dimanche 30 avril 2023

V/A, 10 Chansons inédites par Snapshot(s) (1983)

Compilation du label bordelais Snapshot Records réalisée avec la collaboration de Chris Wilson et Robin Wills des Barracudas. Quelques morceaux sympas notamment Les Standards, Les Rythmeurs, Les Coronados (qu'il va falloir que je poste enfin sur ce blog) et surtout ceux des Dijonnais: Les Calamités et Snipers. 
D'autres assez irritables (Stilettos, Gamine). Le reste n'aucun intérêt (pour moi). Alors pourquoi poste-je cette compil plutôt qu'une autre ? Aucune idée, la pochette sied bien aux couleurs du blog sûrement... Et on ne peut pas toujours être en forme non plus, hein. 




livret



jeudi 27 avril 2023

Disturb, Split Disturb / Sk Niks LP (2013)

Suite du Split d'Euthanasie après Sk Niks (si vous l'avez lamentablement raté), Disturb, groupe de Blois. 
Le groupe est fondé fin 82 par Tonio (chant), Biondette (guitare), Luche (basse) et Guiche (batterie). 
Comme les Amiénois dans l'article précédent, Disturb ne se distingue sur vinyle qu'avec un seul titre sur la compil 7" de Ripost en 84 avec le morceau Toujours bosser. Elle est assez connue cette mini-compil mais je riperai quand même mon skeud et la publierai à l'avenir puisque l'idée à la base est de mettre en ligne mes propres dixes.
Disturb est ensuite présent dans quelques compilations punk sur k7 et se produira dans plusieurs concerts, notamment au festival Ripost (avec leur potes blésois Kidnap, plus les Collabos et Reich Orgasm pour les plus connus) mais aussi avec Raff à Blois par exemple ou Daily Terror à Dijon.


insert

Sk Niks, Split Disturb / Sk Niks LP (2013)

Un split paru chez Euthanasie Records en 2013. Sk Niks sont d'Amiens, le groupe se monte en 1981. Ils se font connaitre par leur titre La force, un des meilleurs de la compil Chaos en France volume 2 et puis plus rien d'autre. David 1904 a donc remédié à ce manque et il aurait été dommage de ne jamais écouter leurs autres morceaux. Camp N°10 est un morceau énorme, entêtant au possible, la version alternative de La force était aussi une belle découverte.

La force leur valut toutefois d'être rattrapé par la patrouille aux mauvaises intentions alors que ce n'est que sincère provocation entre punk et Oi! et la fin du groupe sera rapide.
Il faut dire que le frontman Dominique "Bâtard" Cornet en impose avec sa grande carcasse, son look skinhead (le seul d'Amiens à l'époque), et sa voix agressive. Il est bien épaulé par la guitare teigneuse de Patrick "Ramone" Mallet, la basse rageuse de Philippe "Destroy" van Haelst et la batterie qui cogne de Bruno "Polska" Wlodarszyk. Voici en guise de témoignage leur face du Split. Top !

L'autre face à venir tout à l'heure sur Haar brut... Stay tune!


l'insert avec quelques mots sur Sk Niks

mardi 25 avril 2023

Les Provisoires, Maxi 45t (1984)

En 1984, suite à leur album Loin de la plage (chez L'Invitation au Suicide et à venir sur le blog), les Montpelliérains Les Provisoires sortent ce Maxi 45t sur le label parisien Contorsion la même année. Une jolie pochette un peu énigmatique qui si on fabule un peu pourrait avoir été inspirée par la photo de George O'Mara, nu et de dos, sur le 1er single des Smiths Hand in glove. Ici ce serait George toujours de dos qui commence à se désaper... 
Toujours est-il que Les Provisoires n'avaient pas eu leur mot à dire sur la cover de l'album (contractuellement) et que celle de l'EP est plus simple et plus réussie. 
Histoire aussi de prendre le contrepied de l'album assez noir dans l'ensemble et peu facile d'accès, ce maxi qui est enregistré à paris en juin 84 sonne beaucoup plus new wave avec un chant qui n'est plus si agressif. 
Le premier titre pourtant n'aide pas trop à entrer dans le disque selon moi. Les autres morceaux sont bien plus accueillants et bien léchés avec le synthé en avant qui donne envie de bouger (la tête, soyons fou).  Une jolie tentative "commerciale" peut-être, mais sans promo ça ne pouvait pas vraiment marcher. 
Le superbe 45 Dis-moi, dis-moi, dis-moi qui suivra en 1988 et que j'avais présenté sera plus pêchu mais ne cartonnera pas non plus.

Les Provisoires étaient Jean-Marc Queffélec (chant), Michel Albini (basse) et les frères Le Guen, Laurent (guitare) et Bruno (batterie) lequel décèdera peu après. Triste.




photo du livret venant avec l'album
   

dimanche 23 avril 2023

Dentist, S/T (2009)

Le collectif Mémoire Neuve (qui est toujours en stand-by aujourd'hui ) s'est attaqué en 2009 aux premiers punks niçois, dans un style protopunk à la Stooges, à savoir le groupe Dentist. Un super témoignage pour les historiens du rock français même si comme souvent le son n'est pas au top. Enfin, pas au top peut-être mais à fond la caisse ça c'est clair!
Dentist avait les crocs et ça s'entend. La face A a été enregistrée de façon très brute à La Marge en juillet 1978, un chant en anglais (parait-il ! ) et la face B, chantée en français (faut le savoir ! ) à la Villa Maria, août 79.
Le disque est une déferlante infernale de riffs saignants qui dégoulinent mais avec maîtrise, d'énergie impressionnante électrifiée à haut voltage, avec un chanteur/hurleur François "Bébert" Albertini, les guitaristes Jean-Marc Seni et Pierre Nègre, et la section rythmique Philippe Lejeune derrière les fûts et Frank Durban à la basse. Cette formation complète oeuvre sur la première face, mais sur la seconde de 1979 il manque Pierre qui est parti former le groupe Strideur. A noter le bref passage de Bernard Segard pour remplacer Pierre Nègre mais il partira rapidement pour fonder Les Bandits.

Fin 1980, Dentist se sépare: Frank et Bébert fondent Les Playboys, Jean-Marc montera Gino et les Idoles que l'on trouve tous deux sur la compil Week-end à Nice proposée l'année dernière.





Dig It! n°47, Octobre 2009. "crue et saignante comme un étal de boucher, les riffs plus rouillés que la R5 de mon voisin " !

samedi 22 avril 2023

Les Cafards, EP 7" (1984)

Dans la mini-série des disques Fomb voici l'avant-dernier sur le blog mais le dernier du label, le numéro 4 : le premier 45t des Cafards qui sort lui aussi en 1984. 
Les Cafards sont un groupe d'Epinay s/Seine (93) formé en 82 par une bande de potes: la formation du disque est Bruno au chant, Fred le bassiste, Bess à la guitare et Philippe le batteur. 
Ils connaissaient R.A.S. qui les ont branchés pour produire ce disque chez Bob Mathieu même s'ils ne se sentaient pas tout à fait prêts et par conséquent furent à moitié satisfaits du résultat. Je trouve qu'ils s'en sortent plutôt bien, les morceaux sont bien exécutés, avec supers lignes de basse et de petits soli de guitares brefs mais à bon escient. Par contre j'ai toujours eu du mal avec la voix du chanteur... Bon, ça ne m'aura finalement jamais empêché d'acheter leurs disques suivants. 

pochette réalisée par Bruno le chanteur


spécialité du label Fomb, la pochette poster
à nouveau des têtes connues avec les Cafards (R.A.S., Géno, Arno, etc...)


vendredi 21 avril 2023

R.A.S., Rien à signaler 7" (1983)

Je ne pouvais pas poster L'Infanterie Sauvage et ne pas aussi évoquer ces autres pionniers de la Oi! en France que sont R.A.S. (Rien à Signaler) ! D'une part parce que les deux groupes étaient potes et d'autre part parce qu'il s'agit là du deuxième groupe qui a eu un impact certain sur mes orientations musicales dans les années 80.

R.A.S. se forme en 1982 en banlieue nord-ouest de Paris et splittera en 1984. En seulement deux petites années les mecs susciteront beaucoup de débats et de tension avec un discours anti-nationaliste malgré la présence de skinheads dans l'équipe: comme quoi réduire le neuski au facho est un raccourci fâcheux. Evidemment cela ne plaisait pas à tout le monde et ils s'attirèrent les foudres des rasés de l'autre bord tendance Tolbiac's Toads ou Evil Skins qui firent des apparitions menaçantes au cours de leurs concerts surtout après la sortie de leur lp 84 afin d'empêcher le groupe de jouer Couleurs de ta mort, Mort pour la France et spécialement LVF qui fustige ces mêmes skins nationalistes. Je posterai le lp un autre jour.

R.A.S. c'est donc Philippe "Bibi" (manager et fils d'un célèbre commissaire de police), Constantin Papas "Taki" (guitare), Jean-Louis (batterie), et Thierry "Trevor" (basse) qui se connaissent dans le cadre collège/lycée/sport, Gaz (choeurs) c'est au flipp' du coin qu'ils le croisent, Rémi (choeurs puis 2ème chanteur sur le lp 84) lui est le voisin de Jean-Louis et il se trouve aussi qu'il répète au même endroit avec son groupe, Nicolas (1er chanteur) rencontre Taki en fac, et Xavier (choeurs) est rencontré en vacances par Trevor, Jean-Louis et Taki. Ces deux derniers jouent dans Virus 77 (rappelez-vous!) mais ils ont envie d'une musique plus furieuse et créent donc R.A.S. Tout ce petit monde ne va plus se séparer pendant deux ans.

Ils sortent ce 45t en 1983 avant même d'avoir fait des concerts. Le skeud est enregistré chez Bob Mathieu, l'auto-production Fomb 1, 1500 exemplaires mis en vente 10 balles + un badge. Quatre morceaux rapides, carrés, inspirés de groupes anglais comme Special Duties et un titre plus lent qui sort du lot et qui d'ailleurs ouvre le premier disque de R.A.S. La suite pour plus tard, avec l'album 84 à propos duquel je m'épancherai davantage sur les voix, le jeu d'instruments de chacun qui est à mon avis énorme et cette présence indispensable des choeurs. J'ai toujours pensé que des choeurs dans de la Oi! ou du punk sont vraiment un atout décisif.  
J'ai entendu R.A.S. au même moment que L'Infanterie Sauvage toujours par le biais de la radio et les 2 figurent dans la même K7 maison. Deux groupes français aussi puissants découverts quasi en même temps, je ne pouvais pas échapper à ce courant musical. J'ai connu (et récupéré) l'album 84 en premier, je n'ai jamais eu/vu l'original de Rien à signaler, et ensuite il était bien trop cher sur l'interweb lorsque celui-ci a débarqué chez nous. Mais encore une fois Euthanasie à la rescousse en repressant à l'identique cet EP mythique ! Comme souvent plein d'infos sur le groupe chez David 1904.  

dessin assez moyen quand même, s'il fallait chercher des pous sur un crâne rasé




encore une fameuse pochette poster 
texte de Philippe Roizès pour finir, un bien bel ouvrage d'Euthanasie 






mercredi 19 avril 2023

L'Infanterie Sauvage, Chansons à boire 7" (1984)

Un de mes disques les plus importants, un de ceux auxquels je tiens le plus même si mon exemplaire original n'est pas dans le meilleur des états (la pochette dépliante est scotchée à force de manipulations négligentes) mais je m'en fous le disque tourne encore nickel. De toute façon, Euthanasie Records a eu l'idée génialissime de le rééditer en 2015 et donc je mettrai dans les fichiers les scans pochette de cet exemplaire quasi neuf. La pochette d'origine sera en illustration sur le blog.  

L'Infanterie Sauvage est d'abord le fruit de la rencontre au collège de Mennecy dans l'Essonne de Géno (chant), Arno (basse) et Félus (batterie) vers 1978. Puis, au lycée à Corbeil-Essonne ils décident de monter un groupe. Après un premier essai avec un gars qui sait jouer de la guitare (Philippe), ils recrutent finalement Mourad dont le jeu de gratte correspond parfaitement à l'esprit punk qu'ils recherchent. Le groupe est formé en janvier 1982 et ils l'appellent d'abord The Wild X-mas Infantry puis écourtent le nom et le francise car Géno qui chante d'abord en anglais se met à écrire ses textes en français, ce sera donc L'Infanterie Sauvage, un groupe composé d'amis fidèles emmené par le déconneur Jean-Christophe Mâm dit Géno et suivi par des amis non moins fidèles. Le garage chez sa mère, lieu de rencontre et de répétitions, est souvent bondé. 

Au début des années 80 à Paris, les skins faf montent en puissance dans la rue mais aussi dans les gigs et les contacts physiques deviennent récurrents. L'Infanterie Sauvage ne fait pas exception et les neusks commencent donc à débouler à leurs concerts et à foutre la merde non seulement dans les salles à se fritter avec l'assistance mais aussi au sein du groupe : Géno, keupon maigrichon à lunettes, à moitié cambodgien par son père (qui est parti officiellement du foyer familial), un peu perdu dans son désoeuvrement (il ne va plus du tout en cours), semble fasciné par les têtes rasées depuis un petit moment et a adopté petit à petit leur look et finalement leurs idées nationalistes, histoire peut-être d'enterrer son côté asiatique dont il ne parle jamais. Le morceau J'irai revoir ma Normandie (qu'on ne trouve que dans leurs K7 démos) reste pourtant le seul texte à connotation patriotique qu'il ait écrit pour le groupe, sans que les autres membres n'y prêtent vraiment attention. C'est d'ailleurs tout le trip natio en général qui est un peu en roue libre à cette époque.  
Les saluts nazis qui sont brandis de plus en plus dans leurs concerts ont raison notamment de Mourad, l'Arménien, qui pose sa guitare de rage et arrête de jouer au milieu du concert de Juvisy-sur-Orge le 9 juin 1984, prêt à en découdre, et qui reproche à Géno de laisser faire "ses nouveaux amis": le groupe est ainsi brutalement terminé et les chemins vont se séparer irrémédiablement. Impensable pour le groupe de continuer sans son chanteur charismatique.

Je fais volontairement un raccourci car l'histoire de L'Infanterie Sauvage est parfaitement détaillée chez Euthanasie et dans les inserts des diverses productions qui sont sorties a posteriori, notamment celles officielles et récentes d'UVPR (2014) et de Dirty Punk (2018). Le concert de Juvisy est aussi sorti en vinyle chez Spirit of the Streets Records (2015).

L'histoire de Géno est en podcast sur Radio-France, réalisé par Philippe Roizès et je vous invite chaudement à écouter ce documentaire

A la même époque mais loin du tumulte puisque je ne vivais plus à Paris, j'ai entendu L'Infanterie Sauvage pour la première fois sur la radio libre RTF et son émission Orange mécanique que j'ai déjà toutes deux mentionnées ici plusieurs fois: il s'agissait de Je pense à la Russie : une claque terrible ! Et ce nom de groupe, pareil: grosse quecla ! Tout le 45t est joué dans l'émission et je l'enregistre sur une K7 avec mon poste Radiola. Je tombe raide dingue de musique Oi! ce jour-là puisqu'elle est décrite telle quelle. Et de la voix de Géno. Les titres s'enchainent, et ils sont tous plus bons et entêtants les uns que les autres avec des textes working class qui me plaisent bien. Chansons à boire entre à jamais dans mon panthéon musical. 
Le disque est enregistré au studio Bob Mathieu* qui enregistrera aussi le premier 45 d'R.A.S. (ce sont eux qui fileront le tuyau à L'Infanterie) et 1100 exemplaires sortent chez Fomb le label créé par R.A.S. dont c'est la troisième production. (Pas mal resteront dans une malle chez la mère de Géno qui les donnera aux membres du groupe après le décès accidentel de son fils en 1986.)

*ex-batteur des Lionceaux, ancien groupe de... Herbert Léonard!

l'originale martyrisée. Oï !




photos du groupe avec aussi Eric Liszt (Colditz, Les Garçons Bouchers), Eric Dagorn (Hanky Panky, Flitox), Michel "Ti'Mich" Carval (Collabos), Gaz (R.A.S., Kromozom 4, Les Gros Fombs), Nicolas (R.A.S.), Ricket (Colditz), les membres de "Békawesse" (BKS un "side-project" de Géno) et les amis du groupe (Tam, qui témoigne dans le documentaire par ex) et Bob Mathieu