vendredi 8 décembre 2023

Frànçois & The Atlas Mountains, Brother EP 7" (2007)

Originaire de Saintes en Charente-Maritime, Frànçois Marry part s’installer à 20 ans en Angleterre à Bristol en 2003, afin de bosser en tant qu'assistant de Français à la Bristol Cathedral School.
En quelques semaines il noue des liens avec la scène musicale locale, notamment les groupes Movietone et Crescent par le biais d'une annonce et d'un dessin qu'il avait collés sur une vitrine et qui les citait comme influences. La semaine suivante, il partait à Brighton pour jouer de la trompette avec eux ! 
Movietone est ensuite signé par Geographic alors label du groupe légendaire écossais The Pastels ce qui permet à Frànçois de se lier avec Stephen Pastels (Stephen McRobbie dans la vraie vie) et plus généralement à l'Ecosse puisqu'il écrit une chanson Byres Road , une célèbre rue de Glasgow et qu'en 2004 il part en tournée jouer de la trompette avec Camera Obscura, un de mes groupes pop scottish favoris ! (Son 3ème lp Plaine inondable sortira en cd chez le label de King Creosote, originaire du "Royaume" de Fife, au nord d'Edimbourg, et dignitaire de la scène musicale indépendante au-delà du Mur d'Hadrien depuis la fin des nineties. Sûrement pas une coincidence).

Frànçois sort son premier album Les Anciennes Falaises (enregistré chez lui et paru en CDr sur le label de Bristol Stitch Stitch). Puis finalement en 2005 Frànçois rassemble des amis musiciens qui deviennent alors The Atlas Mountains. Ils enregistrent ensemble l'album The people to forget qui paraît chez Stitch Stitch en février 2006.
Les années 2006 et 2007 sont marquées par une tournée en Angleterre et à travers toute l’Europe en compagnie de groupes tels qu’Electrelane, Adrian Orange, et toujours Camera Obscura.
Composant des morceaux et façonnant leur son de concert en concert, ils décident d'enregistrer l'album Brother mais ils le laissent inachevé... 
Frànçois tente une explication dans les Inrockuptibles : "la musique était un but et un moyen. C’est havre de paix et de ressourcement, je règle mes comptes mais c’est surtout un moment où tu peux te fasciner pour la beauté, la beauté de la forêt en l’occurrence. C’est un exercice que je m’efforce de suivre quand ça ne va pas : simplement ouvrir les yeux, et trouver ces choses qui sont belles et qui t’entourent. J’ai déjà traversé ça plus jeune, des périodes très violentes. J’ai eu une crise assez dure, comme tout le monde peut en traverser, en enregistrant un album qui s’appelle Brother: on avait de bonnes prises, de bonnes chansons, mais je n’ai pas réussi à le terminer complètement. "

Le label espagnol Lejos Discos (qui ne semble plus exister) en a fait ce très beau double EP coloré (blanc et gris marbré) dans lequel on vagabonde paisiblement au coeur de conversations intimes mêlant français et anglais. Les chansons déroulent sans effort, coulent de source, limpides, claires et mélancoliques à souhait. 
Le titre sublime (que j'adore en tout cas et que je pourrais écouter en boucle une éternité...) Women wearing coats apparait avec une version différente dans le dernier album de 2021, Banane bleue que j'ai acheté récemment (photo plus bas) et que malta aime beaucoup écouter d'ailleurs. 
Avec un titre comme Brother, je ne pouvais qu'aimer. 

Après 6 albums, 5 ans à Bristol, retour en France, vie à Bruxelles, Frànçois a signé l'année dernière un side-project à Saintes avec les jeunes de Lysistrata. Le projet s'appelle Park. Qu'en sera t-il des Atlas Mountains dorénavant ?
Après avoir passé plus d'une décennie à chanter une indie pop légère et rêveuse avec son groupe franco-britannique à composition variable, (au dos de la pochette de Brother, The Atlas Mountains sont Rosalind, Rose Clark, Mathew Cheney, Tom Bugs, Georges McKenzie, Matt Jones ; Invités : la batterie de Lee Thomson + le chant de Marland Starkie), il dit désormais revenir aux sources. 
J'ai tenté de le contacter il doit y avoir 1 an maintenant via FB pour lui demander l'autorisation de publier ce disque, mais le message est resté sans réponse et le disque, s'il reste écoutable sur le Bandcamp de Lejos Discos, n'est plus à la vente. "Qui ne dit mot consent" ? "Les absents ont toujours tort" ?... Blourg! Ce disque est merveilleux, avec les craquements vous êtes comme qui dirait chez moi, je fonce. Merci Frànçois.


artwork par Frànçois 
pochette ouvrante

inserts





Banane bleue (2021)

jeudi 7 décembre 2023

Guilty Razors, I don't wanna be a rich EP 7" (1978)

A force de réfléchir aux guilty pleasures, ça m'a fait repenser à ces deux disques des... Guilty Razors !  Le fameux 45t de 1978 repressé en 2006 et leur album (sorti post mortem, avec prescription), Guilty! également en 2006, tous deux chez le label Seventeen Records; Je publierai l'album une autre fois.
Place au 45t donc dont l'original est sorti chez Polydor en 1978 et tiré à 5000 exemplaires, puis retirés de la vente par le label : les disques se vendent mal et Polydor n'apprécie que peu l'indiscipline présumée du groupe, bien entretenue et développée par leur manager. 800 disques subsisteront et deviendront collector des années plus tard. Beaucoup ont eu les coins coupés aux ciseaux et envoyés aux journalistes pour la promo. 
Le line up de Guilty Razors sur ce 45t est Tristam Nada (chant), Juan José Perez (basse, voix), son frère Carlos Perez (guitare), Jano Homicid (guitare) et Dubuck (batterie). 
Ils sont considéré comme le troisième groupe punk parisien après Métal Urbain et Asphalt Jungle. Il y a eu beaucoup de rumeurs les précédant, la plupart complètement inventées par leur manager Alexis Quinlin (futur manager de Taxi-Girl, Mankin Records) pour faire monter la sauce, il suffit de faire une recherche sur internet et les infos ne manquent pas. A mon avis la meilleure lecture est encore celle de l'entretien de Tristan chez Vice effectuée en 2016. Bonne lecture et bonne écoute de cet EP bien décapant, violent. Je reparlerai d'eux plus en détails avec l'album Guilty!

le repress de 2006


j'ai acheté le joli cd (transparent) en premier, avant de voir un jour le 45 à 5 euros


flyer


Philippe Timsit, Henri Porte des Lilas. 45t (1981)

Allez, j'avais parlé de quelques GUILTY PLEASURES à venir en ce mois festif de décembre dans une publication précédente, ces disques dont on ne se vante généralement pas de les aimer peu importe le degré, et bien voilà j'ouvre le feu ! 
Un de mes tous premiers achats de disque, à 13 ans, dans le centre commercial Cora. 
Hé bien je trouve toujours la mélodie sympa et l'histoire racontée assez touchante malgré le pathétique de la chose, pas très rock'n'roll, "on balayait Tino Rossi", "woop woop wapdou-ap", super... 
Le refrain reste pourtant dans la tête. Pour être honnête j'ai même un mal fou à m'en débarrasser depuis j'ai rippé le 45t, lol. 
J'ai fait de menues recherches ici et là et l'histoire serait inspirée d'Aldo Martinez (crédité sur le verso de la pochette pour la photo) ancien guitariste bassiste des Chaussettes Noires d'Eddy Mitchell et le Henri pourrait être Henri Leproux créateur du Golf Drouot. Va savoir. Le disque est produit par un routier du show business "à la française", Paul Lederman.
Tiens, j'ai découvert la face B. J'avais dû l'écouter une fois sans doute, ça fera deux et il n'y en aura sûrement pas trois.
Chose promise (à Haar brut), chose dûe. Un premier guilty pleasure...





mercredi 6 décembre 2023

Debils, S/T LP (1981)

Un petit tour chez les voisins. Debils est un groupe de Bienne/Biel en Suisse, une ville à peu près partagée équitablement entre francophones et germanophones.
Les membres du groupe se rencontrent en 1979: Toxic (chant), Rex (guitare, voix), Richard (guitare), Batman (basse) et X-Mass (manager). Leur credo: être auto-didactes, anti-conformistes, et apolitiques.
Le groupe se forme et comme tous les groupes keupons du monde ils n'ont pas de thune ni de local de répétition, à part les sous-sols des maisons parentales avec de la chance.
Ils commencent à jouer en concerts en 1980, notamment avec Discolokosst (Genève), Sozz (Canton de Berne), Crash Course (de Bienne/Biel, comme eux) par exemple et surtout ils font une première partie pour UK Subs à Zürich.
En 1981 le label local Teva Music leur propose d'enregistrer un 12" de 4 morceaux, pressé à 800 exemplaires, (sans Richard qui a quitté le groupe).
Leur première expérience en studio se passe tellement bien qu'Henry Fries (ex-Krokus, groupe de hard rock suisse) qui est aux manettes pour l'enregistrement leur offre d'effectuer une seconde session et d'ajouter des morceaux. (Batman est alors remplacé par Laps à la basse). Le groupe enregistre alors de quoi faire un album, avec 11 titres. Le morceau Crisis est une adaptation du morceau de... Crisis, groupe punk londonien: UK'79
Le résultat du mixage final réalisé par Jürg Naegeli (également ex-Krokus) qui n'y connait rien au punk les décevra un peu, car le son est moins direct et cru que ce que le groupe espérait.
Les membres de Debils distribueront eux-mêmes tant bien que mal l'album chez les disquaires.
Pendant ce temps, X-Mass le manager convient d'une longue tournée en Allemagne et en France avec des organisateurs, mais Debils décline l'opportunité. En effet, le groupe n’est prêt à faire aucun compromis et ne fait bien entendu pas partie de la scène musicale "officielle".
Il y a de plus en plus de discordes et de désaccords entre les membres du groupe, tant sur le plan musical que personnel. La drogue et l'alcool, les jalousies avec d'autres groupes locaux, le fait de devoir gagner sa croûte en plus de répéter tous les jours et aussi la fin imminente de l'intérêt du public pour le punk rock au profit d'un son plus électronique, mettent fin à l'existence du groupe en 1982.

L'album a été réédité tel quel en 2017 par le label allemand Static Age et le label suisse Swiss Punk (20 copies avec pochette différente). Le mien est celui de Static Age pressé à 488 ex sous pochette ouvrante en dur plutôt luxueuse (je viens de peser l'ensemble, il fait dans les 600g !) et j'étais bien content de tomber dessus un jour. 
J'ai découvert sur un blog suisse en 2009 la super compilation Made in Switzerland (Original Swiss punk 1981-83)* sortie en 1999 que je recommande, je l'ai vite achetée, et dans laquelle figurait Debils que je ne connaissait absolument pas et sur qui j'avais bien accroché. En fait ce son punk un peu trop poli (lisse) me plaisait bien ainsi, de même que le chant féminin de Toxic mais c'est vrai qu'un mixage plus rentre-dedans n'aurait sûrement pas dépareillé, ni atténué ma bonne impression, au contraire. La différence est flagrante avec ce que proposent les autres groupes dans la compile Made in Switzerland (voir pochette en fin de post). 

Troisième publication suisse après les punks de Liliput et le dandy Jean Bart. Voici Debils. 



pochette intérieure ouverte

inner sleeve en 2 parties pour les photos

l'intérieur de l'inner ouvrante avec l'historique de Debils en allemand et en anglais





Made in Switzerland (Original Swiss punk 1981-83)...

mardi 5 décembre 2023

La Strada, S/T. LP (1990)

La Strada était un groupe de Grenoble composé d’Éric Capone (chant, guitare, claviers), Jean-Marie Louche (basse), Philippe Codecco (claviers), et Maurice Tragni (batterie). La proximité de la frontière italienne fait qu'ils ont presque tous un patronyme transalpin et ces origines se retrouvent dans 3 morceaux de l'album qui sont chantés en italien.
A l'époque ce sont deux autres titres chantés en français évidemment, et assez bien foutus qui les ont plus ou moins fait connaitre: La muerte et Dans un souffle. J'avais trouvé ça pas mal mais ce n'est pas pour autant que j'avais acheté ce disque à Paris en 1990. En réalité, j'ai trouvé cet album vinyle il y a seulement 4-5 ans, en même temps que le maxi La muerte (que je posterai l'année prochaine peut-être), en... Ecosse (pour 1 livre!). L'état était moyen mais je m'en foutais tant que je pouvais réécouter ces 2 titres dont j'avais un bon souvenir, sans trop abîmer l'aiguille. Et puis comme maintenant avec le numérique on arrive un peu à bidouiller image et son...Voilà, ça donne ce rip. Le son est suffisamment correct et ce n'est pas comme si j'allais l'écouter 5 fois par an ce disque. Une fois tous les 5 ans me parait bien plus plausible...
Je n'ai absolument pas suivi ni écouté les deux albums qu'ils ont faits ensuite. 






dimanche 3 décembre 2023

La Souris Déglinguée, Princesses de la rue de Sabailand. Remix CD (1996)

Ah ce n'était pas prévu ça. Quelle nouvelle toute nulle, toute pourrie ce matin, qui m'a bien plombée le dimanche. Le réseau social que je suis (il faut bien en suivre un) a annoncé le décès de Nguyen Tan Tai-Luc ! Oui, Tai-Luc, de La Souris Déglinguée. Décédé vendredi 1er décembre. D'abord je n'y ai pas cru, mais plus la journée avançait plus cela semblait bien réel. Autant la disparition tout aussi brutale de Shane McGowan quelques jours plus tôt m'avait bougeotté mais pas forcément choqué même à 65 ans, autant celle de Tai-Luc, au même âge en plus putain! est complètement inattendue. 
Je me disais l'été dernier que j'irais bien le rencontrer et discuter avec lui à ma prochaine visite à Paris ou au minimum, à défaut de discuter, faire un selfie avec ce bouquiniste pas comme les autres. Hé bien non cela n'arrivera jamais. Et alors que BBC 6 Music rend un superbe hommage à Shane Mc Gowan (en ce moment même), nul doute que le départ de Tai-Luc va rester sous le manteau en France. Fuck 'em all ! Une partie de ma jeunesse de soldat perdu, salut le copain !  :-(  
(edit: bon je vois que des journaux nationaux font état de son décès tout de même.)  

Je n'écoutais plus trop La Souris en 1996 mais ce morceau Princesses de la rue me plaisait bien alors quand j'ai trouvé le Maxi CD à la Fnac (il me semble) à sa sortie, il m'avait semblé naturel de l'acheter en souvenir de tous ces bons moments passés sous LSD. Et je l'aime toujours autant aujourd'hui, sans rapport avec la triste nouvelle.

Safe travels, Luc... Et toutes mes pensées à tes proches.





1979, Festival à Lussault-sur-Loire

so long mate et merci...* 

*photo de mon cd de "Juke Box" (2007)