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vendredi 2 octobre 2026

Feutre, Les grands ensembles CD (2026)

Retour de Feutre, cinq ans après Nos rencontres (2021) avec ce second album, Les Grands Ensembles, sorti il y a quelques jours sur le label Les Disques Maladroits dont je reparlerai un autre jour. 
Paradoxalement les premiers membres du groupe bordelais ne le sont plus (ensemble) : Michaël Korchia le fondateur bassiste et multi-instrumentiste qui signe toutes les musiques s'est entouré d'une nouvelle voix, Elsa Leroyer, autrice de la plupart des mélodies vocales, et d'un nouveau guitariste, Jérôme Excoffier, qui mettent leur talent au service de cette indiepop nourrie aux sucs de la pop baroque des sixties et des seventies.
La belle pochette donne d'emblée le ton, baignée dans ces orangés rétro et chaleureux qui réveillent en moi le souvenir... du papier peint chez mes grands-parents maternels, rue de Fécamp (Paris 12ème) ! Son immeuble kitsch aux allures d’orgue monumental me rappelle les briques de cette résidence, de ce grand ensemble. A chacun le sien, MK c'était Sarcelles. Dès la prise en main du disque donc et avant même que la musique ne s'échappe de l'album, un air familier et agréable se dégage. 
L'indocile ne déçoit pas et ouvre royalement la voie à une musique pop à guitares, élégante, riche d'arrangements modernes qui va nous accompagner tout au long de cet album. Mais c'est sur du funk que le coït suprême aura lieu, en compagnie du couple Elsa et Adam, le morceau le plus sexy de l'album avec son texte coquin, son groove irrésistible et sa chaleur moite qui confirme que Feutre sait décidément jouer de la belle pop de chambre. 
Le reste de l'album oscille gracieusement entre pop scintillante qui semble tout droit sortie de l'univers de Felt (le nom Feutre est un clin d'oeil au groupe de Lawrence, je le rappelle) et musique populaire rétro-futuriste nichée quelque part entre les mélodies arrondies et les machines rêveuses de Stereolab. Notons aussi la belle réactualisation en français de Gold mine, un titre phare de Mumbly l'un des premiers groupe de Michaël, repris dans cet album façon western.
Feutre joue donc sur du velours, ce qui n’a rien d’une surprise tant Michaël revendique le concept depuis longtemps. Mais si la formule est familière, le plaisir demeure assurément intact. J'avais écrit précédemment que Nos rencontres me paraissait être le meilleur disque de Michaël Korchia, c'était sans compter Les grands ensembles. 

superbe


jeudi 13 février 2025

Mumbly, Démos 92-93. CD (2025)

La semaine dernière à l'occasion de la sortie de la réédition de La débauche des Freluquets, j'évoquais les plaisirs simples procurés par l'écoute de démos. Figurez-vous que l'été dernier j'ai eu le privilège d'en recevoir 10 d'un coup : des démos de Mumbly datant de 1992-93. Je ne peux imaginer avoir été l'unique beta testeur et je n'ai par bonheur pas été le seul élu non plus à déclarer ma flamme pour ces démos puisqu'aujourd'hui elles font figure de nouveautés dans les bacs (virtuels) de 2025 ! 

Les deux disques existants du groupe, alors composé d'Aurore Bacmann, Pierre Boucher de Crêvecoeur et l'auteur généreux de ce cadeau Michaël Korchia, ont été présentés sur ces pages il y a quelques temps : Being Ernest (1998) et Mumblybule (2013). Ce sera l'occasion d'y jeter une nouvelle oreille, surtout en ce qui concerne Being Ernest puisque trois morceaux de ce Démos 92-93 avaient été retravaillés sur cet album de 98 : Gold mine, Ernest, et Pink moon. 
Car si Being Ernest est leur premier album en 1998, Mumbly a été fondé bien avant, en 1991, par Michaël Korchia et Luc Barjot qui vont recruter le batteur Olivier Bickart. C'est donc dans l'univers du trio d'origine que ce disque de démos va nous plonger avec sa musique sans artifice enregistrée sur un 4-pistes K7 Fostex. Comme il s'agit d'une entrée de gamme, la mission était quasi impossible de remixer numériquement des enregistrements si cheap à la base et les bonifier idéalement. L'écoute et la découverte de ces petits diamants non polis n'en demeurent pas moins hyper excitantes. 

L'univers musical du groupe tourne à l'époque autour du Velvet Underground, Buzzcocks, The Feelies, Ride, Pale Saints ou Kid Pharaon, pour ne citer qu'eux. Du beau monde. C'est donc naturellement que le disque débute et s'achève par deux reprises : She's my best friend du Velvet parfaitement exécutée, et Livin' underground de Kid Pharaon & The Lonely Ones dont Luc était fan, qui m'a carrément laissé sur le cul lorsque je l'ai entendu pour la première fois au mois d'Août ! Je sais qu'il y a ici des supporters de Thierry Duvigneau et ce n'est pas souvent qu'on entend des covers d'un de ses morceaux. Alors profitez-en parce que they nailed it ! s'exclamerait-on en anglais. Mumbly signe une reprise géniale. 
Gold mine (ici le clip video) est un morceau largement inspiré par Felt, et on en retrouvera une version réenregistrée non seulement dans l'album Being Ernest mais aussi complètement transformée dans Curiosités ? de Watoo Watoo dont je parlerai sûrement cette année. Chez Ernest, titre également "feltien", c'est étrange, la ligne de texte "...when I listen to his voice, I know it's the right choice...", me fait immanquablement penser à celle de Karen de The Go-Betweens, "...she always makes the right choice..." ! 
En regardant quelques photos que diffuse parfois Michaël sur ses réseaux sociaux ou en écoutant ses musiques pop plus récentes on l'imagine plutôt propre sur lui, même jeune... Le son un peu crado et saturé à la Jesus & Mary Chain de The Midnight song offre une image plus rebelle du personnage. 
On retrouve aussi ce côté punk dans mon morceau de prédilection, I belong to the past enregistré en répétition avec un overdub de guitare, et qui peut facilement me mettre en transe à heure tardive ("c'était ma tentative de sonner Buzzcocks (pas certain d'avoir réussi mais c'était un morceau hyper amusant à jouer" confiait MK). Instrumental qui suit est tout aussi remarquable et prolonge agréablement l'effort pop punk.

Behind the strange mirror of hate "rappelle les rythmes fous des Feelies" dit le kit de presse, pas faux, et Pink moon poursuit dans des guitares noisy pop saturées qui seront également présentes dans Saint James Park, qui je devine n'est pas une ode à Newcastle United FC. Mais c'est pourtant ce club du nord de l'Angleterre qui me vient à l'esprit à l'évocation de ce nom. Peu importe, les supporters anglais adorent détourner les chansons à leur avantage et comme j'ai quelques potes Geordies, ça leur fera plaisir d'écouter ça. Et va savoir, peut-être deviendra t-il un hymne dans les tribunes ? (prononcé correctement cette fois : "Saint Djaimzize Park", hehe )
Pour finir, Mumbly est un trio sur le papier mais il faut compter sur l'apport des choeurs tout au long de l'album, qui finalisent parfaitement les morceaux : ceux de Fabienne (qui fut aussi brièvement guitariste du groupe) et de Pascale Ben Baruch (hé oui, la future Watoo Watoo était déjà là en 92). 
  
La sortie officielle de cette autoproduction sous l'étiquette toujours rigolote Les Disques Maladroits est prévue dans deux jours, le 15 février, sur toutes les plateformes. 
Un disque de fan à ranger soigneusement dans la niche du nostalgique. Ce n'est sûrement pas un hasard qu'I belong to the past a mes faveurs sur cet album. 
Je lance une bouteille à la mer : prochaine étape, Christine ? 

pochette superbe, toujours. 


jeudi 27 juin 2024

Watoo Watoo, Le Fumalin (2003)

Retour de Watoo Watoo sur Haar brut avec ce cd de 2003 au titre mystérieux, Le Fumalin, qui est d'ailleurs considéré comme le premier vrai album du duo d'alors, Michaël et Pascale Korchia. 
L'oeuvre est d'abord publiée en 2001 par le label japonais Clover Records, avec une pochette ultra quelconque ce qui est surprenant. Il aurait dû sortir 6 mois plus tard chez les Américains de Dogprint malheureusement le label fut une victime collatérale de l'attentat du 11 septembre et il fit faillite. Michaël et Pascale l'ont donc sorti eux-mêmes deux ans plus tard avec 2 titres en plus, sous un label qu'ils ont baptisé Les Disques Maladroits ! J'avais passé le side-project de Michaël, Photon, qui a été réédité par le même label. 
Michaël compose ces jolies mélodies dont il est friand depuis son amour pour Felt, bien ficelées par les petites cordes de guitares cristallines précises, parfois teintées d'un accent jazzy. Je suis client. Le chant mélancolique de Pascale est aérien (parfois un tantinet trop ?) mais le charme opère. Notons la présence des renforts de choix : Didier Duclos et Guillaume Belhomme (Gypsophile) aux guitares vraiment classieuses, Dominik Drain au piano. La touche électronique sur L'univers étrange est assez séduisante également.  

Donc vous avez le choix entre le cd à la jaquette toute moche qui se vend aux alentour de 20 euros chez Discogs et celui à la superbe pochette ci-dessous à 1 euro sur bandcamp, voire même gratos. C'est Michaël qui le suggère et ce sera à voir avec lui directement. Il lui en reste un wagon lisais-je, donc faites un geste et aidez-le à débarrasser sa cave du carton Fumalin même si le verbe est complètement déplacé. 
Ah oui, le mystérieux nom... 
Il s'agit d'un mot d'enfant. Michaël le racontait ainsi sur sa page FB :  
- Et un jour, devant le dessin-animé Tchoupi, celui-ci s'amuse à la plage quand il se fait pincer par un crabe. Le petit héros de dire, courant après le crustacé : "Ah, tu veux jouer au plus malin !".
Et A. de répondre : "Le fumalin !".
Ainsi soit-il.

magnifique pochette signée MK




vendredi 4 novembre 2022

Photon, RA4682 (2016)

Le nom du groupe vient d'un vieil appareil photo bon marché que possède Michaël Korchia, car outre le fait de créer groupe sur groupe au fil de ses rencontres (Mumbly, Watoo Watoo, Photon, Vacance, Feutre) Michaël est aussi passionné de photo et d'appareils vintage. 
Comme il le dit, Photon est son projet new-wave. Il est de nouveau associé à Pascale son ancienne complice de Watoo Watoo et surtout son ex-femme. Divorcés désormais, ils continuent tout de même à jouer de la musique ensemble, c'est beau. Le Caennais Yannick Rault complète le trio, il avait déjà participé à Une si longue attente , rappelez-vous (ou pas). MK a rencontré Yannick sur un forum dédié aux synthés analogiques. Il a découvert Watoo Watoo et cela lui a plu immédiatement, car il fait preuve d’un goût très sûr (rires).  Il a proposé à Pascale de chanter sur un titre qui’il venait de composer. Cela s’est tellement bien passé que nous avons décidé de continuer à jouer ensemble, de fonder un groupe.*
Le résultat, signé par le premier label français (breton, en fait) de Michaël, Beko, est concluant. Le label ayant cessé toute activité entretemps, des cds de plus seront pressés par Michaël sous la bannière des Disques Maladroits. 
Dès le premier morceau, les guitares annoncent la couleur et au final un album hyper agréable à écouter. Dive et L'univers étrange sont assez hypnotiques, Demain rappelle la coldwave d'hier et l'intro de basse de November est énorme. Rendez-vous sur leur page bandcamp pour se récupérer ce très joli cd, l'album numérique haute qualité, et le t-shirt! Et toujours un grand merci à MK pour le consentement. "Je préfère que des gens écoutent "illégalement" que pas du tout ". Amen.

* Source Buzzonweb : https://www.buzzonweb.com/2017/02/michael-korchia-de-watoo-watoo-a-photon

design très classe "as usual"



T-shirt très seyant à 7 euros, je recommande. Oranje Holland 1974-78, le top.