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lundi 27 octobre 2025

Camera Silens, Rien qu'en trainant. Mini-LP (1987)

Rien qu'en trainant, c'est exactement de cette manière que j'ai trouvé ce disque chez Nuggets à Limoges en 1987. Je n'étais pas au courant d'un deuxième album donc la joie fut de taille. La surprise aussi à la première écoute, comme tout le monde je suppose. J'en fus même à me demander s'il s'agissait bien du même groupe mais la photo du verso était une preuve irréfutable. Espoirs déçus finalement vite expédiés aux oubliettes avec ce titre magnifique dédié aux réfugiés fuyant la guerre d'Espagne et venus s'installer à Bordeaux. Le beau texte est écrit par Eric Ferrer le bassiste et j'ai adopté sur le champ cette composition définitivement convaincu que ce mini-album deviendrait un de mes classiques favoris. La cause était acquise.  
J'ai aussi la réédition cd d'Euthanasie (avec les titres supplémentaires) mais le rip est celui du vinyle original. Le son y est meilleur que sur le cd. 

En ce qui concerne la genèse de ce mini-album, je cite Euthanasie : 1986 est l'année bascule, dominée par les nouveaux démêlés judiciaires de Gilles. De surcroît, le groupe, quelque peu lassé des circuits alternatifs, aspire à d'autres sphères. Après une période de break et sous la houlette de Benoît, Camera, amputé à nouveau d'un de ses membres principaux, réoriente radicalement sa musique. Une âme jamaïcaine domine dorénavant le son du groupe : compos et reprises à tendances rocksteady reviennent aux sources de la culture skin anglaise des sixties. Camera s'est adjoint un nouveau manager, Jean-Marc, et de nouveaux musiciens : un saxophoniste, François, un percussionniste, Alain, et des choeurs en la personne de Manu. Par ce tournant radical, la formation se coupe d'une bonne partie de sa base, celle-là même qui avait contribué à son tonitruant succès. Mais il s'agit à ce stade de rompre avec un passé plutôt lourd. Benoît et ses comparses des débuts doivent couper le cordon d'un entourage rendu invivable par les problèmes liés à l'abus de drogue, d'alcool et de péripéties concomitantes... Le manifeste public de cette rupture se fait lors de l'émission Décibels sur FR3, diffusée le 12 décembre 1986. Ce moment reste un souvenir douloureux pour Benoît qui était en conflit latent avec les autres membres de sa formation sur la question du changement du nom du groupe. Malgré tout, ce passage à la télé remet véritablement Camera sur les rails qui retourne en studio en février 1987, cette fois-ci au chalet. De cette nouvelle phase sortent deux galettes : le 45 tours Comme hier, qui donne lieu à un second passage dans Décibels le 30 juillet 1987, et l'album 6 titres autoproduit Rien qu'en traînant. Ce dernier marque véritablement l'ultime étape pour Camera qui splite en mai 1988." 

Le 45t Une nuit qui sortit en même temps que l'album a été réédité cette année par Une Vie Pour Rien, une super nouvelle que je n'ai pas laissée passer sans agir, évidemment.

Pour la petite histoire, Haar brut s'est d'abord appelé Comme hier, inspiré par le titre d'ouverture du disque. Ceci avant que je ne me décide à le mettre en ligne et avant que je ne trouve un nom un peu plus original, d'où l'adresse web du blog. cqfd. 


dédié à Gilles Bertin et Didier Vialard l'ancien manager


chronique du magazine Nineteen n°23, Juin 1987


dimanche 25 mai 2025

Stéphane Oiry, Les Héros du peuple sont immortels. La cavale de Gilles Bertin. BD (2025)

Ayant appris cette sortie la semaine dernière, je me suis précipité pour l'acheter. Album reçu quelques jours plus tard (je dois dire que la Fnac assure grave en terme de frais de port et de vitesse d'exécution. Je n'hésite jamais à commander chez eux en ligne lorsque l'occasion se présente). 
De la BD sur Haar brut, ça nous change. Sans être un geek, j'ai toujours été fan de bande dessinée. 
Je viens de finir les 125 pages de l'ouvrage ce soir et en fouinant un peu je découvre que Section 26, toujours à l'affût des trouvailles, vient de publier un bel article (hier) sur cette oeuvre de Stéphane Oiry. On est synchron', c'est cool. 
Une chouette lecture, facile à trouver, pour les fans de Camera Silens et ceux qui ont été touchés par la vie de Gilles Bertin. Livre sorti chez Dargaud. Un complément très sympa des livres déjà publiés sur Camera Silens et la fameuse cavale de Gilles Bertin. 
Avec une émouvante conclusion de Cecilia Miguel, sa compagne.


















Edit Mai 2026 - la version portugaise du livre "Trente ans de cavale".







 

vendredi 16 août 2024

Camera Silens, S/T LP (2011)

Je vais la faire courte parce que Camera Silens, on ne les présente plus. 
Encore un disque magnifique de David 1904 Berrué. J'écoutais son intervention sur Des poches sous les yeux et ses explications sur l'arrêt brutal (pour nous) d'Euthanasie Records cet après-midi. Bien dommage, il ne me restait plus qu'à convoquer un meeting de crise avec mes glaouies mais elles se sont faites porter pâles encore une fois les garces. Haar brut le label, pas pour demain. Par contre dans un registre tout neuf, Contrecultours, oui ! 

Enregistrements de 1982-83 en première face de ce skeud avec les premiers éléments de Camera, et en 2000 pour la face B, Camera Silens après Gilles et Philippe, tout aussi immense, il n'y a qu'un Camera Silens.
2000 fut l'occasion d'une furtive reformation pour l'enregistrement de ces trois morceaux, à l'occasion de la réédition cd de Rien qu'en trainant qui sortira trois ans plus tard chez Euthanasie.
A1 : Enregistré au studio du Manoir à Léon en 1983 
A2 to A4 : Enregistrés à Toulouse en décembre 1982
B1 to B4 : Enregistrés à Bordeaux en 2000

Le repress (voir ci-dessous) est à 30 euros dans la boutique officielle de Camera Silens.

La pochette noire sérigraphiée (500ex) s'est abîmée assez facilement avec les ans et sûrement mon peu de soin donc j'ai légèrement joué avec mon app gratos pour éliminer les usures sur les bords. Le rip est l'original. 

sublime pochette sérigraphiée (pas mécontent de ces 23èmes et 17èmes clichés pour obtenir une photo potable)


insert


le repress de 2016. Pas pu m'empêcher de le pécho à sa sortie. Une pochette d'une simplicité classieuse


les indispensables, les must-read. 


jeudi 4 juillet 2024

Camera Silens, Réalité LP (1985)

Un de mes classiques chéris, qui ne fut pourtant pas un coup de foudre lorsque je l'ai fait tourner la première fois sur la platine. 
Acheté 56 francs (à peu près 8,50 euros) chez New Rose en 1986 pour le morceau Squat et son intro de basse géniale que j'étais parvenu à enregistrer sur une K7 pérave au cours d'une émission de radio FM, probablement Radio Trouble-Fête (Limoges) qui a grandement contribué à ma culture musicale. Ce fut un achat par opportunisme car en fait les morceaux de Camera Silens figurant sur les compilations Chaos Productions (Pour la gloire, Semaine rouge) étaient loin d'être dans mes charts punk perso. Mais j'étais là, il était là : trop beau, trop tentant. Tiens, je viens de regarder par curiosité son prix sur discogs : un type le vend 399 virgule 99 euros (encore un fomb qui se prend pour un hypermarché). Remarque, la boutique du site de Camera le met à 160... 
Autant leur acheter une des belles rééditions d'Euthanasie à 14 euros. 
Ce disque a près de 40 ans, et tout le monde l'a sûrement au minimum déjà sur ses disques durs. 
En fin de compte, ces années d'écoute me l'ont rendu indispensable. Autant pour la musique et ce son de guitare unique que pour les textes vraiment très sombres dans l'ensemble qui dépeignent leur vie marginale avec sincérité : squats, drogues, prison, alcool, violence certes mais aussi fêtes, délires, amitiés et unité. Je ne peux que recommander la lecture du bouquin incontournable initié par Patrick Scarzello Camera Silens par Camera Silens* et le livre du regretté Gilles Bertin Trente ans de cavale, ma vie de punk** qui sont des ouvrages que j'ai trouvé remarquables et prenants dans leur intégralité, que je relirai avec certainement un plaisir intact.

L'idée de monter un groupe ensemble germe courant 1981 dans la tête de Gilles Bertin et Benoit Destriau, très motivés à être punk et à faire peur aux gens*. Ils choisissent ensemble le nom du groupe qu'ils trouvent dans un livre sur la bande à Baader, Fraction Armée Rouge qui les fascine : Camera Silens, les cellules d'isolement sensoriel total destinées aux terroristes dans les prisons allemandes.
Ils connaissent Philippe Schneeberger depuis 1980 et comme celui-ci est un vrai musicien (il a une formation de batteur jazz et joue de la batterie depuis le début des années 70), Gilles et Benoit le débauchent, c'est le cas de le dire... Beaucoup trop car celui qu'ils appellent le Schné finira par fuir et disparaitre dans la nature avant que l'album Réalité ne le devienne... 
Gilles prend la basse et le chant, Benoit la guitare et chante également. Ils parviennent à "se dégotter" du matos (amplis etc.) - ce qui leur vaut une garde à vue et 6 mois de prison avec sursis -, composent comme ils peuvent et rapidement les premiers morceaux sont prêts.
Ils commencent à jouer en concert, toujours suivis par une cohorte d'ami(e)s fidèles principalement punks et squatteurs. Un following où qu'ils jouent, quasi à l'anglaise. En octobre 82 le groupe se voit convié par l'association Rockotone au festival Boulevards du rock qu'elle organise avec FR3. Camera Silens finit second derrière un groupe qui s'appelle Noirs Désirs, qui se désiste finalement suite à une querelle interne, et c'est notre trio de pieds nickelés qui récolte le prix prévu pour le nominé : l'enregistrement d'un album !   
Outre ce prix, l'accueil favorable du festival les conduit aussi vers l'enregistrement d'une maquette au studio Deltour à Toulouse. Quatre morceaux sont mis en boite: Suicide, Semaine rouge, Squat, et Camera Silens. Ils participent également aux deux compilations Chaos.

Cependant, un problème survient : Gilles se fait coffrer pour de bon cette fois à la prison de Gradignan, pour deux braquages de villas : 9 mois fermes en tout. Pendant que le chanteur bassiste fait son temps en zonzon, Eric Ferrer, ami d'enfance du Schné, le remplace à la basse, et Benoit a recruté le batteur des  Brigades (Les Brigades bordelais, à ne pas confondre avec The Brigades parisiens) Bruno Cornet (car le Schné a bien rippé ses galoches de Bordeaux, traumatisé notamment par une agression liée à la drogue dont il a été victime collatérale et qui s'est finie de manière sanglante mais miraculeuse). Les autres n'entendront plus jamais parler de lui. 
Eté 84, Gilles sort de taule, laisse la basse à Eric et devient "hurleur en chef"** de Camera Silens. Le groupe peut enfin enregistrer le fameux album au studio du Manoir dans les Landes, en une quinzaine de jours. Le studio co-produit même l'album pour les frais de mix. Le disque ne sortira pourtant que 7 mois plus tard: le label orléanais Chaos Production qui est naturellement pressenti ne veut pas payer la SACEM, "c'est pas très punk"*, mais les musiciens y tiennent. Un mécène entre dans la ronde et allonge ce qu'il manque pour le sortir. Il ne reste plus qu'à le distribuer  et Camera Silens pensent à Patrick Mathé de New Rose qui leur fait généreusement signer un simple contrat de distribution avec une répartition des royalties à 50% de part et d'autre: une offre en or d'un passionné. 
Le premier tirage sera de 2500 copies et en tout jusqu'en 2007 le total atteindra 8500 exemplaires. Total qui sera décuplé par toutes les rééditions qui suivront en vinyle, en cd et même en picture disc. A ce jour le dernier repress date de 2022 et fut encore l'oeuvre d'Euthanasie.
Réalité mérite grandement son status de disque iconique du punk français. Un pan de vie. 
Le voici s'il y en a encore qui ne le connaissent pas !  


le polo Lacoste m'a toujours piqué les yeux



2-3 accessoires...

cf cette belle chronique du bouquin dans ce blog. (© photos Luc Akerbeltz)
rue Ramonet à Bordeaux







vendredi 13 mai 2022

Camera Silens, Classe criminelle EP (1982) (2021)

Camera Silens,... Pour la gloire, le morceau que j'aimais le moins dans la compil Chaos en France vol.1 Pourtant j'achète quand même le LP Réalité chez New Rose cet été quand je le vois. Pochette qui tue, un bon look derrière, le nom Camera Silens. Je prends, 59 francs. Pas du rentre-dedans comme j'aimais bien dans les 80's mais Camera Silens reste une de mes valeurs sûres. Les années passent et les disques suivent, toujours. Camera toujours présent, a fortiori avec l'histoire incroyable de Gilles Bertin (que l'on soupçonnait, encore qu'on le voyait en Argentine). Un héros. 

Le 45t semble tourner en 48 tours mais apparemment c'est la vitesse avec laquelle ils ont enregistré cette démo chez Chinoi en 82, fair enough. Camera Silens merde, on le croit et on s'en fout. 

note: mp3 uniquement et en qualité moindre, si pas content rendez-vous chez le mythique Euthanasie Records 

Philippe " le schnée", Benoit et Didier


1ère formation
deux lectures évidentes