mardi 8 septembre 2026

A Sordid Poppy, The Holy Sides (1991-1992) CD (2008)

A Sordid Poppy est un groupe formé à Strasbourg en 1990 par deux frères, Vincent Fallacara (voix), Marco Fallacara (basse) et deux amis de ce dernier, Yannick Cador (guitares, choeurs) et Renaud Bec (claviers). Le nom choisi est un amalgame de deux morceaux de coldwave : Poppy day de Siouxie & The Banshees (1979) et Sordid waste de Babel 17 (1990), ce qui donne une indication de l'univers musical dans lequel gravitaient les membres du groupe. Ils sont en effet fans de Bauhaus, Joy Division, Minimal Compact, And Also The Trees, The Cure, etc... 
Ils enregistrent et auto-produisent un album en 1991, Déhiscence, qui sortira en K7 uniquement mais qui connaitra un beau succès et qu'ils joueront en concerts avec intensité et avec leur boite à rythme HR 16 surnommée Alexis Boxmann. Les concerts s'enchainent et ils sont alors contactés par un jeune label, Red Cloud, qui les signe en 1992. Ils prennent un vrai batteur, Pascal Tissot, et le groupe enregistre de nouveaux morceaux, cloitré pendant des semaines en studio dans une atmosphère lourde. 
Ces morceaux ne sortiront finalement qu'en... 2008, ce sont les Red Cloud Sessions de cette compilation cd produite par Brouillard Définitif. En effet le groupe se sépare en 1993 après une violente dispute entre Vincent et Yannick. Les frères Fallacara tenteront bien de poursuivre l'aventure mais sans le second binome le coeur n'y est plus et le coquelicot sordide se fânera inéluctablement.
Merci à Makhno de m'avoir fait découvrir ce cd et surtout à Brouillard Définitif d'avoir rassemblé ces morceaux qui méritaient vraiment une large exposition. 
Le label a malheureusement désormais bel et bien fermé ses portes depuis juillet dernier... 



jeudi 3 septembre 2026

Little Ballroom, Cravale. CD (2010)

Soirée cabaret punk, je pense que c'est le meilleur qualificatif correspondant au groupe et à l'album : voici Little Ballroom ce soir, avec Cravale
C'est mon pote Benoit, ami de longue date, qui m'a filé ce cd un jour. Je ne suis pas tout de suite entré dans ce truc un peu barré je dois l'avouer, il m'a fallu différentes écoutes à différents moments. Mais comment ne pas finalement succomber au charme de ce quatuor parisien bien givré constitué d'Audrey Champenois (chant, accordéon), Automne Lajeat (violencelle, chant), Thomas Gromb (basse, congas), Cyrille Andrieu (batterie, congas, mini-accordéon). 
La mèche s'alluma avec Cravale (l'ambiance à la Négresses Vertes sans doute), puis le morceau suivant Ramasser fut mon détonateur un soir avec son accordéon lancinant et ses paroles tragi-comiques complètement illuminées. Il m'a bien pris par les bollocks ce trip, ce titre j'veux dire. La seconde partie d'album prend alors une toute autre dimension. Le trip de la place (texte de Charles Buchowski), MTV, Infini en cul de sac, B 7416, autant de petites perles délirantes, de la poésie punk dans toute sa splendeur et sa sombritude. J'imagine que c'est sur les planches que Little Ballroom prenait toute son expression, la scène devait être un sacré capharnaüm. Ils n'auront sorti que cet album. Une dinguerie à la fois, ce n'est peut-être pas plus mal. 
Vous chercherez et trouverez comme moi les critiques en ligne émises sur l'album, elles sont toutes unanimes : ceci est une petite bourrasque qui ne peut laisser indifférent. Grand seigneur je livre la meilleure d'entre elles notamment pour "Cravale - du même nom hurlé en Allemagne dans les manifs pour annoncer une émeute" - je veux bien le croire mais je n'ai pas trouvé la réf'. Germanophones ou nophiles c'est à vous, je n'ai fait Allemand qu'en deuxième langue étrangère pour ensuite l'abandonner en fac alors que j'étais assez bon pourtant, la première erreur majeure de mon parcours académique, arf.  Edit : la réf' du titre de l'album pourrait donc venir de "der Kravall", merci à un grand lecteur lorrain pour son coup d'oeil, son effort, et sa culture. 



extraits du livret, la seconde partie qui m'a mis en émoi

CD sorti chez Iris Music




mercredi 2 septembre 2026

Les Co-Tizeurs, Putain d'usine EP 45t (2019)

Découvert chez Undersounds cette année à Limoges. Tout en discutant avec Raf je vois ce disque dans l'un des bacs à singles, la pochette et le nom du groupe me plaisant bien je demande à Raf qui ne se rappelait pas du son de ce groupe de le poser sur sa platine et si le premier titre au chant féminin ne m'a pas vraiment interpellé, Krevard m'a convaincu dès les premières notes et je n'avais pas besoin d'en écouter davantage, je l'ai pécho. J'ai bien fait car la seconde face est du même accabit, oi! classique ouvrière avec sa petite teinte de ska rude boy bien plaisante. Très bon petit disque.  
Les Co-Tizeurs sont Oliv (gratte/chant), Nico (basse), Double G (gratte/chant), Charlotte (chant sur Rêves déchus), Grosmath (batterie) et ils viennent de Lille. Ils ont leur page bandcamp, je n'ai même pas besoin de riper le skeud et il est en prix libre. Ce 45t est sorti en co-production Mad Association, Punkahontas, Anark'Oi, et Associal productions.  
Bonus Ep 2019, des morceaux enregistrés entre 2002 et 2005, à écouter aussi sur leur page BC. 



insert



mardi 1 septembre 2026

Impact, Coupable EP 7" (1998)

Comme je l'ai écrit il y a un an et un jour précisément lorsque j'ai publié un article sur Coeur de lion j'ai trouvé ces deux 45 tours d'Impact il y a quelques années à Toronto chez le disquaire Sonic Boom. J'avais été un peu déçu de ne trouver que ça au niveau punk oi! francophone mais je suppose que si je n'avais pas été indisposé lorsque nous sommes passés par Montréal j'en aurai dégotté d'autres. La ville est davantage appropriée pour ce genre de quête mais le destin en a décidé autrement. Impact vient justement de la banlieue de Montréal, Boucherville. Coupable est le troisième 45 du groupe, et y figure une adaptation du standard de Blitz Someone's gonna die. Il arrive que parfois la reprise dépasse l'original mais franchement ici aucune chance. Le disque est sorti sur le label américain de Seattle Vulture Rock Records. 
Ce n'est pas la rentrée puisque je ne suis jamais sorti mais on attaque Septembre avec impact frontal. Dommage tout de même qu'on n'entrave pas trop les paroles. Un insert aurait été bienvenu. 






samedi 29 août 2026

V/A, 25 A Silver Jubilee. CD (1998)

Des compiles pop internationales j'en ai des sympas, la dernière en date sur le blog The Noise and the Melodies a rencontré son petit succès donc en voici une nouvelle de 5 ans sa cadette : 25 A Silver Jubilee.
Présents dans cette superbe sélection éditée par le label allemand Meller Welle Produkte 24 morceaux, 16 groupes dont 3 Français (Watoo Watoo alors encore en région parisienne avant de filer à Bordeaux, Flying Nuns de Rennes et Nothing Else des Mureaux dans les Yvelines) qui nous jouent 6 morceaux, inédits pour les deux premiers groupes, quant à ceux de Nothing Else, ils figurent sur leur K7 Norma Jean died tonight de 1996 mais dont peu ont certainement entendu parler, moi pas en tout cas et je le regrette. On the way est vraiment chouette, un des meilleurs titres de la compilation. 
Edit: deux ersatz de Norma Jean died tonight, soudainement en ligne. Coïncidence avec cet article ou pas, peu importe, c'est cool ! 

Et puisqu'on en est aux bijoux de l'album, le There's always one des Anglais de Farnham et Aldershot J.C. Regulator se pose là : une vraie petite frappe avec son côté amateur j'm'en foutiste qui ne paie pas de mine mais qui arrache tout avec les cavalcades de sa guitare carillonnante car les mecs sont carrément bons en fin de compte ! Masterpiece qui sent tellement bon nos années 90 pendant lesquelles on était les rois du monde. Morceau/groupe complètement inconnu de mes services à la base, c'était la plus belle découverte pour ma part. Le genre de chanson que je passe en boucle un moment si elle accroche la playlist de mon iPod. Trop heureux de la partager ici. J'ai trouvé des infos sur l'excellent Our Soundscene dédié aux groupes du sud-est de l'Angleterre (code postal GU, Woking et ses environs) qui en fait la part belle et permet de découvrir d'autres sons de J.C. Regulator. Yes !

Les morceaux d'Holsteins, Irlandais de Belfast, sont bien prenants ainsi que Ways of Stephen de l'Ile de Man, l'île d'un sprinteur extraordinaire, le CavThe Manx Missile : Mark Cavendish. Aparté Cyclisme qui me tient toujours à coeur. Some Rare Footage de Borehamwood en Angleterre nous gratifie aussi d'un super morceau avec leur Nothing but ourselves. Bref, du bon de la pop tantôt douce et rêveuse (Conspiracy, Pristines), tantôt nerveuse voire excitée (Tvuzk, Crayola Summer, Apocalypse Babys). Les Français sont au niveau, c'est ce qu'on attend d'eux et ils ne nous déçoivent pas : Watoo Watoo, Flying Nuns et Nothing Else portent haut l'étendard de la pop nationale. Et grâce à eux je me fais fort de vous proposer ce jubilé tout de bleu vêtu, la 25ème production de Meller Welle Produkte semble t-il. 

Les Allemands Glaring Surge avaient ouvert le bal en annonçant le niveau en ouverture du cd avec leurs deux très bons morceaux dont le truculent F.O. cool people
Les Néerlandais Four One & Only's concluent l'affaire de façon euphorique avec le direct Here am I qui donne envie de sauter en l'air comme un jeune concon dans sa cuisine en buvant de la bière tiède. C'est malin, maintenant il y en a partout. 



comment se faire remarquer avant l'interweb. MK roi de la com'





jeudi 27 août 2026

My Raining Stars, Toy Club. CD (2026)

Saluons le retour de My Raining Stars, l'écrin de l'Auxerrois Thierry Haliniak et de sa belle pop à guitares avec ce quatrième album, Toy club, un an seulement après Momentum
Le disque marque les retrouvailles entre deux amis de 35 ans : Thierry Haliniak et Didier Frahier, qui formèrent ensemble le groupe Nothing To Be Done au début des années 90 à Lyon. Thierry se dévoile un peu plus dans ce bel entretien avec Jason Barnard de The Strange Brew. Une lecture très intéressante (in English). 

Didier, alias E-grand, avait déjà aidé à l'enregistrement du tout premier album de My Raining Stars en 2008, From St Saviour to Quickwell. Pour Toy Club Thierry a écrit et composé les morceaux, (certains comme Fine datent des années 90), en a proposé des versions dénudées à Didier afin qu'il les arrange et les mixe à son goût avec ses propres guitares, en en respectant la structure. L'Auxerrois a ensuite loué une nouvelle fois les services de Casper Iskov pour ajouter basse et batterie, puis il s'est fait plaisir en engageant l'un de ses artistes préférés (à un tarif raisonnable dit-il), Mark Gardener de Ride, le fameux groupe d'Oxford, afin qu'il s'occupe de la masteristation de l'album !
Le résultat est brillant, l'album est une nouvelle réussite qui reflète avec sincérité l'amour que portent ces musiciens de talent à l'indie pop britannique. My Raining Stars a le don de la mélodie et un ton attachant si irrésistible. Le disque contribue grandement à ma bande-son de cet été pour le meilleur et pour le pire. 
Il est sorti le 10 juillet (250 copies) chez le label Too Good To Be True (d'Emmanuel Foricher que j'ai eu la surprise et le plaisir de revoir au Glas-Goes Pop festival à Glasgow il y a deux semaines !), encore en collaboration avec les Américains Shelflife, puisque la liaison Brest-Portland fonctionne plutôt pas mal entre les deux maisons de disques.  

Comme le temps file, commence même à nous rattraper (j'écris nous car je suis dans le même bateau semble t-il, - force à toi Thierry -), il n'a plus de temps à perdre. Vu qu'il compose régulièrement depuis trente ans, l'ami Haliniak a un stock conséquent de démos en gestation donc on espère une nouvelle livraison et pourquoi un album pop-électro de My Raining Stars comme il l'évoque dans l'entretien chez The Strange Brew ? On l'a vu brillamment à l'oeuvre dans l'album des garçons sur la piste de danse, Meyverlin, donc tout est possible et on a déjà l'eau à la bouche. 

Mais ne brûlons pas les étapes et apprécions d'abord cet album Toy Club, dont le titre rend rommage à cette boite lyonnaise qui a abrité la rencontre entre Thierry et Didier et qui fut l'antre de prédilection de l'Icaunais au cours de ses années dans la cité des Gones. Le clip video du premier single Fine réalisé par Maud Anyways témoigne de cette époque charnière de la vie de Thierry au cours de laquelle il est même monté sur scène figurez-vous, alors qu'il répète aujourd'hui à qui veut l'entendre que cela ne l'intéresse plus. 
Too bad, il fallait être au Toy Club. 

les deux gars


Article dans L'Yonne Républicaine (piqué chez Thierry Haliniak)

Fine


tant qu'à faire, un petit bonus sur ma chaine tutube pour les curieux :
Nothing To Be Done (extraits de la compil K7 "Des Gens Simples" (1994) d'Ora Pro Nobis)