vendredi 19 janvier 2024

Les Objets, Sarah 7" (1991)

Sarah est le deuxième extrait de l'album La normalité, faisant suite au premier 45t La saison des mouches. C'était l'un des meilleurs morceaux de l'album donc tout naturellement il devient un single.
Le duo qui forme Les Objets, Olivier Libaux et Jérôme Rousseaux, offre un inédit en face B, Tchin' qui est une ode à la boisson en quelque sorte. De petites guitares anglaises carillonnantes au service d'un texte en français, simple mais touchant. C'est peut-être ce qui qualifie le groupe, la simplicité. Peu d'artifice au service d'une pop claire et douce. Ce qui contrastait avec le fait d'avoir été signé par une major (Columbia) généralement peu encline à la candeur. Et pourtant...

pochette magnifique



mercredi 17 janvier 2024

Chelsea, Nouvelles du paradis (1994)

Avec la publication de ce troisième album de Chelsea, le rideau se baisse définitivement sur le groupe tourangeau. Sur Haar brut, leurs sept autres disques* depuis mars 2022 :

Cet album est une petite merveille pop tout simplement. L'album de la maturité dit-on généralement avec rien à jeter dans ces 14 morceaux chantés en français et en anglais. Olivier Descroix le batteur quittera ses comparses après ce disque, Emmanuel Tellier (voix, guitares, orgue, piano), Pierre Palmieri (basse, claviers) et Etienne Dutin (guitares, voix).
La sonorité du chant fait penser à Bill Pritchard que j'apprécie énormément et les morceaux sont très beaux pour peu que l'on aime la pop. L'album est produit par le groupe aidé de Stephen Street le producteur des Smiths, Andy Chase, Stéphane Poitevin et Bernard Natier. Les arrangements sont hyper soignés et offrent au groupe une quasi-immortalité. Les chansons ont été enregistrées au cours de l'année 1993 et l'album est sorti chez Rosebud. 
Trente ans plus tard le disque n'a pas pris une ride et s'écoute avec le même délice qu'à sa découverte lors de sa sortie. Le webzine C! Le Cargo! en parle merveilleusement bien. Leur chef d'oeuvre je dirai en toute objectivité même si sentimentalement Tramway de deux ans son aîné reste devant en ce qui me concerne. Les disques sont aussi un pan de vie pour tout un chacun et en 92 je marchais sur l'eau alors que 1994 fut une année très tourmentée pendant laquelle j'ai démâté, à deux doigts de sombrer. Trêve de billevesée, place à l'indie pop classieuse de Chelsea. 
La suite on la connait déjà avec Melville, viendra bientôt le groupe d'après : La Guardia.

*vous noterez - ou pas- que 3-4 photos ont été améliorées.

pochette "smithesque"





  

dimanche 14 janvier 2024

V/A, L'Auvergne revisite The Velvet Underground & Nico 1967-2007 LP + 7" (2007)

"Mardi 9 octobre 2007, 70 versions, 25 groupes, 81 musiciens, 14 élus."
Je ne fais que citer la pochette. 
"A Clermont-Ferrand, la Coopérative de Mai accueille près de 300 artistes par an, dont certains la transportent, l'espace d'une soirée souterraine, dans le New-York de 1967. (...) En décidant en retour d'organiser un grand concert, destiné à fêter le 40ème anniversaire de la sortie de The Velvet Underground & Nico, la Coopérative de Mai avait un double objectif : rendre hommage à un album fondateur, véritable pierre philosophale du rock moderne, et permettre à la foisonnante scène locale de se frotter, de très près et dans toute sa diversité, à un mythe mirifique. A l'écoute de ces 14 reprises et adaptations, sélectionnées par Jean-Daniel Beauvallet, rédacteur en chef des Inrockuptibles, le pari est gagné : dans les bras du rap, du folk, du rockabilly, du hard-rock ou de la new-wave, les chansons de Lou Reed retrouvent leur énigmatique sourire en forme de banane, désormais multicolore."

1967, une année vraiment somptueuse en albums... (... mais pas que, puisque je suis aussi mis au monde, hehe  !)
Excellent album de reprises d'un chef d'oeuvre que tout le monde connait, qui débute magnifiquement par le rap de Shaolin, et ensuite on trouvera des gens déjà cités sur le blog comme La Position du Tireur Couché. J'aime particulièrement les reprises de Shaolin donc, qui revisite complètement Sunday morning, celles de Quidam ou Octobre/Novembre, et celles du 45t. Mais toutes ont leurs qualités, chacun se fera son avis.
Et qui dit Auvergne et musique dit bien sûr l'un des plus célèbres Auvergnats qui clôture le 33t, feu Jean-Louis Murat.

Une petite curiosité que j'aime bien ressortir de temps en temps. Enjoy! 





très beaux ronds centraux...

le 7"

... idem


samedi 13 janvier 2024

Les Calamités, Toutes les nuits 7" (1984)

Ah que j'aime ce morceau ! Je me revois très bien entendre Toutes les nuits pour la première fois à la radio sur la bande FM et lancer l'enregistrement après le premier refrain. J'avais toujours une K7 prête à l'emploi dans mon vieux poste Radiola. Ensuite, il ne me restait plus qu'à prier pour le morceau repasse un jour afin de l'avoir en entier. Ce qui arrivera et je me contenterai de cet enregistrement pendant de longues années parce que trouver ce 45t où j'habitais, c'était tintin !
Dans le répertoire des Calamités, deux morceaux sont au-dessus du lot, à des lieues au-dessus même: Toutes les nuits et Envers et contre tout, mais ce dernier je l'ai découvert sur le tard.

Odile Repolt (guitare, chant), Caroline Augier (basse, chant), Isabelle Petit (guitare, chant) et Marcelle Bérard (manager) se connaissent depuis l'âge de 10 ans, elles habitaient le même quartier à Beaune. Elles ont vite découvert que chanter ensemble leur offrait des possibilités d'harmonie et elles se sont aussi vite passionnées pour les Beatles, s'inscrivant même à leur fan-club. Au lycée, la musique devient plus qu'un passe-temps et assez rapidement l'envie leur prend de monter un groupe, d'autant que l'établissement scolaire leur offre l'accès à des instruments et des amplis. Elles composent ensemble et collectivement créent un à un leurs morceaux. Elles donnent leur premier concert en avril 1981 au lycée viticole de Beaune sous le nom de Caribout (avec un t) et progressent petit à petit. C'est Antoine Masy-Perrier (Tony Truand) qui leur suggère le nom Les Calamités lors d'une fête. 
Elles côtoient régulièrement les Snipers et ces rencontres, le milieu musical qu'elles fréquentent les font progresser. Elles participent à la compilation Snapshots en 1983, c'est Fred Belin le batteur des Snipers qui joue avec elles sur le morceau Je suis une calamité qui convainc Patrick Mathé de New Rose de leur faire faire un disque. 
Depuis leurs débuts, les Calamités utiliseront six batteurs et le septième sera le bon : un Anglais de Manchester, Mike Stephens, qui est venu à Beaune par passion pour le vin de Bourgogne (il faisait partie d'un club de dégustation à l'Université de Bradford). Il met une annonce chez le disquaire de Beaune et il sera l'élu. 
Patrick Mathé demande à Lionel Hermani de Mélodie Massacre (Rouen) de produire l'album A bride abattue que je posterai plus tard et ce 45t en est l'extrait. Histoire à suivre avec l'album... 

Source: le livret fourni avec la compil Encore! 1983-1987 parue chez Born Bad en 2022 que je n'ai pas achetée, car pas trop d'intérêt en ce qui me concerne. (Merci à Bbebe pour le pdf qui lui a de l'intérêt, par contre).





vendredi 12 janvier 2024

Colditz, S/T LP (1984) (2017)

Ce genre de disque (pirate) n'apporte rien au schmilblick, la qualité du son reste la même que les archives téléchargées sur le net venant d'une copie d'une copie d'une K7, mais je ne peux jamais m'empêcher de l'acheter.

Colditz naît sur les cendres de L'Infanterie Sauvage et sera un groupe éphémère. Six mois tout au plus et encore je suppute puisque je n'étais pas là. Ce qu'il en reste est une K7 enregistrée qui fera le tour des forums concernés lorsqu'internet établira ses quartiers chez monsieur tout le monde et c'est là que je découvrirai cet enregistrement. 
C'est l'époque ou Géno prend un virage à droite, mais se fait d'abord un trip skinhead bourrin avec Colditz. 
Le groupe formé en mars 84* est composé de Géno qui ne chante pas mais joue de la guitare, Eric "Blitz" qui sera le premier chanteur des Garçons-Bouchers à la basse, Eric "Ricket" au chant, et Fred "Malaise" à la batterie. Le groupe répète dans la cave de la grand-mère de Ricket** et enregistre la fameuse K7 démo sous un pseudo label "Pachiderm skin productions"** (cf la jaquette ci-dessous). La K7 aurait été enregistrée par feu François Hadji-Lazaro sur un vieux 4 pistes mais je ne fais que citer Tam "Meta", un proche de Géno de la première heure, qui nous avait filé cette info sur le forum Keponteam. Le nom du groupe, inspiré par la série tv, aurait été trouvé par Jojo premier herbert de France, également dixit Meta. 
Blitz et Malaise se détacheront progressivement (rapidement) du quatuor tandis que Géno et Ricket finiront la courbe, vers l'extrême droite, en montant un nouveau groupe au nom sans équivoque, Totenkopf...

Au niveau du répertoire de Colditz, il est établi "dans le milieu" que le morceau La France défigurée est plus ou moins l'ancêtre du fameux La Bière des Garçons-Bouchers. La similarité est facilement identifiable. Et si en plus le gros François, rencontré par Géno et Eric Blitz dans le métro vers Tolbiac alors qu'il jouait du violon, (anecdote de Meta à nouveau, décidément) enregistrait les K7, alors le doute n'est plus permis ! 
Made in l'indien et Génération 80 sont deux morceaux identiques. Histoire de hêtraie s'appelle sur la K7 démo Buchenwald story... et elle est signée BKS justement qui était un groupe de Géno pre-Infanterie Sauvage (dont il était le batteur si j'en crois mes sources***), de même que Lénine à Paris et Poupée Barbie. Il semblerait que l'auteur de ce bootleg ait été induit en erreur par ses fichiers numériques. Je m'explique: j'ai moi aussi retrouvé mes fichiers de BKS intitulés Rehearseals 1981, avec les 3 morceaux impliqués, j'ai retrouvé les fichiers corrects de Colditz et j'ai trouvé aussi un dossier appelé "Colditz - misc" qui contenait également les 3 titres. Vous me suivez ? La magie d'internet et des forums. C'est vrai que j'aurais pu corriger moi-même si cela m'avait tracassé. Maintenant c'est fait. 
Il semble qu'entretemps un contributeur ait effectué des corrections sur Discogs, peut-être qu'il s'agit de l'anonyme plus bas, à moins que l'anonyme n'ait fait que rapporter ce qu'il a lu sur Discogs ? De toute façon, le disque y est interdit à la vente (tout comme le nouveau boot de 2024).
Les inconsistances des disques pirates de groupes Oi! français un peu chauds sont insondables. Je ne parle même pas des pochettes... Celle-ci reste acceptable graphiquement même si l'imagerie guerrière est suspicieuse et sans rapport avec les morceaux du groupe. 

Par ailleurs Géno eut aussi un projet solo avant BKS en 1980 : Cockney Molotov, ça m'étonne qu'un opportuniste n'en ait pas fait un 45t pirate. Ceci dit j'en ai profité pour réécouter les morceaux et le son est difficilement améliorable même remasterisé. 

** source livre "Fabriqué en France"
*** source livre "Skinheads, les maudits du rock'n'roll ! vol.1"

pochette un peu douteuse, on n'est pas dupe...
Géno  
insert
deux faces, mais les 9 mêmes pistes sur les 2 !
K7






** une trentaine d'exemplaires seulement ce bouquin il me semble, et *** édité en 500 copies

No Fuck Bébé, S/T LP (1984) (2012)

Une des trouvailles de feu Mémoire Neuve que je préfère. Le disque de No Fuck Bébé paru en 2012, ce groupe de la cité des Buis à Valentigney à côté de Montbéliard qui était passé aux Enfants du Rock en 1982. 
No Fuck Bébé étaient des fils de prolos qui trainent dans la rue, font du rock et courent souvent après la came afin de ne pas être en manque. Il s'en suivra beaucoup de morts tragiques. La liste des disparus sur la pochette interne est malheureusement assez impressionnante. 
Le groupe est composé de Jimmy Bessioud (batterie 1980-84), René Philipps (chant, guitare 80-84), Titus (guitare 80-82) et Quinroux (basse 80-82) qui succombera du sida. Puis arrivent les filles Laurence "Lolo" Baldini (basse 83-84) et Giji (Management). Dans les articles trouvables en ligne on voit aussi Chamex "Cham" un premier chanteur en 1981. 45vinylvidivici a pompé l'article sur Francetvinfo mais il ajoute des coupures de presse fort intéressantes. Le groupe a pas mal joué mais jamais en dehors de sa région. 
L'enregistrement des morceaux sur cet unique disque date du 28 mars 1984 au Studio Fred à Vesoul. Chaque face s'ouvre et s'achève par un instrumental et entre chaque, des compos brutes mais soignées et des textes vindicatifs. Cela avait été mon coup de coeur en 2012. 
Je recommande chaudement le visionnage de cette passionnante émission de France 3 Franche-Comté trouvé sur la chaîne de René Philipps qui raconte l'histoire de No Fuck Bébé, groupe météorite charismatique du Pays de Montbéliard. 
L'orateur est Sabino D'Ambra, cofondateur et programmateur de l'Atelier des Môles, qui est à l'origine de ces bandes qu'il a transmises à René qui les a confiées à Régis de Mémoire Neuve, qui les a faites graver sur ce disque vinyle en 300 exemplaires, pour notre plus grand plaisir.




Jimmy, Quinroux, René et Titus : No Fuck Bébé au début des années 80 © Alain Dister