lundi 8 juin 2026

Fandor, L'enfance de l'art CD (2008)

Un moment tranquille et agréable à passer avec le deuxième album de Fandor intitulé L'enfance de l'art, sorti chez les amis de Z & Zoé Records le label d'Auch en 2008, soit dix ans après le tout premier LP Sparetime. Un souffle de nostalgie mis en musique et bricolé avec amour par le songwriter bordelais Laurent Barnaud dans lequel il évoque ses souvenirs d'enfance et des états d'âme que l'on a pu partager un jour ou l'autre nous aussi. Chouette album. 
- A quoi ça sert de revenir en arrière ? Comme Fandor dans le morceau La route bleue, une question que je me pose bien souvent...

dessins d'Emma





vendredi 5 juin 2026

Perio, Shine ep 7" (1995)

Eric Deleporte et Sarah Froning se sont rencontrés un soir de novembre 1990 dans une rue de Nantes. Sarah débarquait des USA avec une amie dans l'idée de s'immerger dans la langue française qu'elle avait étudiée au lycée et à l'université et aussi en quête d'aventures et de rencontres. Eric était de sortie avec son ami Dominique A. Leurs atomes s'accrochèrent et pendant cette période commune, le couple fonda donc Perio dont j'ai présenté la première année du blog le second single club sorti chez Lithium, Lopsided en 1997 et le dernier album d'Eric récemment, The sharp bones of my sleep, toujours sous l'alias Perio. 

Ce premier EP a été enregistré lors de la même session que Lopsided et constitua leur premier 45t, Shine ep. Deux très beaux titres originaux et une reprise de Liz Phair de qui j'avais adoré l'album Whip-smart en 1994. Le morceau titre de ce sept pouces figure en version acoustique sur le premier album de Perio Icy morning in Paris dont je parlerai une autre fois. Petits craquements à prévoir mais c'est ce qui fait vivre un disque vinyle.
L'EP a été enregistré au fameux Lutecia Gardening Studio de Jean-François Marvaud. Les deux morceaux sont écrits et chantés principalement par Sarah, Eric ajoutant sa voix et ses guitares. Sans oublier Christian "Ta luv' Q" Quermalet (de SwamJulianSwam) à la basse, Benjamin "Ben" Boguet (guitare, guitare wah), et le Max à la batterie ! 


l'intérieur déplié




Extraits des entretiens dans Langue Pendue n°11, Les années Lithium


mercredi 3 juin 2026

Les Fils de Joie, Nous ne dansons plus la nuit. LP (2023)

Cet album devait sortir en 1986. Les Fils de Joie se sont séparés cette année-là, sans prendre le temps de finir ce qu'ils avaient commencé. (...) Le label Pop Sisters a voulu réécrire l'histoire en 2022. (...) Le choix des 12 titres ne fut pas facile mais ils sont représentatifs de l'esprit des Fils de Joie (texte au verso de la pochette).
A l'annonce du disque j'ai sauté - de joie - naturellement et j'ai acheté le LP immédiatement à sa sortie en février 2023. Je suivais le soundcloud d'Olivier Hébert et La Collective depuis plusieurs années et j'avais enquillé pas mal de ses morceaux donc écouter maintenant sur vinyle ces morceaux des Fils de Joie était le bouquet suprême. Et ils ne déçoivent pas, le talent mélodique de ce groupe était tellement évident. Je me désolais lors de mon article sur le premier 45t autoproduit qu'ils n'avaient pas d'album à leur actif, quelques mois plus tard ils contre-attaquaient, c'est fou. J'avais passé le maxi Tonton Macoute également pour rappel. Ce groupe aurait certainement pu/dû marquer son temps, le destin en a décidé autrement. Le titre Nous ne dansons plus la nuit est un hommage à Ian Curtis. 
Excellent papier à lire, au hasard... chez Section 26

Olivier de Joie (guitare, chant), Daniel de Joie (basse, chant), Chris de Joie (claviers), Marc de Joie (saxophone), Alain de Joie (batterie 1978-83), Dorian de Joie (batterie 1983-86). 

classe

pochette ouvrante dépliée


petite affiche avec le disque

mardi 2 juin 2026

Les Calamités, À bride abattue LP (1984)

Je ne me suis pas trop cassé la nénette aujourd'hui si je peux m'exprimer ainsi avec l'unique album des Calamités paru en 1984 produit par Lionel Herrmani et sorti chez New Rose. Neuf morceaux dont quatre reprises, ce qui fait beaucoup mais comme je l'écrivais dans un article précédent, les études passaient avant la musique pour le trio Odile Repolt, Caroline Augier et Isabelle Petit donc les compositions originales furent limitées en nombre. On trouve quand même un titre inédit sur le tube, Muguetet pas mal d'archives live ou passages à la tivi. Egalement à lire ou relire l'excellent papier de Renaud Sachet sur Section 26. Voilà, l'album est archi-connu donc je la fais courte. Sans être génial, ce disque qui a connu un beau petit succès critique vaut bien d'être découvert ou redécouvert. Toutes les nuits qui fut leur premier simple et Envers et contre tout (K7 Les Electriques) resteront à jamais mes titres préférés de ces charmantes filles de Beaune, ici en 2022, toujours aussi élégantes.

jolies couleurs qui annoncent une jolie playlist sur Internet Archive, j'aime.




samedi 30 mai 2026

Les Invendables, Ripa/Pipo 7" (1988)

Le punk oi! à saxophone atypique des Invendables de Blank ex-Garçon-Boucher encore à l'affiche sur Haar brut et pour la dernière fois puisque j'ai fait tourner tous leurs disques désormais. 
Essayer de combler l'attente insoutenable avant le grand match de tout à l'heure et surtout parvenir jusqu'au coup d'envoi sans être dans un état de décomposition avancée, sans être obligé de fermer un oeil pour éviter de voir double, le défi permanent... La partie s'annonce épicée, les deux cousins de malta qui sont vraiment de chics types et que j'adore sont des Gooners. Arf
Arsenal c'est mon premier match en Angleterre, en 1990. Six livres la place...

Ce disque est sorti en 1988 chez Squale Records et les 20 dernières secondes de Ripa sont celles que je préfère. Message personnel et comprenne qui pourra :  Ripa, Pipo tout concorde. 

bon c'est pas toussa mais on lui sert quoi au p'tit chauve dans son slip du PSG ?


insert promo

Ripa ! Ripa !




0-1 pour Villa, but du grand David Platt 

j'y suis retourné à Highbury quatre ans plus tard, ils construisaient les sièges, c'était le chantier, la fin des tribunes debout en Angleterre. Je suis rentré, ai foulé la pelouse, j'ai mis quelques brins d'herbe dans ma poche et évidemment en état d'ébriété le soir-même je n'ai plus su ce que j'en avais foutu (mais je m'en rappelle encore aujourd'hui). (super)


jeudi 28 mai 2026

Oberkampf, P.L.C. LP (1983)

Après plusieurs maxi 45t dont certains déjà cités sur ces pages, Oberkampf est bien décidé en 1983 à enregistrer son premier album. Les entretiens de Buzzonweb et Red Skinheads de France sont super intéressants, on y apprend que Pat Kebra apporte un budget prévisionnel de 100 000 francs prêtés par sa banque à Patrick Woindrich qui co-produit le disque, qu'il veut du 24 pistes, du gros son, et malheur ils choisissent... le studio Garage (aïe, 1983 rappelez-vous) ! Tu as beau avoir aujourd'hui le meilleur matériel pour écouter ce 33t, je doute que le rendu soit totalement satisfaisant, le son sera toujours aussi pourri et caverneux ou alors c'est un problème d'esgourdes, de perception. D'ailleurs Pat Kebra confirme ce que racontait Tai-Luc au sujet d'Aujourd'hui et demain..., en répondant au mec de Buzzonzweb qui lui assure fort justement que c'est un très bel album : - c'est raté pour moi, à cause du son".  
Le son je m'y suis certes habitué depuis les années 80, les morceaux que j'adore comme Payé armé, Tout ce fric, Johnny sois mauvais, je les ai découverts et aimés tels quels - je les aime toujours - mais ils auraient pu avoir une autre gueule avec une production digne de ce nom. Les textes désabusés et dépressifs de Joe Hell qui sont en tous points remarquables, les belles mélodies torturées de Pat Kebra, auraient pû être sublimés. Ok, ça reste du punk rock, et finalement le son contribue peut-être à la noirceur radicale de l'album mais quand même... c'est dommage. Les Garage Sessions sonnent tellement mieux mais je ne les ai qu'en numérique.
Le titre de l'opus n'est pas choisi pas hasard, ils en ont réellement Plein Les Couilles... Ras le citron de se presser leur propre jus jusqu'à la dernière goutte et qu'au final le groupe ne leur rapporte pas de thune, d'essuyer moults refus de la part de maisons de disques, de subir des dates annulées etc. 
- Avec "P.L.C.", dit Pat, nous avions réussi à enfin déposer nos vieux morceaux qui avaient déjà 4/5 ans. Contrairement aux Anglais qui enregistraient un album par an, nous on avait mis plusieurs années et on trainait ce répertoire comme un boulet. Du coup on ne se renouvelait pas ! C’est pour ça que l’album s’appelle "Plein les couilles", on était épuisé par ces titres… Il faut dire et le redire : personne ne voulait de nous !!"
En outre il n'y a que Pat, semble t-il, à prendre son bébé Oberkampf à coeur car les autres, sitôt les concerts - qui commencent à venir après ce disque - terminés, ne pensent qu'à sortir faire la fête et ils sont crevés le lendemain. On peut raisonnablement penser que cela contribuera à provoquer la fin du groupe à la longue. Oberkampf a d'ailleurs changé de batteur dans P.L.C. : Moko a été viré et Ballat, "plus rigoureux", a pris sa place. 
Ce skeud reste pourtant un classique du rock français et Oberkampf l'un de ses fleurons des années 80 alors ne boudons pas notre plaisir et réinjectons-nous ses onze titres sans attendre. Enfin... dix pour ma part, car même aujourd'hui je ne peux toujours pas écouter avec plaisir cette reprise apocalyptique dans tous les sens du terme de Requiem pour con qui est le dernier morceau du disque. 
Le plus drôle est que cette chanson trouve le moyen de ne jamais s'achever : con, con, con, con, con, con, con, con, con, .... Le fameux sillon sans fin, le locked groove en anglais ! C'est bien fait pour ma gueule et Oberkampf ne manque pas de me le répéter ad vitam eternam. C'est le karma. 

prêt à vider son sac


pochette ouverte