samedi 7 mars 2026

St Jude's Infirmary, Little Sparta 7" (2006)

Je l'ai vu venir gros comme une maison, je le sentais mal dès le réveil ce match ! Le score va résonner et se propager de munro en munro pour des générations, le jour qui a vu l'Ecosse mettre cinquante points à la France. 
Allez, cette défaite me fait moins mal que les autres à vrai dire. Je devrais rager comme d'hab mais même pas. A grand numéro édition spéciale, je livre ce soir du vieux groupe local de chez mes hôtes de plus de vingt ans pour célébrer cette défaite : St Jude's Infirmary, groupe de Kirkcaldy dans le Royaume de Fife. Je les ai vus plein de fois en première partie de concerts début 2000 et un jour j'ai trouvé ce disque chez Oxfam, j'étais trop heureux. Je n'ai pas bataillé les clics et les claques, c'est livré nature, j'avais pu la force après ce match éprouvant... 
J'ai daté ce single en 2006 avant le premier album mais pas sûr à cent pour cent. 

P.S. Scotland (I luv ya) est un titre que j'adore, en guise de réponse au I hate Scotland de Ballboy peut-être. Ils le jouaient régulièrement en fin de performance, avec le mythique VVVampyre! 



j'ai le 9-3

ps: Ecosse, je t'aime, I luv ya


vendredi 6 mars 2026

V/A, 10 de Bordeaux. LP (1989)

Alors non, c'est peut-être un week-end de Tournoi cette semaine mais il n'est nullement question de Mathieu Jalibert le n°10 de l'UBB et de l'EDF (pas l'électricité voyons), mais bien de dix groupes quasi inconnus en 1989 hors capitale girondine et qui finalement le sont restés... Constat pas très sympa mais très factuel. Seul Off 7 sort la tête de l'eau avec un 45t daté de 88, mais qui restera obscur car il est hors de question que je l'achète à ce vendeur lusitanien pour 125 euros sur Discogs. Qu'il continue à se toucher sur son disque bousillé par... l'humidité (ou autre). C'est fin, je sais... "Humidity damaged, cover is waved." (J'invente pas, merde).
On trouve Les Suspects dans Bordeaux Rock 1977 1987 et dans le carnet il est écrit qu'ils auront tout de même un nombre important de concerts à leur actif dont des premières parties de Kid Pharaon, Les Exemples, Gamine, Cyclope ou Noir Désir. Idem pour Les Cons dont le nom est tiré du All mod cons de The Jam : ces gasiers joueront avec Les Coronados, La Souris Déglinguée, Dogs, Julian Cope, Ludwig von 88 ou encore Blessed Virgins !

La compilation démarre de façon incroyable avec les Jesus & Mary Chain locaux et leur Switching of this time d'anthologie. Un titre absolument mortel des mondialement fameux Monkeys on Juice dont je suis toujours aussi gaga, autant que le premier jour, et qui justifiait à lui tout seul la possession de ce disque, quasiment à se ficher du reste. 
Après cette détonation au ralenti mais totalement addictive sortie de nulle part, et sans que cela ne fâche (tache) vraiment, Pilote et Les Cons font malgré tout un peu retomber la pression que Les Suspects se chargent de faire remonter prestement avec l'inoffensif mais pétillant Meurtre au soleil. Bel Air conclut la première face dignement avec son petit rockabilly des familles et son sympathique petit chant caprin. Très agréable fin de face.

De l'autre côté du vinyle, qui est plusieurs tons en dessous, Zoom devait être focus sur les charts mainstream à mon avis, mais il est resté dans le flou et le morceau n'est pas si dégueu, tout comme pour Off 7 qui fait un peu le Capdevielle. Pop rock FM sans conséquence. Avec Crazy Lights sorry mais c'est un peu le nivellement par le bas, on est plus proche de Gold que des Stagiaires et pour Foxy Lady je préfère ne rien ajouter, tiens... Quand enfin la face s'achève avec le gentil Wallis (sans Futuna), plus rien n'a d'importance c'est lui qui le chante, alors j'acquiesce et j'ai vite fait de retourner le disque afin de réécouter encore et encore et toujours plus fort le morceau de choix des Scottish bordelais Monkeys on Juice, qui vaut vraiment de l'or. J'ai trouvé absolument zéro info sur ce groupe, quelle malédiction. Ce titre est d'une telle énormité que j'en tombe sur le fion et c'est douloureux.  
S'il y a des lecteurs du terroir ou des possesseurs de bouquins de rock bordelais qui en ont (des détails), ils sont les bienvenus pour les divulguer dans les commentaires. Faut surtout pas hésiter car je suis contrarié et je vais encore me sentir obligé de dégoupiller les boites de bière pour l'oublier. 

chouette pochette de Jofo Duplantier qui n'est autre que Jean le chanteur de Les Cons. C'est également lui qui s'est occupé de celle de "Bordeaux Rock 1977 1987".

disque enregistré au Studio Cactus































de toute façon je m'en fous de tout aujourd'hui, j'ai reçu le Go-Betweens.



jeudi 5 mars 2026

Les Frères, S/T CD (1990)

La raison pour laquelle certaines pioches hasardeuses sont parvenues à survivre tout ce temps dans ma collection est simple : j'ai toujours regretté un jour ou l'autre les rares fois où j'ai vendu ou donné et depuis je garde, afin d'éviter tout regret. Celui-ci a donc échappé à la purge, et pour la bonne cause. 
J'ai réécouté plusieurs fois l'album dernièrement afin de me convaincre de le publier ici, d'autant qu'il est sur une major et que les frangins ont ainsi tenté la voie du mainstream, mais ma foi pourquoi pas, soyons fou et pas sectaire. 
Le début du disque est un chouia dur à encaisser avec ce son "pop new wave Top 50" mais les titres s'améliorent au fur et à mesure je trouve, on s'acclimate. Les étoiles meurent d'amour est plutôt agréable à écouter ainsi que la seconde partie de l'album qui roule toute seule, sans accroc, en respectant la vitesse maximale autorisée par la maréchaussée pseudo-commerciale. 
Perso, je ne connaissais pas du tout Les Frères lorsque j'ai acheté cet album au p'tit bonheur la chance pour à peine dix balles (10 francs, hein ! en gros 1 euro) sur le boulevard St Michel à Paris chez Boulinier dans les bacs de cds en vrac à prix dérisoires, lorsque je bossais chez Gibert Jeune en 1993-94. J'ai dû l'écouter deux fois en quarante ans jusqu'à ce que je me décide à reclasser tous mes cds par pur ordre alphabétique et que je retombe dessus. Au préalable ils étaient certes déjà classés par ordre alphabétique mais en plus compliqué : par couleur de tranche ! Et franchement ma mémoire n'étant plus celle qu'elle était (et elle n'a jamais été franchement terrible) je passais de plus en plus de temps à me prendre la tête pour retrouver un cd... 

Comme son nom l'indique le groupe est une fratrie, les trois frères Prud'hon qui devaient être basés en région parisienne (Fresnes ?) : Denis (chant, guitares, claviers), Blaise (batterie, chant, claviers) et Laurent (basse, chant). J'en ai tracé deux aujourd'hui : Denis a toujours le status d'intermittent du spectacle sur son cv (chef monteur son entre autres), a même participé à des sessions avec Bashung entre 1985 et 95 par exemple, tandis que Blaise est devenu artiste animalier (ici son site perso).

(par déduction) de g.à dr. Denis, Blaise et Laurent




mardi 3 mars 2026

Gestalt, Le sommeil du singe LP (1987) CD (RE 2008)

Gestalt s'est formé en 1982 à Lyon, composé de Jack Bourguignon (chant), Thierry Cottin (guitares), Vincent Dubois (claviers), Giles Pollet (basse), Philippe Estève (batterie) + les accordéonistes Eric Gallay et Sylvie Chareun. Le groupe n'aura produit que ce 33 tours, Le sommeil du singe, qui fut salué par la critique mais sans pour autant lui permettre de signer sur un label. Une anomalie de plus dans le monde du rock français. Le niveau des textes (en Français svp) et des superbes compositions est tel que ce disque constitue encore aujourd'hui un des plus beaux fleurons de la coldwave de ce pays. Dans le genre, Mille nuits est un de mes morceaux favoris de tous les temps. 

Le titre de l'album Le sommeil du singe est tiré d'un poème de Jean Raine (le père de l'auteur de la pochette) et "la peinture était censée représenter Tintin à Shangaï en plein délire sous opium fantasmant sur les seins de la Castafiore", explique Pierre Raine sur sa page Insta (voir plus bas).

Lorsque j'ai acheté ce 33 il n'y avait pas de pochette intérieure et à vrai dire j'ignorais qu'il en existait même une. L'internet m'a évidemment montré le contraire. Fort heureusement le chouette label Infrastition a repressé cet album en cd en 2009. Sont venus s'ajouter au LP trois super morceaux inédits enregistrés en 88, après une petite série de concerts en Suisse et en Allemagne. Un livret avec biographie, pléthore de photos et textes du LP agrémente ce bel ouvrage qui est épuisé depuis longtemps. J'ai déjà vu l'album passer plusieurs fois en ligne (sûrement le même fichier réchauffé quinze fois, il y a des spécialistes) mais jamais avec la pochette intérieure du vinyl ou le livret du cd. Pas de réchauffé chez moi, ici c'est peut-être vieux mais c'est toujours du frais, ripé du jour (le cd). Et c'est cadeau surtout.




le CD
bio, photos, textes


dimanche 1 mars 2026

Barney Wilen Quintet, S/T LP (1957)

Mais non ce n'est pas une halllucination, il s'agit bien de l'apparition du jazz sur Haar brut. Du bop plus précisément. Parfait pour un disque de dimanche pluvieux et venteux comme aujourd'hui dans nos contrées. Ce disque vient de la collection de mon père et curieusement je n'en ai aucun souvenir. Non pas que j'eusse une connaissance absolue de tous ses disques de jazz mais comme je trouve cette pochette vintage résolumment magnifique il me semble que j'aurais pu la remarquer. Aucun souvenir de ce disque pourtant. Il faut dire que je n'en ai pas écouté beaucoup de ses skeuds de jazz. Cependant par la douloureuse mais naturelle force des choses, mon abstinence a pris fin. Le premier rapatriement symbolique a déjà eu lieu car j'en sentais un impératif besoin. Et quelles belles découvertes, quels beaux disques et quels beaux moments en perspective ! 
Je ne vais certes pas devenir subitement un accroc du jazz mais il faudra s'attendre parfois à quelques dimanches qui swinguent sur ce blog, les temps changent. 

Barney Wilen est né Bernard Jean Wilen, à Nice en 1937, fils d’un père américain et d’une mère française. Il vit quelques années aux États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale, où il commence à apprendre le saxophone et à son retour en France, il se produit très jeune dans les clubs de jazz de Nice puis, à partir de 1953, à Paris, où il se fait rapidement remarquer dans les scènes de Saint-Germain-des-Prés et du club Le Tabou aux côtés de musiciens américains et français. 
Sa carrière décolle véritablement en 1957 lorsqu’il est recruté par Miles Davis pour jouer sur la bande originale du film Ascenseur pour l’échafaud de Louis Malle ce qui le place sous les projecteurs du jazz international. (J'ai aussi récupéré un 45t de cette BO avec Jeanne Moreau sur la pochette). 
Wilen a été l'un des rares musiciens européens à s’imposer sur la scène internationale du jazz dès les années 1950, combinant virtuosité, ouverture stylistique et créativité dans des contextes très variés.

Sur tout le dos de la pochette figure un texte qui présente Barney Wilen, qui est donc un saxo-ténor d'à peine 20 ans sur cet album et outre son sax ténor son quintet se compose de Hubert Fol (sax alto), Nico Buninck (piano), Lloyd Thompson (contrebasse), Al Levitt (batterie). 

L'écoute de cet original de 69 ans, le plus vieux du blog donc, est hyper paisible et crée une ambiance feutrée et rétro de grande classe. Le disque est de surcroit en merveilleux état, et m'a demandé très peu de travail, le clic lambda à faire disparaitre de temps à autre mais voilà tout. Bon dimanche. 




pochette d'origine avec rabat








pour malto snr (1941-2026)

samedi 28 février 2026

Bee Dee Kay drives The UFOzzz, S/T 45t (2024)

J'achève ce mois de Février de la façon dont il m'a traité cette année : à grands coup d'pompes ou en grandes pompes selon le point du vue. Toujours est-il qu'elles étaient funèbres, les pompes. Essayons de positiver, les aller-retours de ces deux derniers mois m'ont donné l'occasion de passer chez Undersounds à Limoges et Total Heaven à Bordeaux. Tout ça pour me choper dans le lot un skeud que j'avais déjà (depuis le temps que cela me pendait au nez... C'est malto jr qui en a profité, il a maintenant du punk dans sa collection naissante). Le Bee Dee Kay je ne l'avais pas et je l'ai naturellement trouvé dans le bac régional de l'association limougeaude. Le garage rock il y a des amateurs par ici donc tout le monde s'y retrouvera. Ce sax de Grant Seeflay est bien crade comme il faut et envoie la purée surtout dans You move me baby. Disque jouissif sorti chez les Allemands Soundflat Records, un label de Cologne. Autant dire que ce disque ne sent pas la rose mais qu'il a ses épines et qu'il se défend comme si sa vie en dépendait.