mardi 7 avril 2026

Doggy, Un jour parfait. CD (2026)

Une nouveauté qui a engendré des scènes de liesse dans les coulisses d'Haar brut : le tant attendu nouvel album de Doggy, sorti il y a seulement quelques jours, le 27 mars ! 
Du propre constat de Guillaume Bassard, ils ont mis longtemps pour le faire, Radio .TP. le dernier album de Doggy datait de 2021. Il est vrai que les membres du groupe sont un peu éparpillés, du Limousin à la Haute-Garonne et ce n'est pas toujours simple de se retrouver et jouer ensemble. 
En outre, ils ont aussi galéré à essayer de trouver un label et faute d'y parvenir ils ont finalement opté pour la petite structure locale et mythique, en gestation depuis presque douze ans : Anorak Records
Il fallait y penser même si cela tombe sous le sens finalement, mais surtout cela commençait à urger. Il fallait que le monde entier puisse enfin profiter de ce jour parfait et de cette bouffée d'air frais insufflée par les neuf beaux morceaux de l'album. 
Il y a plusieurs mois, j'ai eu la joie et le privilège de découvrir en exclusivité secrète Les propriétaires de la ville et l'ode à cette bonne ville de Limoges, dans laquelle il est question de son déclin et de son dynamisme d'antan, m'avait bien fait saliver car elle annonçait fièrement et clairement le retour au premier plan de Doggy et la couleur de son album. Je trépignais donc de pouvoir enfin passer ce disque sur le blog car il m'avait enchanté instantanément. 
Les quatre musiciens sont au sommet de leur art, maitres de leur pop à guitare classieuse, saupoudrée de claviers, ou de petite trompette qui va bien et qui claironne toujours au bon moment. 
Les textes de Guillaume sont plus touchants et mystérieux que jamais, mêlant gravité des décisions à simplicité du quotidien avec Le mauvais homme par exemple, suivi sans hormones et sans transition par le déjà classique Pavé de bleu clair et de beige qui prend ses petits airs de foire et de Pale Fountains, et ne peut laisser insensible. Le texte n'est pas sans rappeler La Crypte de l'empereur David de Radio .TP. Le code couleur toujours aussi solide est respecté et tout se terminera dans l'incandescence d'un brasier une nouvelle fois.  
Je ne peux pas évoquer la notion de classique sans mentionner L'herbe qu'on coupe, dont le texte un peu amer contraste avec la gaîté naturelle des guitares carillonnantes. Guillaume en profite pour lancer un petit clin d'oeil à son cher basket-ball au début du morceau, mais comme pour les protagonistes de la chanson le panier à trois points est manqué. Qu'à cela ne tienne, "on remettra la chanson" comme il est justement écrit dans le pétillant Juste parce que, et on allumera les barbecues avec de la bonne viande durable, limousine il va de soit, autour de la nouvelle piscine creusée pour un ultime mini festival Pop et Merguez avec toute la communauté d'Anorak, on peut rêver !   

La discographie de Doggy est à retrouver sur sa page bandcamp qui a enfin ouvert ses portes en septembre dernier. J'ai ainsi logiquement depuis mis à jour toutes les playlists de Doggy sur Haar brut au profit du player natif.
Agréable écoute de cette dernière pépite de Doggy, à la production impeccable et à la pop lumineuse !
Le concept rétro de la pochette (signé Pierre Garot) est également en harmonie et offre un écrin digne de ce petit bijou de musique française. Musiques et visuels toujours haut de gamme chez Doggy. Il serait largement temps que la reconnaissance plane à même altitude, histoire qu'ils puissent ajouter au moins un ou deux plots de départ à cette piscine. 


les titres sur un recto de pochette, c'est toujours classe je trouve.

superbe digipack avec textes sur feuillet


samedi 4 avril 2026

Coronados, Un lustre LP (1989)

La très belle réédition des Niçois Mono-Tone Records pour les trente ans de l'album 1989 - 2019 étant enfin épuisée chez le label, je me permets de la passer ici puisque je n'ai pas l'original. J'ai aussi longuement hésité à mettre le repress cd bonifié de Last Call Records ... Un lustre et plus... (1997) mais je préfère le filtre de la pochette que celle de la jaquette, et puis les titres ajoutés à l'album cd sont présents dans la compilation (également sortie chez Mono-Tone et toujours dispo) Dinintel et Tonuvital 1982-1990, moins Money la reprise de Berry Gordy chantée par Patrick Eudeline mais ce n'est pas vraiment une perte. Le rip est celui du compact disc toutefois, moins de boulot pour moi et le son est quasiment équivalent. Conclusion, album de 1989, rip de 1997 et visuels de 2019. Voilà pour l'aspect technico-tactique. 

Un lustre est chanté en français il faut le souligner, à part la reprise de Willie Dixon. C'est le disque le moins sauvage des Coronados et logiquement mon favori. Ces petites perles pop garage avec une production à la Phil Spector montrent la largeur de la palette de sons dont le groupe était capable. Avec toujours cette touche de suie et cette odeur de poudre qui contrastait avec le look impeccable du trio (Dominique Especel le second guitariste étant parti en 85). Bernard Lepesant (chant, guitare), Yves Calvez (basse) et Berko (batterie) assurent très bien à trois aussi. Excellent classique qui n'a pas pris une ride et joyeuses Pâques.  


superbe pochette de Bruno "BeeBee" Boussard, photos Pascal Pierrou


... et plus...
contexte, extrait du livret cd 

jeudi 2 avril 2026

Trotskids, 4 fois en 10 minutes !!... K7 (1985), repress EP 7" (1997) (1999)

Trotskids restera dans mon firmament keupon grâce au maxi 45t de 1984, au son bien méchant bien agressif bien sale et à ses paroles de chiottes scolaires mais néanmoins rigolotes à mon goût. Je devais avoir 16 ans mais le disque a très bien vieilli et moi avec.
En juin de la même année, Ruff le bassiste quitte le groupe rennais établi à Paris et est remplacé par Denis Garnier alias Bugs Denis ex-Nana Bonnard, qui est passé par le blog pas plus tard que la semaine dernière. 
Au début de l'année 1985, Trotskids entre au studio Magenta à Paris pour enregistrer une maquette 4 titres. Ce 45t ici présent, qui tourne en 33 d'ailleurs, en est le second repress 1999. La première réédition en 7" date de 1997, et toutes les deux par le label de Montigny-lès-Metz, Combat Rock. La K7 d'origine de 1985 n'a pas été commercialisée. En 1985 on pouvait seulement l'acquérir auprès du groupe contre 30 francs en argent ou en timbres. Il faut dire que le son est bien pérave et le groupe est le premier à l'admettre (voir plus bas). Elle a circulé sur le net depuis.  
On notera un "moment d'égarement" sans doute dans la discographie de Trotskids avec cette tentative de reprise d'Imagine de John Lennon, peut-être histoire de monter le niveau intellectuel de quelques palliers. Mais je rassure, hors-refrain elle est quasi indétectable, grâce au chant indéfectible de Doumé. Ouf ? 
Au fait c'était à redouter, l'album est à venir... 

Indécrottable...


(dispo aussi en FLAC)

"En 10 min, 4 nouveaux morceaux enregistrés en mars 85 à Paris sur un 8 pistes... 
En général, le son n'est vraiment pas terrible (toujours notre manque d’expérience en studio... Naïveté oblige...) Mais nous promettons de nous racheter très bientôt..."


samedi 28 mars 2026

Pochettes #15, Sound System

En fait j'ai pris ce qui était le plus près de mon sound system justement, l'étagère du bas dans le couloir : la petite collection Studio One que je continue tranquillement sans pression et les coffrets Trojan que j'ai depuis Paris c'est à dire plus de vingt ans. Je ne trahirai aucun cliché, j'ai commencé à adorer le reggae en fumant des spliffs avec Manu, un petit blanc avec la coupe en brosse, sommelier du Pont de la Tour, un resto chicos de Londres vers Tower Bridge, mon second job en Angleterre. J'étais simple commis et ça a duré seulement deux-trois mois pas plus, mais j'ai trouvé le temps de servir le café à Elle McPherson, un moment fort. The Body, herself. "La plus belle femme du monde" dans les années 90. Un instant de grâce absolu sous le regard de tous les cuistots derrière le hublot des portes en fer qu'il fallait ouvrir à coup de lattes pour entrer en salle, en soutenant un plateau en argent méga lourd garni de quatre assiettes, pas de pression du tout. 
J'ai nettement préféré mon job suivant de l'autre côté du pont, au pub The Angel chez ma famille d'adoption les Lindsay père et fils de Glasgow et fans des... Rangers FC. Cela tombait méchamment mal moi le Celtic Bhoy mais on s'est entendus comme larrons en foire. Trois Ecossais et un Français, la meilleure équipe du monde. L'Ecosse était prédestinée depuis toujours on dirait.

J'ai donc adoré le reggae sur le tard, saison 1994-95, chez Manu dans son flat à Elephant & Castle. Il avait une putain de collection vinyle de roots qui vaut sûrement une fortune aujourd'hui. Beaucoup de maxis style DJ avec pochette blanche anonyme. Je suis toujours après le Jah Warriors Can't take no more mon morceau spécial en reggae, la beauté fatale, mon graal. Je n'ai pas perdu espoir de le trouver moi-même plutôt que de l'acheter à prix fort en ligne, je le trouverai un jour. Manu m'avait ensuite emmené dans un squatt de rastas, j'étais sur une autre planète même si je n'en menais pas si large que ça. Tiens ça me rappelle aussi une grosse soirée embrumée au Baobab à un concert reggae dans le 13ème quelques années plus tard avec Salim. Bref...
Le Manu m'a fait cette mix tape que je garde précieusement depuis tout ce temps autant par la qualité intrinsèque de ce roots reggae d'école que par le souvenir ému de cette période assez noire, sans jeu de mot facile. Il me semble que je l'ai numérisée, je ne sais plus je chercherai. 
Aujourd'hui samedi sun is shining sur cette bonne vieille Auld Reekie. Un beau jour pour aller mater de l'autre côté de la rue mon équipe locale Spartans deuxièmes au classement défier les premiers, East Kilbride. Quatrième division écossaise.  


Le maxi Lennie Hibbert est un must absolu

clin d'oeil à Danzik, et hop ! ;-)

la K7 "Skank Sound System" de 1994, le coup de foudre









 

vendredi 27 mars 2026

Nana Bonnard, Enculé tête de mort EP 7" (2013) (1983)

Les textes ne volent jamais très haut c'est super dommage. Je n'ai jamais fait l'effort d'acheter le 45 tours original de Nana Bonnard qui était déjà pas mal cher à partir du moment où il est devenu un peu cul(te), c'est dommage aussi. Quand Euthanasie Records l'a réédité c'était donc parfait. Ce putain de tempo sur Enculé tête de mort, bien trop pêchu avec sa basse en avant pour m'échapper ! Une tuerie. Le repress me va très bien. Merci encore Euthanasie. Très bon 45 de ces Angevins au final, tendance groupes Chaos, ce qui me va toujours comme un gant. Indéboulonnable. Le morceau en plus de cet EP vient de Chaos en France vol 2 s'il est nécessaire de le rappeler. 







pas que cette pochette soit terrible non plus mais c'est l'original 3t, discogs photos remaniées à ma sauce

jeudi 26 mars 2026

Franz Kultur et les Kramés, S/T LP (2010)

Franz Kultur et les Kramés s'est constitué en 1981 (ou 82 selon les sources, mais j'ai décidé de rester fidèle au verso de la pochette) à Lannion dans les Côtes d'Armor en Bretagne. Le groupe existera jusqu'en 1987, année au cours de laquelle il splitera dû aux diverses orientations estudiantines de ses membres. Les membres justement étaient Franz Kultur (Pierre Berger dans le civil) le frontman au micro, Mao Trouble (basse), Graton Laveur (guitare), Charles Rinit Alergic de St Brice (batterie) et X au synthé (X étant successivement le frère de Franz, la copine de Charles Rinit, le guitariste d’un autre groupe de Lannion -Mélodie Vengeance- et enfin Lomig, de son vrai nom Guillaume Lebrun (R.I.P.) dernier clavier du groupe).

Pendant plus de cinq ans FKK écumeront les salles de concert, festivals et bars (surtout en Bretagne, ils feront notamment la première partie pour Bérurier Noir à St Brieuc et Kas Product à Rennes, mais ils joueront également à Paris au Gibus et au Cithéa). Ils enregistreront en 1983 au Studio La 3ème Oreille à Trémuson près de St Brieuc une K7 6 titres intitulée Neo-gloque after goûter, puis gagneront même l’enregistrement d’un 45 tours à Rennes (au Studio A) lors d’un tremplin rock, mais le disque ne sortira jamais. Il aura fallu que Mémoire Neuve s'en mêle pour qu'enfin voit le jour un (superbe) album vinyle en 2010 qui compile quatorze titres : une face en studio (1983-1985) et une en live (1984-1985) dont on retrouve les titres sur leur page Bandcamp qui est d'ailleurs riche d'enregistrements (à prix libres !).
Franz Kultur et les Kramés avaient pourtant signalé leur présence sur disque avec Ouest France au sein de la fameuse compilation 1984, the second que j'ai passée il y a trois ans, mais bon c'est le destin. 
Le groupe se reformera de manière éphémère en 2011, le temps d’un unique concert au Bacardi, à Callac (22).


très belle pochette avec la fameuse "araignée"


inner sleeve
insert



le manuscrit de "Ouest France" (trouvé sur la page FB du groupe) qui s'appelait à l'origine " La complainte d'Yvonne Le Gall"!

fanzine Psychédélires, Eté 1986