samedi 26 septembre 2026

Kim, Aba Gama. Double LP (2023)

Kim, le gars qui lorsqu'on le suit donne le tournis par son activité débordante, mais c'est normal la musique c'est sa vie et c'est une lutte autant qu'un art de tous les instants.
Aba Gama est un album qu'il faut écouter tourner sur la platine pour se rendre compte ici de l'exploit, car les morceaux s'enchainent les uns après les autres sans aucune pause entre les plages, ce que bandcamp ne parvient pas à refléter proprement. 
Autant je ne suis pas spécialement fan des avatars de Kim Giani et de ses parodies autant dès qu'il revêt sa propre peau, il parvient toujours à m'épater. Aba Gama à mon avis le résume de manière pertinente, par son énergie souvent faite de simplicité, de complexité parfois aussi, mais de diversité surtout. Une humanité géniale, ouf! elle existe bien toujours.  
Les trois premiers morceaux de la face A par exemple me sont purement insupportables, je n'ai ni peur ni gêne à l'exprimer car les répétitions sont vraiment fatigantes mais une fois l'obstacle franchi, place à l'écclectisme épanoui de Kim : pop, new wave, électro, limite rock progressif même (!) avec Lonely, les titres s'enchainent avec facilité et brio, uniquement perturbés par le premier changement de face, puis de disque, puis de dernière face. La magie ou la faiblesse du vinyle, c'est selon.
La chronique chez Benzine Mag traduit quasiment à la lettre mon sentiment sur ce disque. Je vous recommande cette chouette lecture plutôt que la mienne d'ailleurs. 

Les tubes sont légion sur ce double LP blanc, en anglais, arabe, russe, allemand, italien, espagnol et autre langue étrangère. 
Quand soudain apparait la fragile mais vertigineuse Valérie, l'irrésistible, l'imparable petit chef d'oeuvre pop qui illumine l'album de ses feux pour l'éternité, on a envie de la protéger, impossible de ne pas succomber à son charme, sa douceur, sa beauté. La pop song parfaite en onzième position sur l'album, par timidité sans doute, mais on l'aime aussi pour ça.
Postal del pueblo de l'Herbe, The song from the backshop sont du même tonneau, celui de l'équipe de Camulodunum dans Astérix chez les Bretons, qui contient la potion magique : attaque classique avec des passes comme s'il en pleuvait et l'essai au bout, des tubes destinés aux medias nationaux. Et pourtant rien..., aucune couverture c'est désarmant, à n'y rien comprendre (on fait semblant, hein). Kim y va même de son "Dub incroyable" c'est dire si la palette est large avant de repartir sur un délire psychédélique en français assez simpliste; mais J'aime assez Jay Mascis moi aussi, j'ai vu Dinosaur Jr à The Venue à Edimbourg lorsque Mascis s'était rabiboché avec Lou Barlow, donc j'adhère encore davantage. 
Wonderful sunset a des airs d'Alan Vega et All the things I've done un petit côté The Strokes, Doux l'indigo se suffit à lui-même et fi de ces références, le morceau final éponyme est une célébration à la Kim. Sept minutes de plaisir artisanales, et à la fin de l'album on se dit qu'on a fait un sacré beau voyage. 
Aba Gama est un disque au long cours, plusieurs écoutes seront peut-être nécessaires pour se rendre compte au final de l'ampleur du concept et de l'indispensabilité d'avoir l'oeuvre dans sa discothèque.
Pour se procurer le disque, s'il reste des copies, il faudra contacter Kim directement sur sa page bandcamp ou facebook, ou peut-être Michel qui se signale ici de temps en temps, du label Z & Zoé Records qui eut l'idée de génie de sortir ce double album. 

Kim "Au coeur du temps" Giani


pochette dépliée façon cache-cache. Achetez le disque...! 




vendredi 25 septembre 2026

Laid Thénardier, Voyez comme on s'haine. Maxi 45t (1988)

C'est François le batteur des Parisiens The Brigades qu'on aime bien ici, alias Tony Aigri, qui motive Doc Justice, Mox et Buz de monter un groupe en 1984. Ils sont tous de la même banlieue parisienne, Juvisy s/Orge dans l'Essonne.A part Mox (qui a des bases de violoncelle!), aucun ne sait jouer d'un instrument et ils se les répartissent donc : Buz Barbar prend le micro, Docteur Justice la basse, Mister Mox la guitare, son frère Sinus le clavier, Robert Obscene sera le nom de la boite à rythme après le départ rapide de Tony pour se consacrer aux Brigades. 
Ils débarquent dans le contexte des années 80, en pleine cohabitation Mitterrand/Chirac et bien évidemment la montée de Le Pen.
Atypique et pas si facile d'accès, j'ai mis du temps à tomber sous le charme de Laid Thénardier et sa musique un peu torturée entre rap, punk, reggae, new wave, difficile de lui coller une étiquette mais j'imagine que bon nombre la classeront dans l'appellation rock alternatif puisque Laid Thénardier arrive en plein dedans et met les pieds dans le plat avec ses textes engagés politiquement.
Ils sortiront deux maxi, un 45t, un mini-LP et multiplieront les prestations scéniques. En 1990 Doc Justice part à l'armée et s'installe ensuite à Marseille, et même s'il suggère au groupe de continuer sans lui, par principe, Laid Thénardier cessera toute activité.

Mon iPod m'a sorti Et l'on machoro ma Kanaky (Referendum dub) l'autre jour, Laid Thénardier s'est rappelé à mon bon souvenir avec ce magnifique dub bien prenant de presque sept minutes, avec ou sans substance illicite dans le sang. Je ne me souvenais même plus qui jouait ce morceau, j'aurais pu parier sur Babylon Fighters mais non ça ne collait pas. Et par conséquent il fallait qu'il passe sur Haar brut, en direct d'Inverness, "Sneck" comme on la surnomme ici. Disque sorti chez V.I.S.A. ce qui n'est pas étonnant, dans la petite série Rebel Flux.





extraits du livret

entretien complet en 2007 dans Nyark nyark !
"50% rebeus, 100% relous." !


mercredi 23 septembre 2026

Nuit Rouge, Riot EP 7" (2010)

Tout un programme, acheté chez Undersounds qui soit-dit en passant a inauguré hier son site nouvelle mouture, un sacré beau boulot. 
Nuit Rouge c'est un groupe de Limoges, Charlotte "Cha" (chant), Ludivine Riot "Lulu" (guitare, chant), Thomas (guitare), Tolbi (basse), Ben (batterie). Je les connaissais depuis la compilation Limoges Punx vol 2 avec deux versions légèrement différentes de Supermâle et L.A.C. donc lorsque j'ai vu ce 45 tours je n'ai pas hésité à le choper. Le chant n'est pas trop relou, il y a des choeurs (c'est toujours apprécié), et la zik percute bien, la hargne électrique coule toute seule même, à flots. Nuit rouge en point d'orgue, un final noir incandescent oi! oi! oi! Rien à jeter dans ce 45t donc, du très bon street punk énervé, et militant comme on s'en doute avec ce nom et ce titre d'EP, du combat de classe au quotidien et dans la rue. Toujours autant d'actualité seize ans plus tard. 
"Rien n'a encore changé, on marche encore sous la pluie..."
Le disque est sorti chez Solitude Urbaine en 2010 avec un insert sympa (textes et photos). Le groupe fut actif entre 2005 et 2011, mais il est toujours grand temps de le découvrir aujourd'hui et l'écouter sans modération.






L'EP tourne en 45 et non 33 comme indiqué sur le rond central du disque




samedi 19 septembre 2026

Pochettes #18, Le Jésus la Marie & la Chaine.

Mon groupe écossais préféré dès que j'ai écouté Darklands, leur deuxième album. The Jesus & Mary Chain. J'ai acheté le disque chez Nuggets à Limoges suite à un article dans Les Inrocks alors bimestriel. Mon tout premier Inrocks d'ailleurs. J'avais un rencard en ville en fin de journée, je ne sais plus lequel mais c'était pas une gonzesse ça c'est sûr. J'étais en avance et j'étais entré dans ce magasin de journaux proche de la place Denis Dussoubs, - figure révolutionnaire de St Léonard de Noblat tout comme Raymond Poulidor, un nid à célébrités ce bled - , la couverture m'avait interpellé. J'avais dû écouter The Jesus & Mary Chain chez Lenoir un soir précédent, en outre Prefab Sprout était au programme, Pixies aussi, Passion Fodder, Daho, cool je l'avais acheté. L'article sur les Jesus consistait en un blind test mené par JD Beauvallet et DJ Norman B, j'en avais adoré la lecture. Celle d'Everything But The Girl aussi, j'en suis devenu fan grâce à l'entretien de C. Whathisname. Quelques jours plus tard, je trouvais Darklands et embarquais les Jesus pour la vie. Le catéchisme imposé dans ma jeunesse prenait enfin son vrai sens.
Le jour où j'ai appris le décès de ma grand-mère maternelle, les frères Reid jouaient à Edimbourg au Corn Exchange et j'avais mon ticket. Ce fut un concert très particulier, j'ai beaucoup pensé à ma Mamie ce soir-là, réconforté dans le même temps par un groupe d'East Kilbride (30 bornes de Glasgow), The Jesus & Mary Chain. Bref, c'est la famille. 

Et c'est donc en 1988 que j'ai commencé à lire Les Inrockuptibles.

Ma petite collection, à compléter au gré du hasard. 

cds
7"
LPs

Maxi 12"

le déclencheur bimestriel

bienvenue chez oim pendant l'écriture de l'article

le textile, toujours important d'être élégant





vendredi 18 septembre 2026

V/A, Bekolympics CDr (2016)

Un peu de calme ce soir avec cette compilation qui m'avait été offerte par Michaël Korchia lors d'une commande, celle de Photon je crois me rappeler. Sortie par le label Beko qui a cessé ses activités depuis, en tirage limité à 200 CD-R pressés par des professionnels, chacun présenté dans une pochette au design unique. J'ai hérité de l'envol d'un gymnaste aux barres parallèles sur fond jaune. 
Beko présentait le disque ainsi :
« Les Jeux Olympiques débutent bientôt. Étant de grands sportifs, nous avons pris cela comme prétexte pour demander à quelques groupes de la famille Beko disques ou amis, d’enregistrer un morceau sur le thème du sport. La plupart des groupes ont déjà sorti un disque sur le label, avec une volonté de mettre en avant nos groupes français, les amis de longue date comme Super Crayon, Djokovic et Splash Wave avec qui nous entretenons une relation privilégiée, mais aussi le tout nouveau Photon (dont nous préparons l’album pour cet automne) et les artistes français qui, selon nous, ont sorti les meilleurs albums de l’année dernière, Rémi Parson (Objet Disque) et Balladur (le Turc Mécanique) qui ont gentiment acceptés notre proposition ! Et pas qu’à moitié à en juger par les hits en puissance proposés !
D’autres figures emblématiques du label, les anglais de Finnmark!, Ski Saigon (ex-Mooncreatures), les Espagnols Royal Landscaping Society, les chouchous montréalais Chevalier Avant Garde (qui n’avaient rien sorti depuis bien longtemps) et les cheums du Drug Train (dont le LP, Petite Nature, sera la prochaine du label, prévue cet automne) ont tout naturellement accepté. Sans oublier le grand retour de Procedure Club, après un passage éclair sur Slumberland. »
(extrait de Pop, Cultures & Cie - voir plus bas).

Balladur de Villeurbanne.
Rémi Parson que l'on connait déjà en ces lieux, originaire de Montauban.
Drug Train qui s'appelle maintenant Dumb Train, de Montréal.
Super Crayon de Rennes il me semble.
Djokovic de Brest. 
Finnmark! from Leeds.
Photon de Borceaux.
The Procedure Club de New Haven, dans le Connecticut.
Ski Saigon, from London
Splash Wave, de Rennes. Mes petites recherches m'ont tristement appris le décès de Cyril Bihan en 2019 qui officiait dans le groupe et possédait de nombreux aliases, jugez plutôt : Bontempi Master, Cyril McRummenigge, Phil Wave, Salut Brioche. Je ne connaissais pas, mais il m'avait l'air bien créatif Cyril, chaleureux salut à lui où qu'il soit. 

Superbe compilation de synth pop, élégante et reposante que j'aime beaucoup. Encore merci du cadeau MK. Je recommande ce bel article dans Pop, Cultures & Cie qui passe brillamment en revue ce disque. Même si je le voulais je ne pourrais pas mieux dire donc pour en savoir davantage, un clic sur le lien idoine. Il a une plus belle pochette que moi, damned. 
Bon allez c'est pas toussa, j'ai rendez-vous avec les soeurs Tedeschi ce soir : The Cords. L'interaction sera nettement plus organique, en tout bien tout honneur. Tchao. 

et hop !



jeudi 17 septembre 2026

Rita Mitsouko, Restez avec moi 7" (1984)

Au péril de la vie du blog je me fends de mon petit hommage à Catherine Ringer et Fred Chichin dont le duo s'est certainement reformé quelque part maintenant. On n'est jamais vraiment sûr avec la mort mais on espère. A chacun son credo c'est comme ça, lalalalala. 
Qu'est-ce que j'ai pu l'écouter Dans la steppe, dans mon appart rikiki de la rue Monge au 6ème sans ascenseur. Mon premier appart. J'y étais souvent dans un état second certes, et dès que je mettais Dans la steppe il y en avait pour un moment. Un morceau qui m'a transporté très loin, je m'y suis vu tellement de fois dans la steppe immense et gelée à courir comme un mort de froid qu'une seule écoute n'était jamais suffisante, replay direct, encore et encore... Encore maintenant en fait.
Il m'accompagnera le moment venu ce titre des Rita. S'il faut n'en choisir qu'un c'est clairement celui-là.
- malta, un de plus sur la liste ! (s'il n'y figure pas déjà d'ailleurs)

Si tu ne cours pas c'est le froid qui t'endormira...Tu vivras jusqu'à ce que le soleil soit couché.... Peut-être qu'après tout le village n'est pas si loin... Et tu vois déjà briller ces lumières dans ton esprit... et ta femme qui sent si bon.... Ne pleures pas, il ne faut pas, car l'eau de tes yeux gèlera... il faut croire jusqu'à la mort que l'inespéré viendra encore.... ne perds pas tout espoir il ne resterait plus qu'à t'asseoir... et sois sûr que l'inespéré peut arriver... sois sûr sois sûr...l'inattendu peut venir... 
Je ressens toujours autant d'émotion lorsque je l'écoute à nouveau, même sobre (plus ou moins). Et une seule écoute ne suffit toujours jamais. Cette basse, ce texte...  
La magie de certaines face B. 

Si les ayants-droits veulent que je vire le disque, pas de soucis et désolé. Il fallait que Dans la steppe passe sur Haar brut. 









































* Je ne tiens pas les comptes chez les maltese, comme par hasard