jeudi 17 septembre 2026

Rita Mitsouko, Restez avec moi 7" (1984)

Au péril de la vie du blog je me fends de mon petit hommage à Catherine Ringer et Fred Chichin dont le duo s'est certainement reformé quelque part maintenant. On n'est jamais vraiment sûr avec la mort mais on espère. A chacun son credo c'est comme ça, lalalalala. 
Qu'est-ce que j'ai pu l'écouter Dans la steppe, dans mon appart rikiki de la rue Monge au 6ème sans ascenseur. Mon premier appart. J'y étais souvent dans un état second certes, et dès que je mettais Dans la steppe il y en avait pour un moment. Un morceau qui m'a transporté très loin, je m'y suis vu tellement de fois dans la steppe immense et gelée à courir comme un mort de froid qu'une seule écoute n'était jamais suffisante, replay direct, encore et encore... Encore maintenant en fait.
Il m'accompagnera le moment venu ce titre des Rita. S'il faut n'en choisir qu'un c'est clairement celui-là.
- malta, un de plus sur la liste ! (s'il n'y figure pas déjà d'ailleurs*)

Si tu ne cours pas c'est le froid qui t'endormira...Tu vivras jusqu'à ce que le soleil soit couché.... Peut-être qu'après tout le village n'est pas si loin... Et tu vois déjà briller ces lumières dans ton esprit... et ta femme qui sent si bon.... Ne pleures pas, il ne faut pas, car l'eau de tes yeux gèlera... il faut croire jusqu'à la mort que l'inespéré viendra encore.... ne perds pas tout espoir il ne resterait plus qu'à t'asseoir... et sois sûr que l'inespéré peut arriver... sois sûr sois sûr...l'inattendu peut venir... 
Je ressens toujours autant d'émotion lorsque je l'écoute à nouveau, même sobre (plus ou moins). Et une seule écoute ne suffit toujours jamais. Cette basse, ce texte...  
La magie de certaines face B. 


Si les ayants-droits veulent que je vire le disque, pas de soucis et désolé. Il fallait que Dans la steppe passe sur Haar brut. 











































* Je ne tiens pas les comptes chez les maltese, comme par hasard

V/A, Alle 24 Goed ! LP (1985)(2000)

Ici la réédition 2000 signée Demolition Derby et Get A Loife, de la mythique compilation de punk hardcore belge de 1985 (label Punk Etc.). Une fois n'est pas coutume on traverse la frontière pour aller écouter ce qui se faisait outre-Quiévrain et on continue dans le speed avec Alle 24 Goed ! 
Le titre est calqué sur une série de compilations de hits pop rock bon marché néérlandaises intitulée Alle 13 Goed ! et la pochette qui est à la base une pochette dépliante en 12 volets est une caricature punk du volume 8 ! Celle de la réédition est une pochette classique avec un insert qui reprend l'idée originale (Discogs est votre ami pour vérifier), dédié aux 6 groupes que je classerai par ordre de préférence : War Risk 3, Capital Scum, Vortex, Zyklome A, Koyaanisquatsi, Wulpse Varkens. Capital Scum et Zyklome A faisaient partie des références d'Heimatlos ce qui m'a donné envie de réécouter cette fabuleuse compilation. C'est du brutal il faut faire péter les watts pour les voisins, ça les changera de Céline Fion.

repress

original (discogs) et original !

2000 vs. 1985

insert 2000



samedi 12 septembre 2026

Kromozom 4, Rien ne sert de gâcher de la bande, il faut faire cuire son steak à point ! Split LP/Heimatlos (1987)(RE 2013)

Versant hardcore fun du split 33 tours avec Heimatlos, entrepris par les gugusses de Kromozom 4, qui est au départ le side project de deux membres de R.A.S. : Gaz et Taki. Il prendra vraiment forme à la séparation non seulement de R.A.S. mais aussi à celle quasi simultanée de L'Infanterie Sauvage puisqu'Arno le bassiste de L'Infanterie se joindra au duo. Gilles complètera la formation, ce qui donne Gaz au chant, Taki à la guitare, Arno dit Nanor à la basse et Gilles aka Mardeloges (pour Maréchal des Logis son grade pendant son service militaire) à la batterie. Kromozom 4 conçu comme un groupe canular à la base peut enfin décoller. Philippe "Nounours" Roizès qui se serait bien vu au chant sera finalement propulsé manager du groupe. Comme pour Heimatlos, Philippe y est encore allé de sa prose et a écrit les mémoires du groupe sur la pochette intérieure et encore une fois on se délecte de toutes les histoires relatives au groupe et à la création de ce disque. 
Nanor quitte le groupe en 1986 par saturation des concerts mais restera toujours dans les parages, Denis le bassiste des Vampires le remplace sous le pseudo Nydeu. Puis c'est au tour de Taki de quitter Kromozom pour se consacrer au métier de comédien. Nydeu prend la guitare et... Nanor revient à la basse ! C'est donc cette formation qui joue sur les deux splits avec Heimatlos, le 45 et ce 33. Parallèlement Arnaud formera Maudits Systèmes (davantage dans mes cordes) avec son pote Zad et Gilles "Mardeloges". 
La fin de Kromozom 4 sera pour 1988 et elle sera un peu amère. Nounours a vraiment envie de passer à l'acte c'est à dire de chanter et de proposer ses propres textes qui n'ont vraiment rien à voir avec l'humour potache et la gouaille de Gaz. Philippe propose à Gaz de partager le micro avec lui ce que l'ancien choriste d'R.A.S. ne trouve pas forcément pertinent. Après un concert à Beaune avec tentative à deux chanteurs, la rupture est consommée, Kromozom 4 ne peut pas continuer ainsi et le groupe s'arrête. Au contraire de cette face d'album qui elle  ne cesse jamais : Son arme secrète ? le fameux locked groove du disque vinyle ! Comme vous pourrez le constater en écoutant la reprise d'Heimatos intitulée pour l'occasion La fraktion de seconde nécessaire de Léon Zyklon, encore plus brève que l'originale donc ! Il fallait bien un sillon sans fin pour compenser celle du groupe, que j'ai fatalement dû abréger lors du rip, sinon ben.... j'y serai encore. J'ai aussi les deux autres LP de Kromozom 4 sortis en 2019 donc l'affaire n'est pas encore définitivement pliée. 

Pour Denis Ferré "Nydeu", paix à son âme. Il nous a quitté en octobre l'année dernière... 

pochette bien sympa, à l'image du groupe
pavé de lecture numéro deux 
insert original, merci à Dominique pour la tof



Heimatlos, De Vlag. Split LP/Kromozom 4 (1987)(RE 2013)

heimatlos est un adjectif allemand, donc pas de majuscule, qui signifie apatride. Le nom sera orthographié différemment à la guise du disque ou l'article de presse concerné : Heimat-los/Heimat los/Heimat Los/Heimatlos. Ce qui reste invariable est la furiosité de leur son, la vitesse d'exécution des notes et l'intensité des éructations. Le groupe joue du punk hardcore voyez-vous. Il se forme en 1983 en banlieue parisienne et se compose de Norbert alias K-Z au chant, François dit SpeedYperit à la guitare, Serge "Sergio Loco" à la batterie, et Jean-Claude "Blitz" à la basse, et quel jeu de basse il a le zozo !  La pochette intérieure de ce split 33t avec leurs potes Kromozom 4 est très riche d'informations sur les deux groupes et je ne vais pas m'amuser à répéter voire synthétiser dans cet article les écrits de Philippe Roizès, fondateur du label Réseau Alternatif qui, faute d'avoir suffisamment de fonds, co-produit ce disque en 1987 avec le fameux label hardcore Jungle Hop International. Bref, bonne lecture aux plus motivés qui ne le regretteront pas et découvriront un nombre incalculable d'anecdotes.

Mon exemplaire est la réédition de 2013 d'Euthanasie Records. Je n'avais pas vraiment ressenti l'urgence de posséder l'original à l'époque mais il y a des disques qu'il faut avoir par principe ou par respect de l'histoire du punk et celui ci en est un. Ce repress m'allait parfaitement. 
Publier un disque ici me permet toujours de le réécouter et de replonger dans les abîmes de mes bacs à skeuds car il est vrai que je ne l'écoute pas bézefpas plus que le split 45t des deux groupes de 1986 d'ailleurs. J'avais écrit en 2022 pour Schlag! que je développerai un peu sur le groupe, voilà qui est fait mais quatre ans plus tard.... ce qui signifie donc bien que j'écoute quand même avec parcimonie Heimatlos et Kromozom 4. Il se pourrait que ces deux autres galettes que j'avais acheté quand même au cas où, suivent dans les semaines à venir. 

En face A de ce split c'est donc du sérieux, les morceaux commencent souvent par un punk un peu lent et mélodique puis une mouche les pique et ça part en tornade ce qui est parfois un peu dommage à mon avis. Leurs influences allaient bien au-delà des traditionnelles Îles Britanniques (SLF, Buzzcocks, Discharge, etc..), elles s'étendaient depuis l'autre côté de l'Atlantique (Dead Kennedys, Gang Green, 7 Seconds, etc...) en passant par la Scandinavie (Asta Kask, Rattus, etc...) ou la Belgique (Zyklome A, Capital Scum), leur liste de groupes punk hardcore énervés de prédilection est très longue et très internationale. Heimatlos fut l'un des précurseurs du hardcore en France mais pas que. Le chant en français, anglais, allemand, suédois, espagnol, finnois et même russe fit d'Heimatlos une figure mondiale du genre. Il arrêtera de sévir en 1988, trois de ces membres formeront ensuite le groupe Tear Of A Doll sur lequel je n'ai jamais accroché, il faudrait que je ré-essaie et tant que j'y suis.
A noter que Last train to Tucson est interprété par Blitz le bassiste, en yaourt, seul à la guitare sèche. 
 
Face B à suivre bien entendu... Double dose sur Haar brut aujourd'hui yay, quelle chance, hein !?

de vlag = le drapeau en néerlandais
pavé de saine lecture
insert original, merci à Dominique pour la tof


jeudi 10 septembre 2026

Jivaros Quartet, Near the noise LP (1989)

Revoilà notre quatuor helvète préféré et l'album lié au maxi Wrong... publié sur ces pages il y a quelques semaines. J'étais content d'avoir trouvé le maxi cet été à Annecy chez Ravage Records à petit prix car il complétait ce lp que je possédais déjà. La version cd de l'album regroupe en effet les titres des deux disques mais ça me faisait un peu chier de l'acheter pour être franc. Banco donc.
Cet album est parfait : écoute paisible même lors des accélérations, chant plaisant, accent anglais impeccable ce qui nous change des groupes français qui chantent dans la langue de Shakespeare soit pour se cacher, soit pour vendre à l'international, soit les deux en fait. C'est leur choix que je ne partage pas forcément mais qui suis-je pour critiquer ? Toujours est-il que le Suisse chante mieux en anglais. 
La face B est à mon avis légèrement supérieure, Pebbles down the precipice est absolument somptueux et lance le sprint pour The strangest words alors que cela aurait pu être l'inverse. Gone astray finit le travail sur un fil. Bonne écoute. 


chouette, l'intérieur de l'atelier



mardi 8 septembre 2026

A Sordid Poppy, The Holy Sides (1991-1992) CD (2008)

A Sordid Poppy est un groupe formé à Strasbourg en 1990 par deux frères, Vincent Fallacara (voix), Marco Fallacara (basse) et deux amis de ce dernier, Yannick Cador (guitares, choeurs) et Renaud Bec (claviers). Le nom choisi est un amalgame de deux morceaux de coldwave : Poppy day de Siouxie & The Banshees (1979) et Sordid waste de Babel 17 (1990), ce qui donne une indication de l'univers musical dans lequel gravitaient les membres du groupe. Ils sont en effet fans de Bauhaus, Joy Division, Minimal Compact, And Also The Trees, The Cure, etc... 
Ils enregistrent et auto-produisent un album en 1991, Déhiscence, qui sortira en K7 uniquement mais qui connaitra un beau succès et qu'ils joueront en concerts avec intensité et avec leur boite à rythme HR 16 surnommée Alexis Boxmann. Les concerts s'enchainent et ils sont alors contactés par un jeune label, Red Cloud, qui les signe en 1992. Ils prennent un vrai batteur, Pascal Tissot, et le groupe enregistre de nouveaux morceaux, cloitré pendant des semaines en studio dans une atmosphère lourde. 
Ces morceaux ne sortiront finalement qu'en... 2008, ce sont les Red Cloud Sessions de cette compilation cd produite par Brouillard Définitif. En effet le groupe se sépare en 1993 après une violente dispute entre Vincent et Yannick. Les frères Fallacara tenteront bien de poursuivre l'aventure mais sans le second binome le coeur n'y est plus et le coquelicot sordide se fânera inéluctablement.
Merci à Makhno de m'avoir fait découvrir ce cd et surtout à Brouillard Définitif d'avoir rassemblé ces morceaux qui méritaient vraiment une large exposition. 
Le label a malheureusement désormais bel et bien fermé ses portes depuis juillet dernier...