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mardi 14 juillet 2026

Les Cafards / Sadicomix, Split 7" (1989)

Le bicentenaire de la Révolution française était l'occasion pour Les Cafards de se faire plaisir et sortir sur leur propre label Glubo & Co ce split 45t 100% Epinay-sur-Seine avec leurs camarades Sadicomix. Tirage limité à 1989 exemplaires seulement...  

En face A on écoute une magnifique version rub a dub d'Il reste encore des bastilles, le texte de Victor Hugo pour Gavroche, morceau que Les Cafards avaient aussi placé sur le premier album. Cette version "Special bicentenaire" du 45 a de loin ma préférence et démontre une fois de plus le talent des Cafards dans l'exercice reggae dub, j'aime beaucoup. 

La face B est un morceau punk de Sadicomix qui sous des airs de rigolos nous pondent un texte sacrément fort et révolutionnaire mais résolument anti-bicentenaire. Excellent morceau enregistré live au New York studio à Paris dans le 18ème. 

Espérons un feu d'artifice bleu blanc rouge ce soir à Arlington (Texas) en ce 14 juillet car de Bastille Day à Castille Day il n'y a qu'une consonne qui nous sépare, ce sera donc très très chaud même dans ce stade climatisé. Le feu sera sur le terrain mais espérons surtout qu'il s'arrête de brûler nos forêts, françaises comme espagnoles d'ailleurs. 



insert



samedi 22 avril 2023

Les Cafards, EP 7" (1984)

Dans la mini-série des disques Fomb voici l'avant-dernier sur le blog mais le dernier du label, le numéro 4 : le premier 45t des Cafards qui sort lui aussi en 1984. 
Les Cafards sont un groupe d'Epinay s/Seine (93) formé en 82 par une bande de potes: la formation du disque est Bruno au chant, Fred le bassiste, Bess à la guitare et Philippe le batteur. 
Ils connaissaient R.A.S. qui les ont branchés pour produire ce disque chez Bob Mathieu même s'ils ne se sentaient pas tout à fait prêts et par conséquent furent à moitié satisfaits du résultat. Je trouve qu'ils s'en sortent plutôt bien, les morceaux sont bien exécutés, avec supers lignes de basse et de petits soli de guitares brefs mais à bon escient. Par contre j'ai toujours eu du mal avec la voix du chanteur... Bon, ça ne m'aura finalement jamais empêché d'acheter leurs disques suivants. 

pochette réalisée par Bruno le chanteur


spécialité du label Fomb, la pochette poster
à nouveau des têtes connues avec les Cafards (R.A.S., Géno, Arno, etc...)



jeudi 10 août 2023

Les Cafards, Vive les vacances 12" (1986)

Formés en 1982 et après avoir sorti leur premier disque deux ans plus tard, un 45t éponyme , les Cafards enfilèrent le bleu de chauffe avec à leur actif une trentaine de concerts.
Mais c'est au cours d'un gig à Paris du groupe hardcore virginien Scream que Bess le guitariste rencontre les gars du fanzine Kakofony. Peu de temps après Les Cafards apprennent que Kakofony a un petit pécule d'avance dans leur trésorerie et qu'ils souhaiteraient l'investir dans un groupe et produire un disque. Cela tombe bien car nos Blattaria en peine de label avaient décidé de créer leur propre structure (Glubo & Co) mais ne disposaient pas de surface financière assez large pour sortir un skeud eux-mêmes avec une bande qu'ils sont parvenus à enregistrer au studio Campus à Bastille, sur un 16-pistes. Enregistrement assez épique d'ailleurs: 10 nuits mémorables (les tarifs nocturnes étant plus abordables) en mars/avril 1986. Ce fut la fête tous les soirs, chacun arrivait les bras chargés de victuailles et de rafraîchissements houblonnés. On imagine l'ambiance festive... Certains dormaient par terre et étaient réveillés lorsqu'ils devaient jouer leur partie. Si des morceaux étaient déjà prêts, d'autres nécessitaient un peu de travail. Et comme ils n'avaient pas beaucoup répétés, cela se terminait souvent par des improvisations.

Kakofony apporte donc la dernière touche à l'édifice (les ronds qui manquaient) pour fabriquer ce mini-album vinyle. 
Même si le studio n'était pas top et qu'ils eurent des problèmes de mixage sur certains morceaux, leur album est assez réussi et ils vendront les 1000 exemplaires pressés. J'aime beaucoup l'instrumental Le hibou (avec lequel ils commencent leurs concerts, à la manière de La Souris Déglinguée et leur Sortie de garage) ainsi que les morceaux ska/reggae*. Par rapport à leur 45t, la musique s'est enrichie de synthés, d'un sax, de piano, de nouvelles percussions et même d'une seconde guitare. C'est aussi tout naturellement que le ska et le reggae firent leur apparition dans leur répertoire de concerts et ils en jouèrent sur scène dès 1984-85. 
Ce disque en amènera un deuxième, à poster prochainement bien entendu! 

Note: Je vous conseille de lire les pages du fanzine inclus avec le disque comme annoncé sur le recto de la pochette, car chaque morceau a droit à sa petite histoire. Sympa.

* texte de Victor Hugo adapté sur Il reste encore des Bastilles








le zine

lundi 15 avril 2024

Les Cafards, Des goûts et des couleurs. Maxi 45t (1988)

Troisième disque des Cafards avec ce maxi très complet au niveau musical puisqu'il comporte deux morceaux de reggae (Speedo reggae, Abelaouesse), un dub (Abeladub), du ska (James Bond), du rock (Le dernier) et du punk avec la reprise de leur 45t (Chômage pour tous).
Bruno Lefloch au chant et à l'écriture des textes, Frédéric Daubisse (basse), Philippe Besson "Bess" (guitare), Iojik (la claviériste), Philippe Cadiot (batterie).

Le meilleur titre du skeud est sans conteste James Bond avec son petit ska rapide bien coolos. 


je ne suis pas spécialiste, mais voilà plutôt un coléoptère qu'un cafard, non ?

et encore un château en Ecosse (dans "Abelaouesse")...




vendredi 23 février 2024

Sherwood Pogo, Liberté (1986)

L'histoire de Sherwood Pogo commence par des essais au chant effectués pour le groupe Ultraviolet par Manu un punk agité de la banlieue ouest de Paris. Il est jugé trop punk justement pour Ultraviolet et n'est pas conservé. En revanche, il a plu à Frank le bassiste qui trouve Ultraviolet trop mou et le duo qui va vite devenir un trio avec l'arrivée du guitariste Laurent, décide de monter un groupe punk pêchu. Ils recrutent un batteur parmi leur potes et ce sera P'tit Manu qui se posera derrière les fûts.
Le groupe voit donc le jour en février 81 et il se nomme Sherwood, pour la fameuse forêt de Robin des Bois qui y combattait l'Etat et les abus du pouvoir. Sherwood, également pour être placé derrière Sham 69 dans les bacs des disquaires, car ils sont fans du groupe de Jimmy Pursey.
Le quatuor peut désormais répéter dans une cave à Colombes. 
Début 82, P'tit Manu prend du LSD, ne redescendra jamais et finira en HP. Il est remplacé par Phil de Fer. Sherwood trouve enfin un vrai local de répétition à Argenteuil, puis c'est l'heure des premiers concerts en France et en Allemagne et des premières démos (la K7 Tout reste à faire en 83), mais Phil est vite écoeuré par le nombre incessant de bastons dans les concerts et il décide de quitter le groupe fin 84.
Il faut dire aussi que Manu est un des fondateurs du Kop de Boulogne au Parc des Princes. Il est plutôt fouteur de merde et bagarreur et fait partie de la toute première génération violente de supporters du PSG, déclenchée en partie en réaction à des réceptions houleuses subies en Province. Les Parisiens s'organiseront et deviendront un Kop capable d'actions partout en France. Paris v. le Reste.
Lorsque la première bande de skinheads des Halles va débarquer en tribune au début des années 80, les choses vont se gâter au sein du Kop. Ces même skins et punks se retrouvaient aussi souvent en concert et ça faisait souvent boum**. La rivalité entre skins et punks ira crescendo avec la politisation de plus en plus radicale des crânes rasés qui veulent coloniser la tribune Boulogne. En 1984, Manu le punk va se battre contre eux quasiment à chaque match jusqu'à laisser tomber à force d'aller au stade et de passer son temps à surveiller ses arrières. Frank et Laurent n'étaient pas en reste, ils l'accompagnaient aussi au Parc et dans les embrouilles mais désormais Sherwood joue souvent en concert les weekends donc les mecs n'ont plus tellement le temps pour aller au stade de toute façon.
Bref, Phil est remplacé pendant 3 mois par Mike'l le batteur anglais du groupe allemand Enola Gay. 

En 1985, le groupe ajoute "Pogo" à son nom pour ne pas être confondu avec un groupe homonyme. 
Phil revient à la batterie et une deuxième guitare arrive, celle de P'tit Pat. Ils enregistrent en studio à Bristol, (au SAM studio qui a vu passer Chaos UK, Vice Squad, Disorder, The Varukers, etc..). A défaut de disque, de thune et de label intéressé, ce sera une seconde K7 On est... pas des saints (sortie sur vinyle en 2011, je le passerai plus tard). 500 exemplaires de cette K7 seront vendus.
Toujours en 85 et après plein de concerts, Phil quitte définitivement le groupe pour rejoindre Flitox. Laurent aussi, il part jouer avec Trotskids. Un autre Philippe (Cadiot), celui des Cafards prend la batterie, et Christophe "Teuf" (Les Gnomes, M.S.T.) remplace Laurent.
C'est cette formation qui va enregistrer l'album Liberté sur lequel on retrouve les thèmes évoqués plus haut.
J'ai acheté ce disque à la Fnac Rennes en 87 (69 balles). Je ne connaissais absolument pas Sherwood Pogo, mais la pochette a attiré mon attention et lorsque j'ai vu le nom des faces (Virage Auteuil, Virage Boulogne), lu le nom des morceaux, notamment "Paris S.G." mon sang n'a fait qu'un tour. J'en attendais d'ailleurs un peu trop car je n'ai pas été très emballé à la première écoute pour être honnête. Mais ce skeud a fini par m'amadouer au fil au temps grâce à l'enchainement en face A Ouille x3!-Squatt mouvement-La bouteille, et Tromé girl sur la B. 
 
Pour l'anecdote, le mot "Liberté" de la station de métro sur la pochette n'aurait jamais dû être barré mais souligné ! Il s'agit d'une erreur à l'imprimerie et évidemment Sherwood Pogo n'a pas eu les moyens de tout faire ré-imprimer. Le disque sort chez Auto Da Fé Records dont c'est la première référence et amorce l'explosion du punk hardcore français. Un classique.

* Forum Culture PSG 
** Fabian, figure historique du milieu skinhead parisien évoque un clash avec Manu dans le bouquin "KOB, notre histoire deviendra légende"
(Autres sources: mon cd Total Story 81-87 (2014) et l'insert de mon 33t On est... pas des saints!)

Sherwood Pogo et Les Cafards qui étaient potes, au grand complet sur la photo !




messages secrets


mercredi 29 juillet 2026

E.T, e.p Maxi 45t (1983)

E.T pour Eric Tandy, pas pour l'idole Extra-Terrestre des années 80 qui pointait du doigt sa maison dans l'espace. Evidemment on a tous regardé le doigt
Sa maison à l'ainé des frères Tandy a toujours été son écriture, sans oublier le refuge Mélodies Massacre, le magasin de disques mythique de Lionel Herrmani à Rouen, dans lequel Eric a travaillé comme vendeur. 
Il forme ici un tandem avec Bruno Lecoeur ex-bassiste des Rythmeurs et ingénieur du son. Ils ont loué un 8 pistes pendant une semaine et ont enregistré le disque dans la cave de Bruno qui écrit la musique de ces quatre très bons morceaux. Eric Tandy en est le parolier et le chanteur. Il ne sait pas chanter il le dit lui-même mais on l'aurait deviné tout seul. Cette désinvolture passe pourtant très bien, j'y trouve même de l'élégance. C'est le style après tout et il donne à ce petit classique rouennais une envergure nationale. Sous le manteau cela va de soit.
Eric Tandy fut parolier des Dogs sur le 45t venant avec l'album Walking Shadow (le titre Trouble-Fête que je n'ai pas, donc pas la peine de cliquer sur le lien si vous cherchez ce morceau), des Olivensteins, de son frère Gilles, des Gloires Locales, Les Nouveaux Riches. 
Disque sorti chez New Rose et trouvé récemment à Annecy chez cet excellent petit disquaire que je recommande chaudement (surtout pour les bacs du fond) : Vinyl & Coffee.  

En outre, Smap Records a sorti un album d'Eric Tandy en 2015, Cafards bizarres




Nineteen n°13 (décembre 1984 Janvier 1985)

"(Tant de bombes) Sur la ville" en double sur la playlist... bug... comme si des bombes il n'y en avait pas assez, pff...