans la chronique des Inrocks plus bas, mais le fait est qu'on retrouve l'univers et le son pop rock américain plus qu'anglais. L'album est sorti chez leur label maison Herzfeld qu'ils ont créé entre amis de la même région. Sur la page d'info du label il est précisé "que le label a bâti son univers sur des principes esthétiques minimaux, dont devait se dégager une identité forte, qui n’avait par ailleurs d’autre choix que de se plier à une réalité économique et à de petits moyens. Pendant plus de dix ans, les disques sont tous passés par le même filtre : le même ingénieur du son, le même photographe, le même graphiste. Cette régularité dans le processus est à l’image du label, qui fait ses propres saisons à un rythme tranquille, mais qui a tout de même produit plus de quarante références en quinze ans. Aujourd’hui Herzfeld revendique plus que jamais ses origines à travers son attachement à une totale indépendance et à des méthodes de productions DIY, comme une nouvelle idée de l’artisanat du Grand Est."

Renaud n'a pas l'air hyper satisfait de ce qu'il a accompli avec Buggy à ce que j'ai pu comprendre, mais franchement je ne trouve aucun reproche à faire aux deux albums du groupe, qui sont complètement cohérents et grâce auxquels je passe à chaque fois de bons moments de quiétude et de plaisir. Je publierai le second cd, Diagrams,  à l'occasion. Il m'a autorisé à publier Buggy mais sachez que vous pouvez vous procurer les disques sur leur site et découvrir les autres groupes de Herzfeld. Par conséquent, je ne mets ici que du mp3. 

Sur la page de Buggy: "Un peu à la manière des Weather Prophets, qui fantasmaient New York depuis Londres avec de grands yeux romantiques d’Européens, Buggy connaît par cœur le rock lettré américain, son dandysme de trottoir, sa déglingue flamboyante. A la façon de Luna ou Yo La Tengo, immenses groupes sans importance, Buggy est ainsi un genre de tribute-band à un raffinement pop suranné, à ces arpèges hautains et à ces chœurs brisés qui, des Byrds à Television, du troisième Velvet à Pavement, font qu’aujourd’hui encore on a le droit de porter avec une classe inouïe une frange et des lunettes noires. C’est mieux qu’un T-shirt Magma et la barbe." Les Inrockuptibles.
Lipsheim est un pur bijou. 

"Esthétisme minimal", qu'ils disaient