Aba Gama est un album qu'il faut écouter tourner sur la platine pour se rendre compte ici de l'exploit, car les morceaux s'enchainent les uns après les autres sans aucune pause entre les plages, ce que bandcamp ne parvient pas à refléter proprement.
Autant je ne suis pas spécialement fan des avatars de Kim Giani et de ses parodies autant dès qu'il revêt sa propre peau, il parvient toujours à m'épater. Aba Gama à mon avis le résume de manière pertinente, par son énergie souvent faite de simplicité, de complexité parfois aussi, mais de diversité surtout. Une humanité géniale, ouf! elle existe bien toujours.
Les trois premiers morceaux de la face A par exemple me sont purement insupportables, je n'ai ni peur ni gêne à l'exprimer car les répétitions sont vraiment fatigantes mais une fois l'obstacle franchi, place à l'écclectisme épanoui de Kim : pop, new wave, électro, limite rock progressif même (!) avec Lonely, les titres s'enchainent avec facilité et brio, uniquement perturbés par le premier changement de face, puis de disque, puis de dernière face. La magie ou la faiblesse du vinyle, c'est selon.
La chronique chez Benzine Mag traduit quasiment à la lettre mon sentiment sur ce disque. Je vous recommande cette chouette lecture plutôt que la mienne d'ailleurs.
Les tubes sont légion sur ce double LP blanc, en anglais, arabe, russe, allemand, italien, espagnol et autre langue étrangère.
Quand soudain apparait la fragile mais vertigineuse Valérie, l'irrésistible, l'imparable petit chef d'oeuvre pop qui illumine l'album de ses feux pour l'éternité, on a envie de la protéger, impossible de ne pas succomber à son charme, sa douceur, sa beauté. La pop song parfaite en onzième position sur l'album, par timidité sans doute, mais on l'aime aussi pour ça.
Postal del pueblo de l'Herbe, The song from the backshop sont du même tonneau, celui de l'équipe de Camulodunum dans Astérix chez les Bretons, qui contient la potion magique : attaque classique avec des passes comme s'il en pleuvait et l'essai au bout, des tubes destinés aux medias nationaux. Et pourtant rien..., aucune couverture c'est désarmant, à n'y rien comprendre (on fait semblant, hein). Kim y va même de son "Dub incroyable" c'est dire si la palette est large avant de repartir sur un délire psychédélique en français assez simpliste; mais J'aime assez Jay Mascis moi aussi, j'ai vu Dinosaur Jr à The Venue à Edimbourg lorsque Mascis s'était rabiboché avec Lou Barlow, donc j'adhère encore davantage.
Wonderful sunset a des airs d'Alan Vega et All the things I've done un petit côté The Strokes, Doux l'indigo se suffit à lui-même et fi de ces références, le morceau final éponyme est une célébration à la Kim. Sept minutes de plaisir artisanales, et à la fin de l'album on se dit qu'on a fait un sacré beau voyage.
Aba Gama est un disque au long cours, plusieurs écoutes seront peut-être nécessaires pour se rendre compte au final de l'ampleur du concept et de l'indispensabilité d'avoir l'oeuvre dans sa discothèque.
Pour se procurer le disque, s'il reste des copies, il faudra contacter Kim directement sur sa page bandcamp ou facebook, ou peut-être Michel qui se signale ici de temps en temps, du label Z & Zoé Records qui eut l'idée de génie de sortir ce double album.
Kim "Au coeur du temps" Giani
pochette dépliée façon cache-cache. Achetez le disque...!




































