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mardi 3 mars 2026

Gestalt, Le sommeil du singe LP (1987) CD (RE 2008)

Gestalt s'est formé en 1982 à Lyon, composé de Jack Bourguignon (chant), Thierry Cottin (guitares), Vincent Dubois (claviers), Giles Pollet (basse), Philippe Estève (batterie) + les accordéonistes Eric Gallay et Sylvie Chareun. Le groupe n'aura produit que ce 33 tours, Le sommeil du singe, qui fut salué par la critique mais sans pour autant lui permettre de signer sur un label. Une anomalie de plus dans le monde du rock français. Le niveau des textes (en Français svp) et des superbes compositions est tel que ce disque constitue encore aujourd'hui un des plus beaux fleurons de la coldwave de ce pays. Dans le genre, Mille nuits est un de mes morceaux favoris de tous les temps. 

Le titre de l'album Le sommeil du singe est tiré d'un poème de Jean Raine (le père de l'auteur de la pochette) et "la peinture était censée représenter Tintin à Shangaï en plein délire sous opium fantasmant sur les seins de la Castafiore", explique Pierre Raine sur sa page Insta (voir plus bas).

Lorsque j'ai acheté ce 33 il n'y avait pas de pochette intérieure et à vrai dire j'ignorais qu'il en existait même une. L'internet m'a évidemment montré le contraire. Fort heureusement le chouette label Infrastition a repressé cet album en cd en 2009. Sont venus s'ajouter au LP trois super morceaux inédits enregistrés en 88, après une petite série de concerts en Suisse et en Allemagne. Un livret avec biographie, pléthore de photos et textes du LP agrémente ce bel ouvrage qui est épuisé depuis longtemps. J'ai déjà vu l'album passer plusieurs fois en ligne (sûrement le même fichier réchauffé quinze fois, il y a des spécialistes) mais jamais avec la pochette intérieure du vinyl ou le livret du cd. Pas de réchauffé chez moi, ici c'est peut-être vieux mais c'est toujours du frais, ripé du jour (le cd). Et c'est cadeau surtout.




le CD
bio, photos, textes

vendredi 27 février 2026

Marie et les Garçons, S/T. LP (1980/2015)

C'est l'intervention de Ness, lecteur du blog, dans l'article sur Compartiment Fumeur qui m'a incité à repasser hier soir sur la platine l'unique album du groupe lyonnais Marie et les Garçons, que j'écoute très peu à vrai dire. 
Il s'agit dans mon cas du pressage (épuisé) de chez Feedback, la division de rééditions de Gonzaï Records, paru en 2015. Cet album a été diffusé moultes fois sur la toile, l'histoire du groupe est en ligne un peu partout, ici , et là aussi par exemple. J'avoue que j'écoute rarement le disque d'une seule traite, je faiblis régulièrement à mi-parcours mais le début de la face A est assez remarquable avec en point d'orgue le génial Mardi soir, mon titre de prédilection. Hier soir j'ai pourtant fait l'effort et j'ai écouté l'album en entier, finalement avec plaisir. 

Et en fait cet album, ou plutôt cette fameuse pochette avec le polo favori des p'tits bourges de ma jeunesse m'a donné le prétexte pour créer un petit coin mode vestimentaire dans Haar brut, histoire de parler chiffons pour changer ! 
Le polo Lacrote ne m'a jamais fait envie avec son croco à la con même s'il est lié au surnom de son champion de créateur. Bien au contraire il m'a davantage braqué. La faute à ceux qui le portaient je suppose, ceux qu'il m'est arrivé de cotoyer au lycée en tout cas. Je bavais plutôt sur le Fred Perry bien plus classe, plus viril, le polo emblématique des mods et des skins en Grande-Bretagne, des masses populaires, quoi. Loin des fils à papa... mais au final tout aussi cher..., putains de champions de tennis ! 

Conclusion, ces polos furent longtemps en fin de compte le cadet de mes soucis car hors de ma portée (de ma bourse, plutôt). Devenu adulte et membre actif de la société (de consommation), à coups de Noëls et d'anniversaires aussi, je me suis un peu rattrapé depuis. 
Lorsque j'ai rencontré Laurent de Les Bof! et de The No Things pour la première fois, à mes débuts à Edimbourg au boulot (il y a 23 ans, bordel !), il avait les cheveux courts et ne portait que du Perry, pull, polo etc. j'avais tout de suite tilté. Ensuite, toujours au taf mais bien plus tard, est arrivé Luigi R., skin italien qui était alors le guitariste de Brassknuckle, groupe oi! d'Edimbourg, il était difficile de l'ignorer. Bref, on arrive toujours à se reconnaitre et toujours on s'accorde entre polos et prolos de bonne compagnie. 
J'ai fait un peu de repassage, le défilé de la garde-robe a lieu plus bas.

 





les deux premiers, que je chéris
le plus beau selon moi, l'anthracite
le kaki est classe aussi, le bleu "France" de la collection Euro 2016. 
à manches longues, très seyant pour l'hiver

beaucoup plus abordable et tout aussi combatif : le Ben Sherman



vendredi 10 octobre 2025

Kro Men, On peut rester actif après une petite bière. 7" (1994)

On peut rester actif après un petite bière être skinhead et avoir des réflexions philosophiques basiques mais décentes sur l'humanité comme dans Fin de millénaire. L'humanité qui continue d'accentuer aujourd'hui son côté toxique flagrant. Les exemples sont tellement multiples et moches en 2025 que je les passerai sous silence car tout le monde les lit tous les jours dans les journaux (les vioques), le web (les moins jeunes) et les réseaux sociaux (majoritairement les cons décomplexés). 
J'ignore pourquoi Randu a décidé d'en finir à 21 ans le 7 février 1996 mais sous ses airs de rebelle fun il devait en avoir gros sur la patate. Paix à son âme. Avec les frères Duduche, le trio Kro Men signent ici leur premier 45 tours et ce sera mon dernier disque de Colmar il me semble. Le dernier des Kro Men en tout cas, il n'y en a pas d'autres. Ce single fait suite à la cassette Kro men... Et fiers de l'être (1994). K7 au tirage rapidement épuisé (120 copies), qui séduisit tellement Pascal Giraud du label gone Lion Records qu'il décida de produire leur skeud la même année. 
On peut rester actif après une petite bière et même plusieurs. En France on boit surtout des petites bières et le demi j'ai toujours trouvé ça petit, voire mesquin. Une pint mon gars, une pint. Et après plusieurs on peut aussi raconter n'importe quoi. Comme avec mon vieux pote breton Pierrick dans le temps lorsqu'on éclusait les bars kabyles du vieux Paris à pas d'heures. Mieux vaut se taire alors et écouter les Kro Men plutôt que les saoulots du quartier. Et si on n'aime pas, on peut aussi foutre le camp ailleurs. Oi !

super Kro to the rescue !

ouvre-bouteille crucified de classe 

insert




mercredi 30 juillet 2025

69 K-Rats, Légion Connerie. Maxi 45t (1986)

Unique autoproduction de 1986 du groupe lyonnais 69 K-Rats qui ne va certes pas égayer les vacances de ceux qui sont en congés mais ne peuvent s'empêcher de jeter un oeil sur le blog entre deux coups de soleil. Pensez aux crèmes, sinon restez à l'ombre et profitez de l'ambiance peu chaleureuse de ce maxi. Je n'avais pas écouté ce disque depuis longtemps et pour cause, il est assez pesant dans son genre punk new wave morose avec sa vision de la vie peu réjouissante mais un disque attachant toutefois. 
Musicalement, il parait évident qu'Oberkampf a du être une source d'inspiration pour 69 K-Rats et perso je préfère nettement la voix trainante et moins criarde de Chris à celle de Joe Hell, quitte à faire hurler un ou deux lecteurs chauves. Les textes quant à eux sont clairement anti-militaristes et "no futuristes" à souhait.
Après enquête, je suis parvenu à poser des noms sur 69 K-Rats : le groupe est un trio composé de Christian Pernin (chant), Philippe "Filiber" Bertrand (batterie + clarinette sur le très lent Reste avec moi), et Frank Cavet (guitares).
La pochette illustre la Légion Connerie par excellence, qui n'est autre ici que la section prémaritime de l'Opera Nazionale Balilla, organisation de jeunesse mise en place sous le régime fasciste de Mussolini. Des mousses dirait-on en Français (marinaretti en Italien). Voila pour l'aspect historique. Le disque n'est pas une nouveauté du net mais on en apprend quand même un peu plus qu'ailleurs sur Haar brut, hein. (Il faut bien que je me passe aussi un peu de crème sur le boulard de temps en temps...)

moussolini


Gones obligent, faces 6 et 9

insert que je n'ai jamais eu (pris sur discogs et assez lisible pour suivre les textes)


mardi 1 avril 2025

Crève-Coeur, L'aube se lève toujours 10" (2012)

En 2010 à Lyon les ex-Partisans Rom, Norb's et Math se retrouvent, avec l'envie de refaire de la musique ensemble. Ils souhaitent inclurent un cuivre et se tournent vers une de leurs connaissances : Antoine le saxophoniste des Buttshakers, groupe de soul lyonnais, qui les rejoint. Enfin ils rencontrent Steph Poulpe de Saint-Etienne dans cette scène punk redskins de la région, qui prend le micro. 
Le groupe se stabilise pour répéter et enregistrer en 2011 au studio Golgoth 43 son unique disque : L'aube se lève toujours, qui sortira l'année suivante, fruit d'une co-production Maloka, Solitude Urbaine, Rudy's Back, General Strike et Red Head Man. On peut glaner quelques infos dans un petit entretien de Mathieu le bassiste de Crève-Coeur dans l'émission de radio québécoise Sous pression

Le 25cm ressemble à s'y méprendre à un disque des Partisans mais c'est un peu logique. Il se compose de huit morceaux de punk soul ska mariné dans de la sauce (rouge) politique. Il manque peut-être à l'ensemble un  soupçon d'étincelle pour vraiment exploser mais l'album est quand même de très bonne facture. Il fut pendant un certain temps en vente sur bandcamp mais impossible de le retrouver, donc je mets ma playlist. 
Le groupe sera éphémère : Antoine arrête dès 2012 (autre projet musical) ainsi que Steph (projet de voyage). Le trio des ex-Partisans jouera donc les derniers concerts sans eux avec Romu au micro, puis stoppera.
L'histoire des Partisans comme on l'a vu précédemment reprendra son cours quelques années plus tard. 



insert avec indice politique...



mercredi 26 février 2025

The Strikers, Riots in Brixton 7" (1988)

Continuons dans le 45t, restons en 1988, mais migrons un peu plus au sud : à Toulouse, ville dans laquelle ont sévit brièvement The Strikers, que l'on a déjà écoutés sur la compilation An emotional beat in a world of fury (1988) avec le morceau Losing you. 
Tout comme The Mobile Hoovers"Les Grévistes" de la ville rose étaient emmenés par un Anglais, Neil Harris, éprouvé par les émeutes raciales de Brixton de 1981 dans lesquelles il semble s'être jeté corps et âme. Enfin il a surtout jeté des pavés sur la maréchaussée londonienne si j'en crois l'article plutôt complet d'Abus Dangereux (plus bas) et dans la foulée a fondé un groupe rockabilly The Psychotics. 
Puis vint le temps des vendanges dans le sud-ouest de la France et sa rencontre avec Bernard Rochefort le manager d'un groupe local en instance de split (Rocky Grazziano et ses Puncheurs) qui cherche un chanteur. Neil se joint donc aux frères Guiraudet, Robert "Robot" et Nicolas "Latex" (respectivement basse et batterie), Didier Richefeu (guitare solo, ex-Courrier de Lyon) et Eric Subra alias Ricky "Banlieue" (guitare rythmique, ex-Vespa Bop). Eric est malheureusement décédé le 4 décembre 2024 (cf commentaire de son frère Didier, voir plus bas). Repose en paix Ricky...

The Strikers enregistrent le disque à Londres, profitant des connaissances de Neil Harris dans la capitale anglaise, mais comme pour le skeud publié hier, celui-ci, sorti chez Gymnote Mission (Lyon), ne reflète pas l'énergie voire la sauvagerie tendance psycho qui étaient semble t-il déployées en concert par le groupe (surtout par le chanteur à la forte personnalité). Ces deux morceaux à l'excitation contenue sont pourtant excellents : du rock vraiment emballant même si ok un poil trop sobre pour ces fameuses Riots in Brixton et plus rock garage, plus tendu, pour Pay day mais c'est normal : il est question de fric. 
On l'a compris aux titres, l'ambiance sociale détestable des années thatchériennes au Royaume-Uni est bien palpable dans ces deux faces. Le groupe s'est (peut-être trop) appliqué pour ce premier enregistrement, au détriment de leur fougue naturelle mais franchement le single n'en respire pas moins la classe. 
Outre les gigs, The Strikers projettent ensuite de retourner à Londres enregistrer un mini-lp 5-6 titres mais finalement tous ne pourront pas effectuer le voyage. Le groupe se scindera en deux et cessera d'émettre pour de bon. 
Parmi mes sources cette (décidément) excellente page d'Archives du Rock Toulousain). 

Didier et Ricky devant, le géant anglais derrière avec les frangins Guiraudet


l'insert


Abus Dangereux Face G juin-septembre 1988