samedi 3 octobre 2026

V/A, Punk Rock never sounded so wrong EP 45t (1998)

Punk Rock never sounded so wrong... 
Well, il est certain que le Crève salope de The Splash Four (Paris) dégueule un peu sur les bords mais il faut bien avouer que l'original ne fait pas dans la dentelle non plus. Weak (La Rochelle) par exemple nous gratifient d'une super reprise de Gay boy de The Queers, le meilleur titre des quatre de ce disque pour moi. Trois reprises et un original des Guzzlers (La Rochelle) qui n'ont pas souhaité faire comme tout le monde semble t-il. Weak et Guzzlers, deux groupes que l'on connait ici avec The Popular Music Series donc welcome back ! The Splash Four itou. Il n'y a guère que T.V. Killers (Bordeaux) qui font leur première apparition sur le blog.
Après la jolie pop de salon hier, du bon vieux garage punk aujourd'hui avec grattes qui crissent et batteuses qui tamponnent, il faut bien remettre les mains dans le cambouis après une nuitée un chouia bourgeoise. 
Mini-compile sortie chez le label breton Thee Knights of Trashe Records (Lorient). 
Petit disque, gros bronx. 



insert































vendredi 2 octobre 2026

Feutre, Les grands ensembles CD (2026)

Retour de Feutre, cinq ans après Nos rencontres (2021) avec ce second album, Les Grands Ensembles, sorti il y a quelques jours sur le label Les Disques Maladroits dont je reparlerai un autre jour. 
Paradoxalement les premiers membres du groupe bordelais ne le sont plus (ensemble) : Michaël Korchia le fondateur bassiste et multi-instrumentiste qui signe toutes les musiques s'est entouré d'une nouvelle voix, Elsa Leroyer, et d'un nouveau guitariste, Jérôme Excoffier, qui mettent leur talent au service de cette indiepop nourrie aux sucs de la pop baroque des sixties et des seventies. Ainsi, derrière ces Grands ensembles, une nouvelle histoire collective s’invente avec le même goût pour les mélodies précieuses et les arrangements lumineux.
La belle pochette donne d'emblée le ton, baignée dans ces orangés rétro et chaleureux qui réveillent en moi le souvenir... du papier peint chez mes grands-parents maternels, rue de Fécamp (Paris 12ème) ! Son immeuble kitsch aux allures d’orgue monumental me rappelle les briques de cette résidence, de ce grand ensemble. A chacun le sien, MK c'était Sarcelles. Dès la prise en main du disque donc et avant même que la musique ne s'échappe de l'album, un air familier et agréable se dégage. 
L'indocile ne déçoit pas et ouvre royalement la voie à une musique pop à guitares, élégante, riche d'arrangements modernes qui va nous accompagner tout au long de cet album. Mais c'est sur du funk que le coït suprême aura lieu, en compagnie du couple Elsa et Adam, le morceau le plus sexy de l'album avec son texte coquin, son groove irrésistible et sa chaleur moite qui confirme que Feutre sait décidément jouer de la belle pop de chambre. 
Le reste de l'album oscille gracieusement entre pop scintillante qui semble tout droit sortie de l'univers de Felt (le nom Feutre est un clin d'oeil au groupe de Lawrence, je le rappelle) et musique populaire rétro-futuriste nichée quelque part entre les mélodies arrondies et les machines rêveuses de Stereolab. Notons aussi la belle réactualisation en français de Gold mine, un titre phare de Mumbly l'un des premiers groupe de Michaël, repris dans cet album façon western.
Feutre joue donc sur du velours, ce qui n’a rien d’une surprise tant Michaël revendique le concept depuis longtemps. Mais si la formule est familière, le plaisir demeure assurément intact. J'avais écrit précédemment que Nos rencontres me paraissait être le meilleur disque de Michaël Korchia, c'était sans compter Les grands ensembles. 

superbe


jeudi 1 octobre 2026

Ypérite, S/T EP 45t (2011)

Ypérite est un quartet punk rock de Paris fondé en 2006 par Benoit Maître "Ben Spizz". Il est composé ici de Benoit (chant), Marc (guitare), Olivier (basse) et J.C. (Batterie). Pas beaucoup d'info à part que Benoit a créé la galerie de street art Le Lavo//Matic dans le 13e à Paname. Il a également écrit un livre rock que je n'ai pas lu, Lucie Pressing. J'ai dû passer 15 000 fois devant cette pochette intéressante sans la prendre, la 15 001ème fut la bonne. J'ai bien fait même si je ne jouerai certes pas ce disque 15 000 fois dans ma vie future. Les quatre morceaux sont pêchus, du bon rock punkifié. 
Le 45 tours est sorti chez Close Up dont on ne sait toujours pas vraiment s'il est encore en activité finalement ? 





samedi 26 septembre 2026

Kim, Aba Gama. Double LP (2023)

Kim, le gars qui lorsqu'on le suit donne le tournis par son activité débordante, mais c'est normal la musique c'est sa vie et c'est une lutte autant qu'un art de tous les instants.
Aba Gama est un album qu'il faut écouter tourner sur la platine pour se rendre compte ici de l'exploit, car les morceaux s'enchainent les uns après les autres sans aucune pause entre les plages, ce que bandcamp ne parvient pas à refléter proprement. 
Autant je ne suis pas spécialement fan des avatars de Kim Giani et de ses parodies autant dès qu'il revêt sa propre peau, il parvient toujours à m'épater. Aba Gama à mon avis le résume de manière pertinente, par son énergie souvent faite de simplicité, de complexité parfois aussi, mais de diversité surtout. Une humanité géniale, ouf! elle existe bien toujours.  
Les trois premiers morceaux de la face A par exemple me sont purement insupportables, je n'ai ni peur ni gêne à l'exprimer car les répétitions sont vraiment fatigantes mais une fois l'obstacle franchi, place à l'écclectisme épanoui de Kim : pop, new wave, électro, limite rock progressif même (!) avec Lonely, les titres s'enchainent avec facilité et brio, uniquement perturbés par le premier changement de face, puis de disque, puis de dernière face. La magie ou la faiblesse du vinyle, c'est selon.
La chronique chez Benzine Mag traduit quasiment à la lettre mon sentiment sur ce disque. Je vous recommande cette chouette lecture plutôt que la mienne d'ailleurs. 

Les tubes sont légion sur ce double LP blanc, en anglais, arabe, russe, allemand, italien, espagnol et autre langue étrangère. 
Quand soudain apparait la fragile mais vertigineuse Valérie, l'irrésistible, l'imparable petit chef d'oeuvre pop qui illumine l'album de ses feux pour l'éternité, on a envie de la protéger, impossible de ne pas succomber à son charme, sa douceur, sa beauté. La pop song parfaite en onzième position sur l'album, par timidité sans doute, mais on l'aime aussi pour ça.
Postal del pueblo de l'Herbe, The song from the backshop sont du même tonneau, celui de l'équipe de Camulodunum dans Astérix chez les Bretons, qui contient la potion magique : attaque classique avec des passes comme s'il en pleuvait et l'essai au bout, des tubes destinés aux medias nationaux. Et pourtant rien..., aucune couverture c'est désarmant, à n'y rien comprendre (on fait semblant, hein). Kim y va même de son "Dub incroyable" c'est dire si la palette est large avant de repartir sur un délire psychédélique en français assez simpliste; mais J'aime assez Jay Mascis moi aussi, j'ai vu Dinosaur Jr à The Venue à Edimbourg lorsque Mascis s'était rabiboché avec Lou Barlow, donc j'adhère encore davantage. 
Wonderful sunset a des airs d'Alan Vega et All the things I've done un petit côté The Strokes, Doux l'indigo se suffit à lui-même et fi de ces références, le morceau final éponyme est une célébration à la Kim. Sept minutes de plaisir artisanales et à la fin de l'écoute de cet album on se dit qu'on a fait un sacré beau voyage. 
Aba Gama est un disque au long cours, plusieurs écoutes seront peut-être nécessaires pour se rendre compte au final de l'ampleur du concept et de l'indispensabilité d'avoir l'oeuvre dans sa discothèque.
Pour se procurer le disque, s'il reste des copies sur les 150 pressées, il faudra contacter Kim directement sur sa page bandcamp ou facebook, ou peut-être Michel qui se signale ici de temps en temps, du label Z & Zoé Records qui eut l'idée de génie de sortir ce double album. 

Kim "Au coeur du temps" Giani


pochette dépliée façon cache-cache. Achetez le disque...! 




vendredi 25 septembre 2026

Laid Thénardier, Voyez comme on s'haine. Maxi 45t (1988)

C'est François le batteur des Parisiens The Brigades qu'on aime bien ici, alias Tony Aigri, qui motive Doc Justice, Mox et Buz de monter un groupe en 1984. Ils sont tous de la même banlieue parisienne, Juvisy s/Orge dans l'Essonne.A part Mox (qui a des bases de violoncelle!), aucun ne sait jouer d'un instrument et ils se les répartissent donc : Buz Barbar prend le micro, Docteur Justice la basse, Mister Mox la guitare, son frère Sinus le clavier, Robert Obscene sera le nom de la boite à rythme après le départ rapide de Tony pour se consacrer aux Brigades. 
Ils débarquent dans le contexte des années 80, en pleine cohabitation Mitterrand/Chirac et bien évidemment la montée de Le Pen.
Atypique et pas si facile d'accès, j'ai mis du temps à tomber sous le charme de Laid Thénardier et sa musique un peu torturée entre rap, punk, reggae, new wave, difficile de lui coller une étiquette mais j'imagine que bon nombre la classeront dans l'appellation rock alternatif puisque Laid Thénardier arrive en plein dedans et met les pieds dans le plat avec ses textes engagés politiquement.
Ils sortiront deux maxi, un 45t, un mini-LP et multiplieront les prestations scéniques. En 1990 Doc Justice part à l'armée et s'installe ensuite à Marseille, et même s'il suggère au groupe de continuer sans lui, par principe, Laid Thénardier cessera toute activité.

Mon iPod m'a sorti Et l'on machoro ma Kanaky (Referendum dub) l'autre jour, Laid Thénardier s'est rappelé à mon bon souvenir avec ce magnifique dub bien prenant de presque sept minutes, avec ou sans substance illicite dans le sang. Je ne me souvenais même plus qui jouait ce morceau, j'aurais pu parier sur Babylon Fighters mais non ça ne collait pas. Et par conséquent il fallait qu'il passe sur Haar brut, en direct d'Inverness, "Sneck" comme on la surnomme ici. Disque sorti chez V.I.S.A. ce qui n'est pas étonnant, dans la petite série Rebel Flux.





extraits du livret

entretien complet en 2007 dans Nyark nyark !
"50% rebeus, 100% relous." !


mercredi 23 septembre 2026

Nuit Rouge, Riot EP 7" (2010)

Tout un programme, acheté chez Undersounds qui soit-dit en passant a inauguré hier son site nouvelle mouture, un sacré beau boulot. 
Nuit Rouge c'est un groupe de Limoges, Charlotte "Cha" (chant), Ludivine Riot "Lulu" (guitare, chant), Thomas (guitare), Tolbi (basse), Ben (batterie). Je les connaissais depuis la compilation Limoges Punx vol 2 avec deux versions légèrement différentes de Supermâle et L.A.C. donc lorsque j'ai vu ce 45 tours je n'ai pas hésité à le choper. Le chant n'est pas trop relou, il y a des choeurs (c'est toujours apprécié), et la zik percute bien, la hargne électrique coule toute seule même, à flots. Nuit rouge en point d'orgue, un final noir incandescent oi! oi! oi! Rien à jeter dans ce 45t donc, du très bon street punk énervé, et militant comme on s'en doute avec ce nom et ce titre d'EP, du combat de classe au quotidien et dans la rue. Toujours autant d'actualité seize ans plus tard. 
"Rien n'a encore changé, on marche encore sous la pluie..."
Le disque est sorti chez Solitude Urbaine en 2010 avec un insert sympa (textes et photos). Le groupe fut actif entre 2005 et 2011, mais il est toujours grand temps de le découvrir aujourd'hui et l'écouter sans modération.






L'EP tourne en 45 et non 33 comme indiqué sur le rond central du disque