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vendredi 8 mai 2026

Les Visiteurs du Soir, 1984 LP (2025)

- Poursuivant notre évolution, et désormais en duo, nous décidons en 1984 d'abandonner les guitares et d'explorer davantage les instruments qui avaient, en réalité, largement contribué à forger notre identité musicale : les "machines"! Trois synthétiseurs d'occasion, deux boîtes à rythmes très limitées, une chambre d'écho vintage et une multitude de pédales d'effets, initialement destinées… aux guitares ! 
C'est avec cette configuration minimaliste et froide que nous montons sur scène pour la première fois sous le nom de Les Visiteurs du Soir.

Ainsi s'exprime Jean-Christophe d'Arnell qui signe la musique (nouvel alias encore un, et il le conservera avec son groupe ultime Collection d'Arnell Andrea) lors d'un superbe entretien chez les Bruxellois Side-Line Magazine. Il raconte tout (en anglais) sur la transition post-D.Stop et la conception de cet album. 
1984 par Les Visiteurs du Soir a été à mon goût l'une des sorties majeures de 2025, tout simplement. Le disque que l'on n'attendait pas et pour cause, ses titres ont été composés en 84 et enregistrés 40 ans plus tard... Certes on connaissait le légendaire Je t'écris d'un pays ainsi que Le maudit grâce à la compilation Le cimetière des passions de chez New Wave Records, le premier titre ayant été également invité en 2006 à participer à la compile Born Bard Bippp, French synth-wave 1979/85, mais c'était bien tout à leur crédit. Dommage, ils avaient leur place assurée au top de la déferlante new wave de l'époque en France au même titre que les Kas Product ou Taxi-Girl.
Le nom Les Visiteurs du Soir qui est aussi le titre de l'album de Mathématiques Modernes (1981) est inspiré du film éponyme de Marcel Carné (1942) et l'album 1984 rassemble une collection de pépites plus splendides les unes que les autres. Le vent, le vent est simplement ébouriffant, tout comme le beau et dynamique Quel étrange voyage. Et que dire de cet illustre inconnu (mais plus maintenant) Benoit Broutchoux : "FOREVER!" Pour moi le meilleur morceau de l'album, enfin... à égalité avec Le temps me quitte, une évidente tuerie. Dans un rond de lumière est un vrai hit qui s'exprime enfin haut et fort tandis que le très "Kas Productien" Shock therapy est une chouette relecture du Traitement de choc de D.Stop, issu de leur premier 45t. 
Bref, on ne sait que choisir. Une écoute remarquable ce disque, avec des textes au niveau de la musique et dont les morceaux font preuve d'une étonnante modernité. Les 200 copies du premier pressage de Meidosem Records (label normand de Flamanville) sont parties comme des petits pains mais bien m'en a pris : j'ai topé le disque à sa sortie dès que j'avais eu vent de cet album déjà culte. Un second press (300 exemplaires) a rapidement été nécessaire. 1984 est également sorti en cd et K7 chez Infrastition. 
Le groupe s'arrêtera tout net le 13 juin 1985 après avoir fait la première partie des Rita Mitsouko et sans avoir sorti de disque. C'est réparé et en beauté. 

Il est acquis sans hésitation que ce disque doit figurer dans n'importe quelle bonne collection qui se respecte pour peu qu'on se délecte de ce genre de musique synthétique évidemment. A l'achat, on récupère aussi des remixes à gogo. Bonne écoute !

Pascal Andrea, auteur des textes


présentation soignée

mardi 5 mai 2026

D.Stop, Nouvelles du front. Mini-LP (1983) (RE 2014)

Attention on ne parle pas du déboucheur liquide ici, mais du groupe qui a vu le jour à Orléans en 1981, son premier nom de baptême était d'ailleurs Brigades Jaunes et la première formation un quatuor. Le groupe issu du mouvement punk orléanais se rebaptise finalement D.Stop et perd en route un de ses membres pour ne rester qu'en trio en juillet 1982. Ils enregistrent leur premier disque en autoproduction, un 45t intitulé Traitement de Choc (que je n'ai qu'en numérique). D.Stop est alors composé de Jean-Christophe "Klod Lelook" Goleau (synthés), Phil Lethon (basse, guitare) et Pascal-André "Sonny Brailleur" Fauchard (chant). 
Le groupe prend clairement le sillage de Métal Urbain avec un certain brio et ils seront aussi logiquement assimilés à Warum Joe même s'ils se défendent d'avoir commencé avant les Parisiens qui furent simplement plus rapides qu'eux à trouver un label ! (cf extrait fanzine plus bas) 
Grâce au 45t ils ont de bons retour dans la presse et sont même encensés par le magazine Best qui est alors une référence nationale en matière de rock. 
Puis ils se tournent davantage vers le minimalisme froid, laissent tomber les guitares et du même coup Phil Lethon en chemin l'été suivant, en juillet 1983. D.Stop n'est donc plus qu'un duo qui change à moitié d'identité : Klod Lelook devient Ross Darnell, Sonny Brailleur restant lui-même. Ils enregistrent dans la foulée un mini-album 6 titres de tekno punk comme ils le définissent au verso de la pochette, à Paris au DB Studio. Le disque sort chez Romance Records en 500 exemplaires : Nouvelles du front. Suivra une K7 2x2 titres autoproduite, D.Stop vivant.
Toujours en évolution au niveau musical, le binôme cessera les activités de D.Stop en 1984 pour tenter sous un autre nom une nouvelle aventure, plus conforme à leurs nouvelles aspirations, qui sera à mon avis leur summum et pourtant jamais enregistré à l'époque. Suite au prochain épisode, à ne surtout pas rater...

Infrastition a publié une intégrale de leurs morceaux en 2008 en double CD/DVD (disque épuisé).
D.Stop est enfin considéré comme l'un des groupes cultes les plus intéressants et les plus sous-estimés de la new-wave/cold wave française. En 2014 Desire Records represse le 30cm en 300 copies (ma version) et récidive en 2015 avec le 45t sous la forme d'un 10 pouces, enrichi par les titres de la cassette.

j'aime beaucoup cette pochette, très classe

l'insert

repress d'un beau rouge sang

fanzine Inquiétude n°2, Janvier 1984

vendredi 31 octobre 2025

Pochettes #12, KS

Komintern Sect, un de mes groupes fétiches de jeunesse, il me semble l'avoir documenté sur ces pages. 







vendredi 12 septembre 2025

Laudanum, System:on. CD (2002)

L'année dernière j'avais publié un petit article sur le premier single de Laudanum, le projet électronique de Matthieu Malon. Voici aujourd'hui le premier album qui date de 2002, System:on. 
Un petit chef d'oeuvre d'électro-pop expérimentale en suspension dans lequel il collabore avec Angèle David-Guillou (Russian moon) et surtout Aidan Moffat sur le fabuleux FBW, la voix caractéristique d'Arab Strap qui est l'un des groupes écossais que je vénère. 
System:on qui est son disque fondateur fut même l'album du mois et de l'année pour MAGIC en 2002. Il donne irrémédiablement envie de monter le volume et de le faire tourner en boucle créant ainsi une ambiance boite de nuit. On y retrouve d'ailleurs l'addictif Words and ideas du 45t en version éditée suivi d'un Scenes from a pornographic movie tout en apesanteur. Cet album puissant et essentiel est sorti chez Monopsone en 2002 pour entrer chez moi avec aplomb, fracassant toutes mes idées reçues. Il n'est jamais reparti, au contraire il nous arrive régulièrement d'échanger des secrets...  

grosse prise de tête pour obtenir des clichés corrects sans trop de reflets ou en respectant les couleurs d'origine. J'ai capitulé j'ai pris la photo de bandcamp, il y a des pochettes comme ça... 
© Laudanum pour celle-ci





jeudi 12 juin 2025

Reich Orgasm, Sex and destroy 1978-1985 LP (2011)

Les mythiques Orléanais Reich Orgasm que David Euthanasie avait eu la riche idée de compiler en 2011 dans ce Sex and destroy avec sur la première face trois titres de leur unique démo de 1980, deux répétitions de 1982, et un extrait de concert le 31 décembre 82 (Chômage qui est une adaptation de Shadow, titre du groupe londonien The Lurkers). 
En face B il s'agit d'un gig au Rock d'Orléans datant du 9 mai 1982. Les morceaux de ce concert s'enchainent sur le disque mais je me suis permis de découper les plages. Le tout tiré à 500 exemplaires avec poster. Un disque for fans only dirais-je, que je m'étais empressé de saisir à sa sortie. 

Notons que sur le verso de la pochette, le visage de Vanden le batteur de Reich Orgasm et co-fondateur de Chaos Productions est systématiquement masqué par une étiquette "50F00" : c'était son choix et sa condition quant à la sortie du disque !  Cette trentième référence d'Euthanasie fut réalisée comme d'habitude avec l'appui du groupe. La pochette est une photo de Jean Zindel prise au Zig-zag dans laquelle on reconnait Punky de Komintern Sect levant le poing au premier plan (et au fond, un Civil Radio). Ces infos venaient directement de David 1904 sur Keponteam à l'époque de la sortie du 33t.




poster


dimanche 11 mai 2025

Komintern Sect, Les uns sans les autres. Mini-LP (1986)

Certains groupes, certaines voix, ont marqué ma jeunesse. Je les écoutais sans relâche, je les faisais écouter à mon entourage quasiment toujours sans succès, et leurs morceaux me restent toujours en tête aujourd'hui. L'un de ces groupes c’est Komintern Sect, l'une de ces voix c'est Carl le chanteur de KS et elle ne s'éteindra jamais !
Lorsque j'ai lu la nouvelle hier soir, j'ai d'abord cru à une horrible fausse rumeur, mais ce matin c'est malheureusement confirmé sur la page officielle de Komintern Sect : Carl s'en est allé. 
Il souffrait de la maladie de Charcot et ses jours étaient comptés on le savait, mais aussi vite c'est un peu le choc. Tant mieux finalement, le calvaire est fini, car il a dû en chier et ses proches aussi avec cette maladie de merde qu'on ne souhaiterait même pas à son pire ennemi. 
Carl rejoint Jano le bassiste décédé en 2012 d'une rupture d'anévrisme et en hommage à ces deux gaillards qui ont hissé le punk-oi! français aux sommets, voici le troisième et dernier classique du Komintern Sect des années 80 : Les uns sans les autres, acheté à la Fnac de la rue de Rennes à Paris à l'époque.
Ici vous lirez un chouette entretien de 2022 avec Carl. 
Komintern Sect en 1986 c'était Carl Jahier (chant), Jano (basse), Thomas Viallefond "Tomoï" (batterie), Stéphane La Brande "Punky" (guitare), Olivier Votelet "Vovot" (guitare). 

Une page se tourne définitivement et c'est triste. Heureusement il reste les disques qu'on continuera d'écouter, jusqu'à ce que notre tour vienne. 

pochette de Samuel "Milouf" Roux




Carl KS (1964-2025) (photos prises sur sa page FB). "Safe travels, mate"

Carl et Jano au Chaos Festival, salle du Baron à Orléans 20 octobre 1984 (photos Jean Zindel extrait du bouquin de 2012 sorti par Euthanasie)


jeudi 20 février 2025

The Mobile Hoovers, S/T 7" (1989)

The Mobile Hoovers fut un groupe d'Orléans composé de trois Français - Hervé (guitare), Patrick (basse), Sylvain (batterie, choeurs), et un Anglais - Jake (chant et guitare). Sylvain a joué dans Infra Rouge un groupe punk d'Orléans. J'ai un enregistrement d'un groupe Infra Rouge sans trop d'info avec trois super morceaux bien dans le ton skunk des années 80 : Dans la rue, Guerre froide, Jeanne la Pucelle et vu le dernier titre c'est le même groupe. 

The Mobile Hoovers ne produisirent qu'un seul 45t ici présent, enregistré au studio A7 à St Jean de la Ruelle dans la banlieue orléanaise, mais jouèrent plusieurs concerts dont une première partie de Noir Désir dans la ville de la célèbre Pucelle. 
Ce single d'excellente facture offre deux compositions faisant la part belle aux guitares, solides et efficaces, chantées en anglais : un sympathique Urban cowboy, clairement le single, avec le petit passage d'harmonica qui va bien, et Lizard dont on trouve un clip de l'INA sur Youtube, plus sec et plus nerveux vers lequel va ma préférence.
Production 2F Des Disques qui aurait du être distribuée par GMG mais le groupe se retrouvera avec 1000 exemplaires sur les bras si j'en crois l'article d'Abus Dangereux publié plus bas. 
Ils enregistrèrent ensuite trois titres à Radio France Orléans dont le magnifique Ghosts of Marston Moor qui seul figurera sur un disque, disque qui aurait pu être un sacré tremplin : la compilation Contresens des Inrockuptibles (dans les versions K7 et CD). On a fait pire mais que nenni, on n'entendra plus parler de The Mobile Hoovers malgré la note dans Contresens qui annonce pourtant un album à paraitre chez Boomerang*(sic) / Danceteria. Le morceau de la compile évoque la Bataille de Marston Moor qui eut lieu dans le Yorkshire en 1644 pendant la Première guerre civile anglaise et impliqua des troupes écossaises de chaque côté des belligérants : les royalistes de Charles 1er et les traitres se battant pour l'infâme Oliver Cromwell. La peste et le choléra. 
The Electric Light Orchestra en fit également une chanson, bien avant nos Aspirateurs Mobiles, en 1971 sur leur premier album. 
L'oeuvre de nos Orléanais démonte sans coup férir celle, indigeste, des Brummies. Orléans 4 - Birmingham 0

* Boom Rang


Abus Dangereux, face O - février 1990



vendredi 31 janvier 2025

Komintern Sect, Dernier combat LP (1985)

Komintern Sect, Dernier combat sorti en septembre 1985 chez Chaos Productions. Un des disques qui m'a le plus marqué au cours de mon adolescence, et qui est donc l'un de ceux qui a le plus tourné sur ma platine. 
Après Les seigneurs de la guerre que j'ai évoqué précédemment, les Orléanais revenaient deux ans plus tard avec leur deuxième album. En fait, je ne l'apprenais qu'au printemps 86 en reconnaissant avec stupéfaction et excitation la voix de Carl sur un morceau que je ne connaissais pas, diffusé à la faveur d'un reportage "Supporters" sur Antenne 2 et consacré aux supps du PSG. Emission immanquable pour mes frangins et moi. Ce morceau : le cultissime Dans les tribunes évidemment. (Dans le doc on reconnait Fabian Guyomarc'h, figure du microcosme skin/hooligan parisien, qui est également fan de West Ham - ô hasard- et que le PSG embauchera même un certain temps pour faire la médiation avec les plus durs de Boulogne).
Je n'eus alors de cesse de pécho cet album et ce fut chose faite en novembre de la même année chez New Rose, forcément. Ce fut ainsi la grande découverte de l'album en entier et ses morceaux qui depuis sont tous devenus de grands classiques du genre, pour ainsi dire des hymnes même. Tous ? Tous sauf un.

Dernier combat et ses titres légendaires ont été en rotation un nombre incalculable de fois, à l'exception d'un : Sonia. Morceau indéfendable pour certains et beaucoup n'ont jamais pardonné. Komintern Sect règlera ses comptes avec eux dans son troisième album Les uns sans les autres (1986) qui sortira vite derrière et que je publierai rapidement cette année.
Encore aujourd'hui je n'écoute pas ce morceau qui est une anomalie naïvement maladroite, je dirais même, a fortiori aujourd'hui... Pas plus que je ne peux regarder à nouveau le film Irréversible et ses scènes insoutenables. 
Komintern Sect commentait dans le fanzine No Government (n°4) : 
- Sonia est une chanson qui se veut essentiellement provocatrice. Les gens sont choqués de nous entendre parler de viol de façon si désinvolte. Mais ce sont ces mêmes gens qui ne bougent pas quand une pauvre nana se fait violer sous leur nez."
Punky ajoutait en 1997 toujours dans No Government mais le Hors-série n°1: 
- Pourquoi prendre un morceau comme "France" au second degré et pas Sonia ? Nous n'avons jamais violé qui que ce soit, ni même rencontré une quelconque Sonia."
Fin du dilemne, à savoir devais-je l'inclure dans la playlist ou carrément la zapper ? Il suffira de ne pas l'écouter, musicalement c'est pas terrible de toute façon, mais hors de question que je mutile ce disque car quoiqu'il en soit, il m'est très important et sa place est chez Haar brut. Il occupe un rang de choix dans ma hiérarchie de skeuds punk et oi! 
L'album a été enregistré aux studios WW à Paname et comprend deux morceaux live (Nation païenne et Tous ensemble) extraits du Chaos Festival qui eut lieu dans la salle du Baron à Orléans, le 20 octobre 84 ainsi qu'une adaptation osée de Jacques Brel, Amsterdam. 
Pour la petite histoire, Dernier combat aurait pu s'appeler Les années d'acier et lorsqu'Euthanasie Records l'a repressé en cd et lp (2009-2010) David 1904 nous avait fait découvrir les différentes maquettes susceptibles de devenir la pochette de l'album. Je me suis amusé à en faire une petite mosaïque avec ma faible technique. (voir plus bas) 
Dirty Punk Records a également ressorti l'album en 2020 dont une version avec un disque... couleur jaune bière ! Slurp.

Maintenant les mauvaise nouvelles : le chanteur charismatique Carl Jahier a malheureusement annoncé l'année dernière qu'il est atteint de la maladie de Charcot, cette vraie saloperie incurable. Son temps est tristement compté. La maladie progresse aies-je lu cette semaine sur sa page FB, mais il compte mettre à profit ce qui lui reste de vie pour encore découvrir et faire des choses. Komintern Sect a joué ce qui sera pour toujours son dernier concert le 29 novembre 2024 à La Marbrerie à Montreuil (photo) avec Carl, force de la nature, au micro en fauteuil... Le dernier combat.
Un film est actuellement en projet, intitulé Quand Jeanne d’Arc était punk, écrit et réalisé par un ami de longue date de KS, le producteur de musique et réalisateur orléanais, Richard Minier. Un financement participatif est en cours et pour en savoir plus cliquez sur le titre ci-dessus. 

pochette de Samuel "Milouf" Roux


le cd d'Euthanasie et ses goodies

les maquettes "pochette"


impressionnante photo du concert de Montreuil "Le dernier combat " (propriété de Angels with dirty faces Photobook)