jeudi 27 août 2026

My Raining Stars, Toy Club. CD (2026)

Saluons le retour de My Raining Stars, l'écrin de l'Auxerrois Thierry Haliniak et de sa belle pop à guitares avec ce quatrième album, Toy club, un an seulement après Momentum
Le disque marque les retrouvailles entre deux amis de 35 ans : Thierry Haliniak et Didier Frahier, qui formèrent ensemble le groupe Nothing To Be Done au début des années 90 à Lyon. Thierry se dévoile un peu plus dans ce bel entretien avec Jason Barnard de The Strange Brew. Une lecture très intéressante (in English). 

Didier, alias E-grand, avait déjà aidé à l'enregistrement du tout premier album de My Raining Stars en 2008, From St Saviour to Quickwell. Pour Toy Club Thierry a écrit et composé les morceaux, (certains comme Fine datent des années 90), en a proposé des versions dénudées à Didier afin qu'il les arrange et les mixe à son goût avec ses propres guitares, en en respectant la structure. L'Auxerrois a ensuite loué une nouvelle fois les services de Casper Iskov pour ajouter basse et batterie, puis il s'est fait plaisir en engageant l'un de ses artistes préférés (à un tarif raisonnable dit-il), Mark Gardener de Ride, le fameux groupe d'Oxford, afin qu'il s'occupe de la masteristation de l'album !
Le résultat est brillant, l'album est une nouvelle réussite qui reflète avec sincérité l'amour que portent ces musiciens de talent à l'indie pop britannique. My Raining Stars a le don de la mélodie et un ton attachant si irrésistible. Le disque contribue grandement à ma bande-son de cet été pour le meilleur et pour le pire. 
Il est sorti le 10 juillet (250 copies) chez le label Too Good To Be True (d'Emmanuel Foricher que j'ai eu la surprise et le plaisir de revoir au Glas-Goes Pop festival à Glasgow il y a deux semaines !), encore en collaboration avec les Américains Shelflife, puisque la liaison Brest-Portland fonctionne plutôt pas mal entre les deux maisons de disques.  

Comme le temps file, commence même à nous rattraper (j'écris nous car je suis dans le même bateau semble t-il, - force à toi Thierry -), il n'a plus de temps à perdre. Vu qu'il compose régulièrement depuis trente ans, l'ami Haliniak a un stock conséquent de démos en gestation donc on espère une nouvelle livraison et pourquoi un album pop-électro de My Raining Stars comme il l'évoque dans l'entretien chez The Strange Brew ? On l'a vu brillamment à l'oeuvre dans l'album des garçons sur la piste de danse, Meyverlin, donc tout est possible et on a déjà l'eau à la bouche. 

Mais ne brûlons pas les étapes et apprécions d'abord cet album Toy Club, dont le titre rend rommage à cette boite lyonnaise qui a abrité la rencontre entre Thierry et Didier et qui fut l'antre de prédilection de l'Icaunais au cours de ses années dans la cité des Gones. Le clip video du premier single Fine réalisé par Maud Anyways témoigne de cette époque charnière de la vie de Thierry au cours de laquelle il est même monté sur scène figurez-vous, alors qu'il répète aujourd'hui à qui veut l'entendre que cela ne l'intéresse plus. 
Too bad, il fallait être au Toy Club. 

les deux gars


Article dans L'Yonne Républicaine (piqué chez Thierry Haliniak)

Fine


tant qu'à faire, un petit bonus sur ma chaine tutube pour les curieux :
Nothing To Be Done (extraits de la compil K7 "Des Gens Simples" (1994) d'Ora Pro Nobis)



mardi 25 août 2026

Superstar Disco Club, Welcome to The Superstar Disco Club. CD (1999)

Superstar Disco Club. Avoir un tel nom de baptême, être signé par un label anglais en plein raz de marée French Touch sur les Îles Britanniques et délivrer une musique parfois assourdissante, noyant ses mélodies sous un déluge de guitares, c'était assez gonflé. Brouillage de pistes complet même. Ici on connait leurs deux premiers 45tours Katia Movement #1 et Skyscraper Island donc l'étonnement n'est plus de mise et comme j'avais annoncé un article sur cet album pendant l'été, nous y voilà. On retrouve ces deux bons morceaux dans l'album.
Le label anglais en question c'est Ché Trading Limited qui officiait à Londres et finalement les sources d'inspiration des SDC se situaient plutôt du côté des Pixies ou My Bloody Valentine que Daft Punk ou Air, plagiant même ce côté parfois agaçant de la noisy pop expérimentale ponctuée de fins traits de génie mais souvent barrés par de grosses lignes pataudes, complètement foutraques, qui faussent un peu le rythme qu'on avait cru entrevoir. Le trio marseillais tourna avec les groupes qui étaient sur le label dont les plus connus : les Ecossais Mogwai (que j'ai vus dimanche tiens ! C'était à l'occasion des Edinburgh Summer Sessions, en plein air au Royal Highland Center) ou Yatsura, tous deux groupes de Glasgow. 
Lucky day 51et Escale Borely sont à mon goût les temps forts de l'album de ce groupe décalé et enthousiaste mais qui n'aura finalement sorti qu'un seul album. I wanna beer est rigolo dans la mesure où il fait un petit clin d'oeil au tout premier hit des Spice Girls ! 

Welcome to The Superstar Disco Club et sa franche touche sonique.






fans des Hammers, toujours un bon signe même pour des Marseillais. 
© photo: leur page FB



samedi 22 août 2026

EV, Dizehan. CD (2003)

Samedi soir, un peu de festif avec les Nantais EV déja Entendus et Vus sur ce blog avec Skorn leur chouette premier LP de 1987. Rappelez-vous, ces Nantais qui chantent en Finnois, en Breton et en Français, ça ne s'oublie pas. 
Festif mais pas tant que ça dans ce très beau Dizehan leur dernier album en date et ça remonte, 2003, car le morceau qui me prend aux tripes dans ce disque et qui me l'a fait acheter n'a rien d'hyper jouasse, c'est T'oublier, "cette mortelle ballade" comme ils disent. Bah, ce n'est sûrement que du vent qu'on se plait à humer quand on s'ennuie, à chercher des saveurs qui n'existent plus. Heureusement La route des reines ou Troit! fait tout oublier sauf le lever du petit doigt pour un festnoz à plein régime. Gaffe à l'auriculaire j'y tiens merde, il est fragile : je me le suis pété en tentant une roucoulette alors que le geste n'existait pas encore, ouais ok je fabule, je me le suis pété juste en jouant au hand ball comme une merde.
Je lisais qu'EV a fait plus de mille concerts, c'est assez fou. Je n'ai que ces deux albums mais je pense me pencher sur la question. L'album débute en grandes pompes et en finlandais et c'est franchement entrainant, on s'y croit dans une taverne de Finlande à renverser sa pinte sur son t-shirt comme un couillon parce qu'on s'est mis à danser instinctivement sur le rythme enjoué de Klaukkala. Mais tout le monde s'en fout, tout le monde rigole. Tahtoisin parait plus sérieux même sans comprendre les paroles, la traduc' dans le livret confirme. Festif mais pas tant que ça.  Vous lirez (ou pas). 
En tout cas un super album à mon avis. Je me l'écoute en boucle ce soir depuis tout à l'heure (cqfd pour l'article, c'était le moment) et je ne m'en lasse pas. 
Disque sorti chez Créon Music. 

pochette fraîcheur magnifique (County Mayo, Ireland)

allez je mets tout, c'est trop joli



EV !


vendredi 21 août 2026

Amadeo 85, Ivan Makvel, Cee O Funk & Zackey Force Funk - Shake It /M.I.L.FUNK Anthem (Kalashnilove) 45t (2026)

Comme je n'ai aucune intention de débuter le weekend dans la névrose aussi bonne soit-elle (ça me fait penser à Gogol dans C'est vraiment très fou la disco : "hey les kids vous croyiez qu'on allait vous laisser comme ça ?!"... ) voici quelques notes d'humeur plus légère que Perm36 pour ce début des festivités de deux jours hebdomadaires pour les travailleurs du lundi au vendredi avec, après le Chamois de Smutt, un nouveau disque découvert à Annecy chez Ravage Records dans le bac de groupes locaux : une production Mother I'd Like To Funk, nom bien trouvé, signé Amadeo "85" Da Silva (créateur du label), Ivan Makvel, Cee O Funk & Zackey Force funk. Du funk boogie, une nouveauté sur Haar brut je crois, écclectisme quand tu nous tiens. Et une nouveauté tout court puisque le disque date seulement de mars 2026. 

Bonne découverte que j'ai quand même écoutée avant au casque rapidement chez le disquaire. La pochette a joué son rôle c'est certain mais les premières secondes de Shake it ont suffi à me convaincre et m'imaginer avec la boule à facettes en super soirée disco, à me bouger le popotin et montrer mes moves. Shake it, shake it to the funk. Yes, j'aime aussi le funk, mon frère ainé était passé du punk au funk et à la soul sans concessions, j'ai hérité de tous ses disques et j'y ai pris goût. D'abord par amour pour mon frère parti tellement trop tôt que ça me fout toujours autant en l'air même 19 ans plus tard, puis rapidement par goût en fait. Je me cantonne à ses disques principalement mais je ne suis pas insensible à certaines découvertes, la preuve en est. Au niveau soul je recommande le premier album de Brooke Combe Dancing at the edge of the world (2025) qui est juste magnifique et je ne dis pas ça parce qu'elle est de Dalkeith dans la banlieue d'Edimbourg, ça c'est la cerise sur le cake. Elle a juste tout le talent pour percer.

Le dossier de presse du 45t en parle bien mieux que moi :
Face A : Amadeo 85 livre un morceau de funk moderne et percutant, taillé pour les amateurs de dancefloor. Le titre est porté par un groove de boîte à rythmes enlevé, une ligne de basse analogique (Moog) accrocheuse et des synthés vibrants, le tout magnifiquement mis en valeur par la voix élégante et sophistiquée d'Ivan Mak.
Face B : Le redoutable Ceeofunk Band est de retour avec un tout nouveau single, réunissant le suave Zackey Force Funk au chant et l'imperturbable Amadeo 85 au vocoder.Plongez dans ce groove boogie tout en douceur, conçu pour tous ceux qui diffusent amour et funk en ces temps troublés.

Celui-là il ne sera pas sur la chaine youtube de franckie dans deux jours, ça c'est sûr.

pochette fourre-tout mais accrocheuse, en attente d'un...




... coup de pied au cul !


Perm36, Névroses LP (2017)

Perm36 est un nom tristement célèbre puisque c'est le nom d’un ancien goulag soviétique dans l’Oural en activité entre 1946 et 1987. Ce groupe rouennais lui offre une réhabilitation saine mais cynique avec ses textes sans équivoque "qui jettent un oeil acide sur l’histoire, petite et grande, de ces dernières décennies" et qui vont droit au but. Et en parlant de but, l'album s'ouvre sur le titre Garrincha (alegria do povo) en hommage à l'un des nombreuses légendes du football brésilien, l'un des plus grands dribbleurs que ce sport a connu et qui finit sa vie dans la pauvreté et l'alcoolisme. La joie et le bonheur ne sont pas la marque de fabrique de Perm36 donc c'est plutôt l'aspect sombre de Manoel Francisco dos Santos qui est évoqué ici. Un morceau de plus qui pourrait figurer dans la liste de l'ami Footichiste !
Synth punk de premier choix, sous influence Warum Joe et Charles de Goal, et par extension Métal Urbain, on l'a déjà dit l'année dernière avec Dictateurs précoces. Cela se vérifie une nouvelle fois avec ce magnifique album. 
Pour conclure malheureusement je vais encore jouer les annonceurs de mauvaises nouvelles car Stéphane le guitariste nous a quitté en juin dernier. Ses riffs agressifs et percutants dans Perm36 lui assurent l'éternité. So long Stéphane...

Névroses est sorti chez Smap Records. Le LP est toujours disponible chez le label normand et en soldes qui plus est ! La version CD dispose d'un titre en plus. En soldes aussi !!



disque et pochette intérieure avec textes


jeudi 20 août 2026

Daltonz, Hier.Demain.Maintenant. LP (2023)

Vraiment un super album de street punk ce dernier Daltonz sorti chez UVPR en 2023. Un vrai classique digne des années 80 et leur meilleur LP à ce jour selon moi. Rock de rue savamment ciselé avec le chant rauque de rigueur mais pas trop, les guitares-batterie affûtées, les textes qui sentent la bière et le vécu. Huit Chansons d'élégance, absolument d'accord, et de sincérité. Sans jamais se la péter, les Caennais ont su mine de rien se construire une discographie haut de gamme dans le rayon punk oi! Je me dis ça à chaque fois que je mets un de leurs disques sur la platine et je devrais les écouter bien plus souvent. Je mettrai sûrement les deux autres albums à l'occasion. J'avais passé l'EP il y a trois ans.

The Daltonz, ou simplement Daltonz sur ce skeud d'ailleurs, sont : Béret (chant), Mélib' (guitare), Charles (basse) qui a remplacé Guillaume depuis la super K7 Equipe Sup'5 (2022), Paul (batterie) et Fred (guitare) avec qui la formation passe de quatuor à quintet. 

C'est également la classe au niveau habillage même si c'est une constante chez ces Normands : pochette superbe et insert cartonné avec un grain magnifique contenant les textes. Faudra acheter pour toucher et vérifier que je dis vrai.