samedi 7 décembre 2024

La Souris Déglinguée, As-tu déjà oublié ? (2009)

Le 1er décembre marquait le premier anniversaire du décès de Nguyen Tai-Luc. Un an déjà. L'annonce de sa mort en 2023 m'avait bien secouée. Il faudra que je pense à aller lui rendre hommage au Père Lachaise la prochaine fois que je me rends à Paris. Et tant qu'à faire j'irai aussi au cimetière de Montmartre saluer le grand William "Bill" Ford, fondateur du French Celtic Supporters Club de Paris auquel j'ai brièvement participé avant de quitter la France et qui était venu dormir à la maison à Gorgie Road avec Pascal "Celtic Bhoy", avant que l'on ne se déplace au Royaume de Fife pour un obscur Dunfermline - Celtic. A l'occasion nous étions allés nous recueillir sur la tombe de John Thomson à Kirkcaldy. Thomson, emblématique gardien du Celtic décédé en 1931 à 22 ans, suite à une collision en plein match avec un joueur des Rangers, un dénommé Sam English. Cela ne s'invente pas. Il existe une chanson de Walter & Lavergne sur cet épisode mais elle est restée à l'état de démo et je n'ai aucun droit de la rendre publique, alors je la garderai pour moi, courtesy of Philippe Lavergne, un bhoy de Perpignan. Encore un album oublié, à garder en mémoire. 

Au printemps 1980 les copains de La Souris Déglinguée ont pour objectif d'enregistrer un album le plus vite possible et décident d'aller à Sartrouville au studio Fi-Ka avec Hervé Chamboredon, l'ingénieur du son du groupe Gare du Stade comme réalisateur. Chambo s'entend bien avec le groupe et s'est vu confié depuis un moment la sonorisation des concerts de LSD. Hervé Philippe le pote de toujours amène l'argent qui manque pour boucler le budget et en avant !
Les 19 et 20 avril sont des jours de perm' pour Jean-Pierre alors à l'armée et le groupe en profite donc pour enregistrer leurs morceaux sur un magnéto Otari 8 pistes.
Le 24 avril, 16 titres sont prêts et Hervé Philippe part démarcher les labels. Il essuie refus sur refus, la démo n'intéresse personne.
Le groupe a compris mais ne s'arrête pas de composer pour autant : des nouveaux morceaux naissent tels Coeur de Bouddha, Rien n'a encore changé, Une fille dans la rueNation... Hervé répond à une petite annonce parue dans Rock & Folk dans laquelle un nouveau label déclare chercher des groupes, et il envoie la démo. En janvier 1981 Tai-Luc reçoit un coup de fil d'un certain Denis Wolff, un Québecois de 24 ans qui vit à Paris. Il est l'auteur de l'annonce et il a aimé la démo.
La Souris signe un contrat de production pour un album mais les enregistrements de Sartrouville ne seront pas utilisés car Denis souhaite produire lui-même le disque qui deviendra le premier album de La Souris Déglinguée. Le groupe enregistre en 16 pistes et les titres en 8 pistes de Sartrouville tombent dans l'oubli... Jusqu'à la parution à la surprise générale de ce 12ème album studio de LSD le 22 novembre 2009 : As-tu déjà oublié ? !! Les 16 titres de Sartrouville !! Hourrah !
Une bourrasque de fraîcheur sur un groupe démembré depuis longtemps et dont les derniers disques ne m'intéressaient franchement plus. Une vraie cure de jouvence ce disque sur lequel je me suis littéralement jeté au point qu'il est entré instantanément au Panthéon de mes albums préférés.
Les morceaux sont tous connus mais offrent des versions fantastiques mixées avec talent par Rémi Berger et Géant Vert. Saluons aussi le label Clandestines, le Détachement Féminin Rouge totalement dévoué à Luc et au groupe, pour cet objet que je me suis senti obligé d'acheter en cd et en vinyle. Impossible de faire autrement. Que des tubes ! Et ce plaisir indescriptible de découvrir un trésor enfoui depuis des siècles. 29 ans en vrai mais c'est kif-kif. Les labels de l'époque n'en ont pas voulu ? N'en parlons plus.  

Alors salut à toi Tango Alpha India Lima Uniform Charlie, à jamais dans mon coeur (d'artichaud). Et on ne saura jamais pourquoi le texte de ce monument qu'est Jeunes voleurs, magnifié dans cet album, n'aura jamais été publié. Même pas en 2009... Purée, ça en fait des jamais en trois lignes. J'en remets une lampée: Jamais jamais jamais, je ne t'oublierai... 

Nguyen Tai-Luc (chant, guitare), Jean-Pierre Mijouin (guitare), Michel Ricard "Rikko" (basse), Jean-Claude Dubois (batterie, choeurs). Supplétifs Jean-Pierre Triquet "Terkadec" (harmonica), Sylvain "pas encore" Chiengmai (choeurs). 




cd digipack


extraits


Scarves, Echarpes, Fitba

Fitba c'est football en Ecossais et l'écharpe, scarf en anglais, est l'outil indispensable de l'amateur old school de ce sport. Pour ne pas que vous me preniez pour un mythomane quand je parle de foot british au détour d'un disque, quelques écharpes que j'avais la manie d'acheter à chaque match auquel j'assistais.
Ma toute première c'est Allez Paris S.G., pour une finale de Coupe de France perdue contre Monaco en 1985 et ma première expérience des hooligans du Parc (j'étais avec mon club de foot en parcage monégasque, les boules ! On n'était que deux pour Paris avec mon pote Jean-Christophe). Mais la plus belle et la plus drôle n'est même pas à moi : c'est celle que j'ai trouvée au fond d'un placard de notre appartement de Robertson Avenue à Edimbourg, au cours d'un rangement de fond. L'habitant précédent l'a laissée ou l'a oubliée. Vestige de Heart of Midlothian - PSG, Coupe des Coupes 1984 (2-2 à Tynecastle Park) ! Ca m'a fait un choc, on vivait dans cet appart depuis déjà au moins un an et je ne l'avais encore jamais vue, incroyable ! Je me suis dit alors que vraiment rien n'est jamais laissé au hasard. Mais qui donc tire les ficelles ? Putain de vie... 
J'ai des histoires croustillantes pour chaque écharpe mais on va se contenter de la photo. 

Edit: Ah oui, j'avais raconté l'anecdote de l'écharpe à John "Robbo" Robertson, légende de Hearts alors qu'il était le coach d'Inverness Caledonian Thistle FC et que je l'avais croisé un soir de décembre sous la neige à la sortie du pub The Heathmount. Maintenant je me rappelle, je l'avais interpellé et je lui avais rappelé qu'on leur avait collé 4-0 au Parc. Il m'avait fait un baise-main ce con de Jambo, pour se foutre de ma gueule. Gay Paris ! Qu'est-ce qu'on était bourrés ! Moi ça allait, je ne suis personne, mais lui ça craignait un peu haha. Bon, c'était Noël. On n'avait pas encore le smartphone collé à la main. C'est dommage, j'aurais fait un selfie pour lui foutre la latche.

ps : étant de l'ancienne génération, je tiens à préciser que mon phone n'est jamais collé à ma main même si évidemment il m'est devenu indispensable, d'ailleurs toutes les photos du blog viennent de cet appareil diabolique. Putain de vie disais-je. 

       La fameuse écharpe du placard de Robbie av' comme on 
       l'appelle à "Embra" (Edinburgh prononcé comme un local),
       sous le S.G


jeudi 5 décembre 2024

Les Invendables, S/T 7" (1990)

Vous n'en voudrez peut-être pas de ce petit skeud des Parisiens Les Invendables, tout est dans le nom après tout. C'est comme ce gusse chez Crocodisc l'autre jour. J'étais en train de parcourir les bacs méthodiquement en prenant mon temps d'autant qu'il tombait des cordes dehors lorsqu'un type est entré dans la boutique, un habitué des lieux je suppose car un des collègues lui adressa dans la minute un petit paquet de 45t qu'il lui avait mis de côté. Dans le lot il sort Les Invendables et comme il ne connaissait pas, il l'a posé sur la platine pour écouter, Dallas sur Seine enveloppe alors Crocodisc. 
J'ai prié, il n'en a pas voulu, j'ai pris.
Il faut dire que c'est du rock un peu atypique avec son saxophone et ses rythmes décalés, difficilement assimilable à de la oi! ou du punk. C'est la voix d'Eric Blank qui l'a achevé je crois.
Eric Blank ex- Garçon-Boucher, et également à la tête du label parisien Le Silence de la Rue, qui sort donc son propre groupe.
Les Invendables étaient Eric Blank (chant, guitare), Grillou (basse), Chin Chin Napalm (batterie), Charly Pouêt Pouêt (saxophone).
Ce 45t est certainement un mélange imbuvable pour certains mais c'est très bien, ça en fait plus pour les autres. ¡Toma!
un doigt de gaucher comme Gisor (et moi) mais plus franco



recto déplié
verso déplié


Gisor, Partir 7" (1981)

Décembre, le mois festif de l'année avec des curiosités et de l'improbable comme ce Gisor que voici, dont le larynx va en rebuter plus d'un. Si vous ne connaissez pas, attendez-vous au pire de la gouaille. Avec un timbre pareil ce gars-là aurait pu faire fortune, mais à La Poste surtout. Pourtant Dominique Petit n'avait rien d'un philatéliste, son truc c'était plutôt le show-business. Partir est son unique 45t extrait de son unique 33t commercialisé, L'heure du taureau, pourtant sorti chez une major, Epic. J'ai l'album en archives si ça intéresse quelqu'un, mais de là à l'acheter non, c'était un peu too much. Partir par contre, je l'ai saisi sans hésiter.
Rebuté à la première écoute par l'organe vocal comme presque tout le monde, je fus en revanche saisi par la noirceur des paroles qui m'ont finalement permis de passer l'obstacle du chant. Je revois encore mon père secouer la tête et faire la moue en les lisant au dos de la pochette, ce qui n'avait fait que renforcer ma défiance. J'avais été déçu par sa réaction à vrai dire. 
Dominique Petit a aussi essayé de défier le showbiz à coups d'excentricités appuyées (sa voix était tout à fait normale ai-je lu sur un forum, il ne la forçait que pour se donner un style) mais il a fini par effrayer les chacals de la profession et les médias populaires qui le lâchèrent quasiment aussitôt, malgré son étiquette de chanteur décalé qui aurait tout de même pu trouver sa (petite) place sous les projos. Il n'en fut donc rien et Gisor disparut de la circulation. Il a refait un album en 2000, Mr Victor, qui n'est jamais sorti et tristement il disparut pour de bon cette fois la même année, d'un cancer du poumon...
Dominique A lui a rendu hommage en 2009 dans son EP Kick PeplumCette voix je l'entends encore, Gisor. C'est valable pour moi aussi. 
Décembre, le mois de Jésus mais aussi de Gisor.  

doigt-plume dans le cul du showbiz


   

dimanche 1 décembre 2024

Contingent Anonyme, Fabula urbana EP 7" (2018)

Mon club en Angleterre c'est Liverpool FC mais en vrai mon amour du football anglais (qui est né d'une déception : saison 1976-77 dans la voiture en rentrant de la piscine Roger Le Gall dans le 12ème lorsque que j'entends à la radio que Kevin Keegan ne jouera pas à Geoffroy-Guichard ce soir et que donc je ne le découvrirai pas en vrai), est tellement fort que mon rapport avec lui ne peut se limiter à un seul club. West Ham United fait partie de ces équipes dont je regarde systématiquement le résultat en priorité. Je me souviens que j'avais un correspondant du Havre au début des années 80, fan de West Ham. J'avais répondu à une annonce du magazine Mondial. Le gars allait à Upton Park régulièrement et me faisait bien envie, moi qui vivait à Limoges au centre mou de la France. 
Enfin j'y suis allé à mon tour, au Boleyn Ground (l'autre nom d'Upton Park) en mai 94, le dernier match de la saison et surtout le dernier match avec les places debout. Un choc culturel en Angleterre, difficile à digérer. West Ham - Southampton, 3-3 avec Le Tissier en face et moi dans le Kop. Je débarque en Angleterre le 3 mai et le 7 je suis dans la North Bank. Le rêve, même si ce n'était pas si simple. 
West Ham c'est le groupe des Cockney Rejects tout le monde le sait (et Iron Maiden aussi), et aussi le club de mon flatmate Richard, adepte de la culture physique et comme il l'avouait, pas facile de supporter ce club. Bref, j'ai écrit un bouquin sur toutes ces aventures, jamais publié mais pourquoi pas un jour sur le blog qui sait. 
Contingent Anonyme est un groupe de Reims, ils foutent les marteaux de West Ham dans leur nom, ils font ce qu'ils veulent après tout, et bien foutu comme son. Sorti chez le superbe label agenais Rusty Knife



Oranje, Hollande 74-78

"j'y étais"

vestiges, badge acheté lors de mon 1er séjour à Londres avec le collège en 1983 ou 84

The Hammer, West Ham - Southampton, samedi 7 mai 1994, le programme

pour Noël fais-toi offrir ce livre tu mourras moins con, tu sauras qui sont Frank McAvennie et Tony Cottee



Savel, Terminal (2008)

Savel joue les coquins sur cet album et s'expose (sexe-pose). Nudité, tendresse, érotisme, cigarettes côniques délivrés en chansons avec la grâce qui le caractérise, son timbre et son verbe uniques qui m'enchantent à chaque écoute. Si le dimanche tu te sens fatigué des excès de la veille, la faute à une voisine subitement cinquantenaire, il est fort agréable de se réfugier une trentaine de minutes dans les mélodies malicieuses et maitrisées de Yann Savel. J'ai déjà loué ses disques et son talent maintes fois sur Haar brut donc je ferai court, surtout que je me remets d'une petite blessure au coude après une démonstration de break-dancing fort peu convaincante. Bon à ce moment-là j'étais au passé au rhum il faut dire. Ma femme n'avait plus qu'à fermer les yeux pour cacher sa gêne, bienveillante toujours. J'ai une chance folle. 
Des ébats et un constat: la beauté physique s'arrête à cette matière organique plus ou moins bien disposée en fait sur des squelettes identiques.
Nous n'avons pas l'art de nous vendre chante t-il aussi, comme tant d'autres héros qui rendent la musique aussi addictive. Ne changez rien, "vendre" quel vilain mot.
L'album est sorti sur le label de St Nazaire bien-nommé Les Disques en Chantier et le morceau Terminal dure 11'22 : une pure merveille. 

L'actualité de Yann consiste aujourd'hui en des concerts pop et poétiques pour les petits (et aussi les tout petits dès 6 mois !) sous l'alias Nyna Mômes avec Nathalie Carudel qu'ils ont créé en 2010. C'te chance, c'est quand même autre chose que le Club Dorothée. 

BG qu'ils disent aujourd'hui ?

extrait du livret
sous presque tous les angles