Je ne me souviens pas avoir été au jus d'un quelconque album des ex-Rennais lorsque je l'ai vu sur l'étagère chez New Rose, c'était une sacré surprise ! Et comme il ne pouvait pas y avoir trente-six mille Trotskids, j'avais pris direct forcément, conforté ensuite par la photo au verso et malgré un la pochette la plus hideuse qui soit, deux la tracklist qui sentait le gravos à plein nez, et trois le prix du disque, 75 francs, un peu reuche pour un album des Trotskids. Mais je ne pouvais pas passer à côté même si le skeud partait avec de telles casseroles au cul. D'ailleurs il commençait sans vaseline avec L'amour anal en guise d'introduction...
On pourra toujours me rétorquer que ces textes aussi subtils qu'un sketch de Bigard incarnent l'irrévérence absolue, mais outre les paroles ras-le-pubis c'est l'énergie oi! du maxi qui a bel et bien disparu au profit d'un punk rock moyennement lubrifié. Je vais vous épargner le passage en revue un par un des morceaux, inutile d'ajouter ma bave à ce monticule d'inepties gratuites.
Pourtant dans l'ensemble, avec le recul de la maturation désormais à son paroxysme (40 ans plus tard, en gros), ce disque sorti chez Terminal Records passe aujourd'hui beaucoup mieux qu'en 86-87 ! Je m'attendais à pire et à souffrir au moment du rip ! Ceci étant avoué, je ne l'écouterai pas plus souvent qu'avant pour autant, faut pas non plus exagérer.
Au niveau du personnel, Oliv le guitariste a quitté Trotskids en 1985, après la maquette 4 fois en 10 minutes!!... et son remplaçant sera Laurent Figus dit Gus, ex-gratteux de Sherwood Pogo. Ce qui explique la filiation évidente entre le morceau Way out de Sherwood (dans la K7 démo Tout reste à faire) et la Blanche de Trotskids (enfin un morceau sérieux). Merci Xav pour ce petit coup de projecteur qui m'avait échappé et pour cause.
Pour info l'instrumental Horizon sans nuage et La chanson du dernier obstructeur de siphons ne font qu'un sur le vinyle mais j'ai décidé de les séparer (because playlist).
Sans rancune Trotskids, je vous aime quand même. D'ailleurs j'ai acheté la complète cd lorsqu'elle est sortie il y a quelques années, hein !
pochette, bon pff, que dire... ?
c'est bien eux !
saine lecture
la touche latine, avec doigté







Musicalement ça bouge bien mais c'est un peu comme Tulaviok quand on reste en boucle sur la gauloiserie ça lasse un peu. Pour le titre le Soupeur c'est carrément de la pompe au niveau du texte car Hector Zazou avec la Perversita avait fait en 1979 la Soupeuse https://www.youtube.com/watch?v=tAR1zOvGT08. Makhno
RépondreSupprimermythique cette soupeuse, merci Makhno !!
SupprimerMerci beaucoup Malto pour ça, d'autant plus que tu n'as jamais accroché à cet album.
RépondreSupprimerJe vais donc essayer de me faire l'avocat du diable, non pas pour te contredire bêtement bien sûr, mais pour apporter un point de vue différent et donc complémentaire.
Des albums français avec un son aussi pêchu, ça court pas les rues dans les années 80 (pas étonnant que le groupe ait dû se rendre en Angleterre pour l'enregistrer) ; on est franchement aux limites du hardcore, mais bien à la sauce britannique des années 80 (donc ça sonne punk) et pas à la mode US du hardcore hardcorisant admire-mes-tatouages-et-mes-jolis-muscles. Le son tient vraiment la route, assez bien produit sans que ça n'altère la spontanéité qui se dégage de la zique des kids qui trottent.
Le morceau Blanche est effectivement l'exception sur l'album, il détone avec l'esprit paillard et boit-sans-soif des autres morceaux et je trouve qu'il dégage une émotion brute très rare, que je ne retrouve dans le style musical qui nous intéresse que chez Oberkampf ou Camera Silens (et quelques groupes étrangers comme One Way System par exemple).
Et je vais finir en lançant un pavé dans la mare ; franchement, je comprends ceux qui pointent les limites de ces "oeuvres" très axées pipi-caca-picole, mais même si les textes de Trotskids sont rarement sérieux, ils sont plutôt bien torchés. Je trouve que les paroles du groupe évitent les facilités qu'on retrouve ailleurs. Je t'encourage quand même à jeter un oeil aux paroles, non pas pour les admirer, c'est pas du Rimbaud non plus, mais pour te rendre compte qu'elles sont pas si nazes que ça et au-delà de la provoc, plutôt soignées ("Un homme qui termine dans son slip n'est pas un homme heureux", je m'en suis jamais réellement remis de celle-ci).
Encore merci à toi.
Cordialement, Xav